Christophe Dugarry est un homme doublement heureux alors que
l’équipe de France entre dans une nouvelle ère. Non seulement parce
que c’est son grand ami, Zinedine Zidane, qui est désormais à la
tête des Bleus mais également parce que le chapitre Didier
Deschamps, qu’il déteste cordialement, est enfin clos.
Interrogé, vendredi, au micro d’Apolline Matin sur RMC, le
consultant a d’emblée évoqué « une petite révolution » au moment
d’analyser les premiers pas de son ancien coéquipier. Selon lui, la
volonté de Zidane de rompre avec les principes de son prédécesseur
saute aux yeux dès sa première sélection, portée par des «
convictions football très fortes » et une sensibilité marquée
par la culture espagnole qui promet de refaire « vibrer »
les supporters tricolores dans les années à venir.
Au-delà des aspects purement tactiques, Dugarry s’est réjoui du
bonheur évident qu’affiche le nouvel entraîneur des Bleus.
Observant un Zidane « tout le temps en train de sourire »,
l’ancien attaquant rappelle qu’il s’agit avant tout d’un «
choix de vie et de carrière ». Pour réaliser ce « rêve de
gosse », le champion du monde 1998 a su se montrer patient :
depuis son départ du Real Madrid en 2021, il a systématiquement
décliné « des dizaines et des dizaines de propositions »
de clubs afin de réserver sa priorité absolue à l’équipe
nationale.
« Des choix très forts »
Sur le terrain, la rupture avec l’ère précédente s’incarne déjà
à travers des « choix très forts », aussi bien dans la
gestion des hommes que dans l’animation du jeu. Tout en réclamant
un peu de patience avant de juger le « style Zidane »
définitif, Dugarry pointe des décisions stratégiques majeures : le
repositionnement de Kylian Mbappé sur l’aile gauche, mais aussi
l’installation de Rayan Cherki dans un milieu à trois pour
insuffler « plus de technicité » au cœur du jeu.
Cette métamorphose s’accompagne d’un « sacré turnover »
au sein du groupe. Fidèle à ses idées, Zidane n’a pas hésité à
écarter des cadres établis — à l’image des départs de Lucas
Hernandez ou Theo Hernandez et de Lucas Digne — pour donner leur
chance à de nombreux jeunes n’ayant encore jamais évolué en équipe
de France. Reconnaissant que le chantier des latéraux reste
prioritaire, Dugarry conclut en soulignant l’ampleur de la mission
qui attend le nouveau patron des Bleus : après avoir excellé comme
joueur et entraîneur, Zidane doit désormais prouver qu’il est un
grand sélectionneur face à un « challenge extrêmement difficile »
où il sera particulièrement attendu. « Avant de voir le
style Zidane, on va quand même lui laisser quelques semaines et
mois pour mettre les choses en place », a-t-il
prévenu.




