Kane en pointe, Doué et Foden sur les ailes, Vitinha à la baguette : voici le onze de Sport News Africa après les soirées de Ligue des champions des 20 et 21 octobre. Un 4-3-3 choisi pour ce que les joueurs ont produit, avec trois remplaçants de luxe. Et cinq flops auxquels les noms prestigieux et les victoires collectives ne serviront pas d’excuse.
Un triplé mérite de peser lourd. Un sauvetage sur la ligne aussi. Pour composer notre équipe de la troisième journée, nous avons confronté l’efficacité, l’influence sur le résultat et la difficulté du match aux besoins d’un vrai onze. Quatre défenseurs, trois milieux et trois attaquants : les places ne s’additionnent pas à l’infini, même pour les vedettes.
Cette sélection est un jugement éditorial de SNA sur ces deux soirées. Elle n’est ni une équipe officielle de la compétition, ni un classement de réputation. Les joueurs sont placés dans des rôles qu’ils peuvent réellement occuper ; notre onze réunit des performances individuelles, pas onze partenaires qui auraient joué ensemble.
Le onze SNA, en 4-3-3
Josep Martínez — Sergiño Dest, Lutsharel Geertruida, Jacobo Ramón, Lucas Hernández — Vitinha, Declan Rice, Scott McTominay — Phil Foden, Harry Kane, Désiré Doué.
Gardien : Josep Martínez, le filet de sécurité de l’Inter
Inter–Shakhtar, 1-0. L’arrêt devant la tête de Valeriy Bondar, avant la pause, compte autant dans notre choix que sa résistance dans le final. Réduit à dix après l’expulsion de Bastoni, l’Inter a eu besoin d’un gardien qui gagne ses interventions décisives. Martínez l’a fait. Carlos Augusto a inscrit le but ; l’Espagnol a empêché que cette victoire lui échappe. Nous récompensons cette responsabilité, pas simplement une cage inviolée.
Latéral droit : Sergiño Dest, le sprint qui sauve des points
Porto–PSV, 0-1. Après une sortie manquée de Matej Kovář, Alberto Costa se dirige vers un ballon qu’il ne lui reste presque plus qu’à pousser au fond. Dest revient et intervient avant lui. Voilà une action de défenseur qui mérite sa place dans un onze de la semaine. Nous le retenons à droite pour cette capacité à réparer une situation compromise : à ce moment-là, son retour protège directement les trois points du PSV.
Défenseur central : Lutsharel Geertruida, un mur au bon endroit
Dans le même déplacement à Porto, Geertruida repousse sur sa ligne une tentative de Victor Froholdt, après un premier arrêt de Kovář. Le PSV a gagné avec un seul but d’avance : cette intervention n’est donc pas un détail ajouté à une victoire confortable. Notre charnière a besoin de ce sens de l’urgence et de la couverture. Nous le choisissons dans l’axe, à son poste, plutôt que de remplir la défense avec des buteurs reconvertis pour l’occasion.
Défenseur central : Jacobo Ramón, le défenseur qui termine le travail
Côme–Manchester United, 4-1. Nico Paz a illuminé la rencontre ; Ramón a lui aussi laissé une marque très concrète en inscrivant de la tête le quatrième but de Côme. Nous lui donnons la seconde place dans l’axe pour associer une présence de défenseur central à une menace sur coup de pied arrêté. Le but ne suffit pas à lui seul à raconter tout son match, mais il récompense une soirée où Côme a largement pris le dessus sur United.
Latéral gauche : Lucas Hernández, du répondant et un but
PSG–Barcelone, 4-2. Sa soirée n’a pas été sans accroc : Xavi Espart a notamment trouvé de l’espace dans son dos sur l’égalisation barcelonaise. Mais Hernández a ensuite marqué le but du 2-1, servi par Doué. Nous retenons cette réponse et son engagement dans un duel de très haut niveau. Un latéral de notre onze doit défendre et peser lorsque le match bascule ; le Parisien a apporté cette contribution au moment où Paris devait reprendre l’avantage.
Sentinelle : Vitinha, notre organisateur
Paris avait besoin de maîtrise autant que d’accélérations contre le Barça. Vitinha est notre choix devant la défense pour donner un centre de gravité à cette équipe, puis relier les lignes sans transformer chaque possession en course désordonnée. Son but lointain, celui du 3-2, ajoute une preuve décisive à son influence. Nous préférons ici un organisateur à un milieu supplémentaire attiré par la surface. C’est aussi ce qui permet à Rice et McTominay de se projeter.
Relayeur droit : Declan Rice, le refus de subir jusqu’au bout
Bayern–Arsenal, 2-2. À la 82e minute, Rice accélère, combine avec Viktor Gyökeres et termine l’action pour égaliser. Arsenal était mené à Munich ; il n’a pas seulement obtenu un point, il l’a arraché avec un milieu capable de porter l’attaque au moment où les jambes pèsent. Dans notre 4-3-3, Rice joue relayeur, avec la liberté d’avancer et la responsabilité de rééquilibrer. Son action décisive fait pencher notre choix.
Relayeur gauche : Scott McTominay, deux réponses dans un match piège
Naples–Bodø/Glimt, 4-3. McTominay a marqué deux fois, à la 41e puis à la 75e minute. À chaque fois, il a remis Naples devant au score. Dans une rencontre où l’équipe italienne n’a jamais vraiment éteint la menace adverse, ce poids dans la surface vaut cher. Nous le choisissons pour ses projections et son efficacité, avec un rôle de relayeur qui arrive dans les zones de finition. Deux buts utiles, plutôt que deux buts pour grossir un score déjà acquis.
Ailier droit : Phil Foden, le droit de rentrer pour finir
Manchester City–AEK Athènes, 5-1. Trois buts et une passe décisive : Foden a été impliqué dans quatre des cinq réalisations de City. Nous le retenons à droite, un poste qu’il connaît, avec la liberté de rentrer vers l’axe. Kane occupe la pointe et fixe la défense ; Foden peut alors chercher les espaces autour de lui. Ce rôle dans notre onze ne prétend pas reproduire à l’identique son placement contre l’AEK. Il récompense son efficacité sans sacrifier un véritable avant-centre.
Avant-centre : Harry Kane, la qualité du rendez-vous fait la différence
Un but et une passe décisive dans le 2-2 contre Arsenal : Kane a répondu à l’un des rendez-vous les plus exigeants de ces deux soirées. C’est ce poids de l’opposition, autant que sa contribution au score, qui emporte notre choix en pointe. Nous voulons un avant-centre capable de finir les actions et de servir ceux qui arrivent autour de lui. Le triplé de Foden reste récompensé à droite ; dans l’axe, le Bavarois donne à notre 4-3-3 sa référence offensive.

Ailier gauche : Désiré Doué, du talent qui change le score
Un but pour ouvrir la marque, une passe pour celui de Lucas Hernández : Doué a pesé directement sur le succès parisien contre Barcelone. Nous l’installons à gauche, un rôle compatible avec sa polyvalence sur les ailes, pour associer sa percussion aux déplacements de Foden à droite. Il ne s’agit pas de prétendre qu’il a occupé ce côté pendant toute la rencontre. Notre choix récompense sa capacité à provoquer une différence et à la convertir en but ou en dernière passe face à un adversaire de premier plan.
Trois remplaçants, trois choix qui feront discuter
Nico Paz, le sacrifice le plus douloureux
Deux buts et une passe décisive contre Manchester United : sa candidature au onze était immense. Nous le gardons comme premier créateur de rechange, capable de modifier notre animation. Le faire entrer d’emblée aurait imposé de sacrifier un relayeur ou l’équilibre autour de Vitinha. C’est un choix tactique discutable, assumé, et certainement pas une façon de minimiser sa démonstration avec Côme.
Rio Ngumoha, une entrée qui pourrait changer le match
Liverpool–Villarreal, 4-3. Menés 2-0, les Reds ont trouvé sur leur droite un joueur capable de changer le rythme. Ngumoha a servi Ronald Araújo pour le 2-2, puis Alexis Mac Allister pour le 3-2. Ses deux passes décisives lui assurent une place parmi nos quatorze. Nous privilégions néanmoins Kane en pointe et Foden à droite dans le onze de départ. Le jeune ailier est notre option pour élargir le jeu et provoquer une défense fatiguée.
Kylian Mbappé, décisif sans être prioritaire dans ce système
Le Real a battu Leipzig 4-1, avec un but et une passe décisive de Mbappé. Sa contribution est solide. Mais nous avons préféré Kane dans l’axe et l’association de Doué et Foden sur les ailes. Le Français reste notre autre arme offensive, capable d’attaquer la profondeur. Le voir sur le banc dit la concurrence de ces deux soirées ; son statut ne lui réserve pas automatiquement un fauteuil dans le onze.
Nos cinq flops : les excuses restent au vestiaire
Nous jugeons ici cinq prestations, avec leurs erreurs et leurs conséquences. Un but marqué ou une victoire finale n’efface pas tout. Le classement est celui de SNA, et nous en assumons la sévérité.
1. Berke Özer : le cadeau de trop
Lille–Galatasaray, 2-4. À 2-2, le tir de Lucas Torreira et l’intervention manquée d’Özer font basculer le match ; le but est enregistré contre son camp. Le gardien lillois offre ainsi aux visiteurs une avance qu’ils ne lâcheront plus. Dans une soirée européenne déjà fragile, Lille avait besoin d’une assurance, pas d’un nouveau problème. Notre premier flop revient à cette erreur qui pèse immédiatement sur le résultat. Le poste est cruel ; la faute l’est aussi pour ses partenaires.
2. Alessandro Bastoni : ses partenaires ont réparé sa soirée
Deux avertissements rapprochés, une expulsion à la 68e minute et l’Inter laissé à dix alors que le score est encore de 0-0. La suite heureuse ne blanchit pas Bastoni. Carlos Augusto et Josep Martínez ont permis de gagner contre le Shakhtar malgré cette complication. Un défenseur de ce niveau doit savoir mesurer ce qu’il peut encore se permettre après un premier carton. L’Inter a pris trois points ; lui a inutilement augmenté la difficulté du travail.
3. Vinícius Júnior : le prestige ne dribble personne
Le Real a gagné 4-1, mais Vinícius n’a ni marqué ni délivré de passe décisive. Ses occasions ont trouvé le gardien ; son influence est restée trop limitée avant sa sortie à la 70e minute. Puis Yan Diomandé est entré à sa place et a signé un but et une passe. La comparaison fait mal, et elle est sportive. Pour un attaquant censé faire basculer ce type de rencontre, cette prestation est nettement en dessous de l’exigence. Le score collectif ne lui sert pas d’alibi.
4. Carlos Baleba : le renfort qui a ouvert une autre brèche
Entré à la pause à Côme, Baleba devait aider United à reprendre pied. Sa perte de balle exploitée par Nico Paz sur le troisième but a produit l’effet inverse. Le milieu camerounais n’est pas responsable à lui seul du naufrage mancunien, déjà engagé avant son entrée. Mais sur cette action, l’équipe qui avait besoin de sécurité a reçu une nouvelle occasion de sombrer. Nous attendons d’un renfort qu’il change le match ; ici, le changement a surtout profité à l’adversaire.
5. Sergi Cardona : son but ne peut pas tout cacher
Il a inscrit le 2-0 de Villarreal à Anfield. Cela ne lui donne pas un laissez-passer pour la suite. Sur le centre de Ngumoha qui amène le 2-2, sa lecture défensive laisse Araújo conclure au second poteau ; puis le jeune ailier pèse encore dans le renversement du match. Nous le sanctionnons pour ce contraste entre une arrivée offensive réussie et une protection insuffisante de son côté. Marquer chez Liverpool est remarquable. Laisser revenir Liverpool de cette manière reste coûteux.
Notre parti pris : de l’influence, et des places qui se méritent
Le choix offensif le plus serré concerne Ngumoha, dont les deux passes décisives auraient justifié une place de titulaire. Nous retenons pourtant Kane dans l’axe, Foden à droite et Doué à gauche. Nico Paz reste l’autre grand regret, écarté du onze pour conserver trois milieux complémentaires. À l’inverse, Bastoni rappelle qu’un joueur d’une équipe gagnante peut figurer parmi nos flops. Ce onze et ces cinq contre-performances sont notre lecture de la semaine ; à chacun de contester les choix, actions à l’appui.













