Le match a quitté depuis longtemps les terrains. Pour autant,
les coups continuent de pleuvoir entre le Sénégal et le Maroc, dix
jours après l’annonce par le jury d’appel de la Confédération
africaine de football de la défaite sur tapis vert du Sénégal suite
aux incidents survenus lors de la finale de la Coupe d’Afrique des
Nations.
Vu du Maroc, si le Sénégal a perdu, les Lions de l’Atlas ont
obligatoirement gagné et donc décroché la deuxième CAN de leur
histoire. Un raccourci dénoncé par le camp sénégalais. Les avocats
de la Fédération sénégalaise ont tenu une conférence de presse ce
jeudi pour fustiger les méthodes des Marocains, évoquant « un
braquage administratif », « un attentat aux droits de la défense »
ou « une atteinte aux droits humains ».
Surtout, Pierre-Olivier Sur, ancien bâtonnier du barreau de
Paris et l’un des avocats de la FSF a clairement parlé d’une
possible corruption et menacé les Marocains d’une plainte devant le
pénal. « Ce que veulent nos adversaires, c’est une médaille
empoisonnée. Et on va chercher les causes et les raisons de ce
poison. Peut-être que c’est de la corruption, a-t-il ainsi lancé
dans des propos relayés par L’Equipe. En tout cas, quelque chose
nous semble pourri. Et chez nous, avocats, ça s’appelle évidemment
le pénal. Le pénal international. C’est la raison pour laquelle
nous mettons en place une équipe qui va mettre en œuvre les
investigations nécessaires qui nous permettraient un jour de vous
dire, et ce jour nous apparaît très proche : « une plainte est
déposée ». »
Le Trophée de la CAN mis sous séquestre ?
Mais les avocats marocains ne sont pas en reste. En témoigne
l’initiative de Mourad Elajouti, qui a annoncé, dans une série de
messages sur X, avoir mis en demeure le Stade de France en cas de
présentation du trophée de la CAN lors du match entre le Sénégal et
le Pérou prévu samedi.
« Nous avons adressé ce matin deux mises en demeure
formelles à la Société d’exploitation du Stade de France ainsi
qu’au groupe GL Events. En prêtant leur concours à une cérémonie
basée sur un titre révoqué, ces entités engagent leur
responsabilité directe », a-t-il écrit dans un premier
message, ajoutant : « La Fédération Sénégalaise de Football
avait annoncé pour le 28 mars au Stade de France, une cérémonie de
présentation du trophée de la CAN. Cette célébration repose sur un
titre dont la FSF a été officiellement déchue par les instances
sportives internationales. »
« Par une décision définitive rendue le 17 mars 2026, le
Jury d’Appel de la CAF a réattribué le titre au Maroc », a
renchéri Me Elajouti. « En l’absence de décision suspensive du
TAS, l’exhibition de ce trophée constitue une usurpation de titre
et un trouble manifestement illicite Art. 835 du CPC. Tout maintien
de l’événement donnera lieu à des poursuites pour dommages-intérêts
sur le fondement de l’Art. 1240 du Code Civil (responsabilité
civile délictuelle). Nous nous réservons le droit de solliciter en
référé d’heure à heure la mise sous séquestre judiciaire du trophée
(Art.1961 du Code Civil). En l’absence de titre conventionnel ou
légal de détention, l’objet du litige doit être placé sous la garde
d’un commissaire de justice. »
Ce que veulent nos adversaires, c’est une médaille
empoisonnée. Et on va chercher les causes et les raisons de ce
poison. Peut-être que c’est de la corruption. En tout cas, quelque
chose nous semble pourri. Et chez nous, avocats, ça s’appelle
évidemment le pénal. Le pénal international. C’est la raison pour
laquelle nous mettons en place une équipe qui va mettre en oeuvre
les investigations nécessaires qui nous permettraient un jour de
vous dire, et ce jour nous apparaît très proche : « une
plainte est déposée ».




