L’AS Monaco a vécu une fin de
mercato irrationnelle marquée par deux volte-face aux lourdes
conséquences…
Une fin de mercato aux allures de vaudeville absolu sur le
rocher. Alors que la fenêtre des transferts touchait à sa fin, l’AS
Monaco a été le théâtre d’un psychodrame hollywoodien en deux
actes, entre revirements stratégiques, coups de pression et
diplomatie brisée avec la Premier League. À l’arrivée, un constat
sidérant : alors qu’elle devait vendre au moins un cadre à forte
valeur marchande, l’ASM conserve l’ensemble de son effectif.
Le premier acte s’est joué au milieu de terrain. Éblouissant
depuis la reprise, Lamine Camara faisait l’objet de sollicitations
pressantes de Chelsea. Dans un premier temps intransigeante, la
direction monégasque a fini par céder aux assauts londoniens en
acceptant une offre colossale de 55 millions d’euros pour sa
pépite. Un feu vert conditionné à l’incertitude planant autour de
Folarin Balogun : l’attaquant américain, pourtant détenteur d’un
bon de sortie, voyait son départ vers Everton suspendu en raison de
réserves émises lors de sa visite médicale.
Mais le feuilleton a basculé dans le grotesque en toute fin de
soirée. Face à la pression de l’horloge et à la nécessité de
renforcer leur attaque, les dirigeants d’Everton ont rouvert en
urgence les négociations avec le club princier. Un accord renégocié
autour de 40 à 45 millions d’euros ayant été trouvé sur le fil pour
l’Américain, Monaco a immédiatement fait machine arrière pour
Camara. Volte-face brutale : l’ASM a purement et simplement annulé
la vente du Sénégalais aux Blues. Un revirement qui a provoqué la
fureur de Chelsea, la direction londonienne dénonçant une attitude
qualifiée d’« amatrice » et « non professionnelle ».
Et Folarin Balogun a dit non
C’était sans compter sur le climax final. Alors que Monaco
pensait avoir validé son plan en sacrifiant Folarin Balogun pour
préserver sa pépite du milieu, l’attaquant américain a lui-même
porté le coup de grâce. Refusant catégoriquement de rallier les
Toffees, l’ancien Rémois a quitté le centre d’entraînement
de Finch Farm sans parapher son contrat, réduisant à néant des
heures de tractations.
Monaco sort de ce marathon frustré mais au complet. Camara, un
temps promis aux sommets de la Premier League, va devoir digérer
cet ascenseur émotionnel pour se replonger dans la saison
monégasque. De son côté, Balogun réintègre un effectif où son
statut s’annonce particulièrement délicat à gérer. Si l’ASM
préserve ses atouts sportifs sur le terrain, elle laisse derrière
elle des relations très nettement refroidies avec l’état-major de
Chelsea et d’Everton. Un sprint final étourdissant à même d’entrer
dans les annales du mercato.




