Le tennis traverse une période de fortes turbulences. Depuis plusieurs semaines, le mécontentement grandit autour du prize money proposé par Roland-Garros 2026, les joueurs estimant que la part des revenus qui leur est reversée reste largement insuffisante.
Après les déclarations marquantes d’Aryna Sabalenka et d’Elena Rybakina évoquant un possible boycott, plusieurs grandes figures du circuit ont pris position. Et cette fois, c’est Coco Gauff qui a frappé fort.
“Nous devons nous syndiquer”
Présente au WTA de Rome 2026 avant son entrée en lice, l’Américaine a clairement soutenu les propos de Sabalenka et est allée encore plus loin en évoquant l’idée d’un véritable syndicat de joueurs : « Je suis d’accord avec Aryna. Quand je regarde ce que la WNBA a réussi à faire, je pense qu’un syndicat aide énormément. Dans beaucoup de sports, pour obtenir de vrais progrès, il faut une structure collective. Oui, nous devons nous syndiquer d’une manière ou d’une autre. » explique-t-elle.
Un mot rarement prononcé aussi ouvertement dans le tennis moderne.
Un sport encore trop individualiste
Gauff estime que les simples prises de parole médiatiques ne suffisent plus : « On peut mettre la pression à travers la presse, mais malgré tout, le système continue de fonctionner normalement. « assure-t-elle. Pour la championne américaine, le véritable changement passera forcément par une action collective forte.
Interrogée sur la possibilité réelle d’un boycott des Grands Chelems, Gauff n’a pas fermé la porte : « Si tout le monde avançait dans la même direction, alors oui, je peux totalement l’imaginer. «
Elle insiste toutefois sur un point essentiel : personne ne veut agir seul : « Je n’aimerais pas être la seule à le faire. Nous devons décider ensemble, avancer comme un groupe. «
Une lutte qui dépasse les stars
Gauff a également voulu rappeler que ce combat ne concerne pas uniquement les joueurs les plus riches du circuit : « Les joueurs du Top 50 au Top 200 vivent parfois au jour le jour, alors que les Grands Chelems génèrent énormément d’argent. Dans d’autres grands sports, ce débat n’existe même pas. » déclare la jeune championne.
Une réalité souvent méconnue du grand public, malgré les millions affichés lors des grands tournois.
La jeune femme explique que sa vision du sujet a évolué avec le temps : « Quand j’étais plus jeune, je ne comprenais pas vraiment ces discussions. Mais quand on regarde les chiffres, quand on parle avec d’autres joueurs, on réalise à quel point c’est important. «
Elle cite également l’exemple d’autres disciplines sportives ayant obtenu des avancées majeures grâce à une meilleure organisation collective.
Faire du bien au sport qui lui a tout donné
Au-delà des enjeux financiers, Gauff voit ce combat comme une responsabilité générationnelle : « Je veux laisser ce sport dans un meilleur état que celui dans lequel je l’ai trouvé. Si je peux contribuer à cela avant de prendre ma retraite, alors j’en serai fière. «
Le plus frappant dans cette crise reste peut-être l’unité grandissante des grandes stars du circuit. Selon Gauff, voir autant de membres du Top 10 alignés sur un même sujet est presque inédit dans l’histoire récente du tennis.
Et à mesure que les prises de parole se multiplient, une question devient de plus en plus sérieuse : le tennis est-il en train de se diriger vers sa première véritable révolution sociale ?




