Les retrouvailles entre Lens et la Ligue des champions ont versé dans l’irrationnel. Sur la pelouse du Slavia Prague, le Racing Club de Lens n’a pas seulement glané trois points précieux dans la course à la qualification: le club artois a signé un succès inoubliable, écrivant même l’une des pages les plus folles de son histoire européenne au terme d’un scénario renversant.
Pourtant, tout semblait promis à une soirée de regrets. Dominés dans l’intensité et bousculés par l’engagement des Tchèques, les Sang et Or venaient de voir leurs hôtes, pourtant en infériorité numérique , reprendre l’avantage dans les derniers instants du temps réglementaire (88e, 2-1).
Mais en l’espace de quelques minutes irréelles, les Lensois ont tout renversé. Refusant la fatalité, ils ont jeté leurs dernières forces dans la bataille pour inscrire deux buts coup sur coup et s’imposer 3-2. Le capitaine Florian Thauvin a d’abord égalisé en sautant plus haut que tout le monde sur un centre du jeune Mezian Mesloub (90e + 1, 2-2) et deux minutes plus tard, Ruben Aguilar a délivré les siens d’une frappe du droit croisée venue se nicher dans le petit filet opposé, offrant ainsi une victoire inespérée aux vice-champions de France (90e + 3, 3-2).
Lens, 28 ans après
Un tel renversement est rarissime : Lens est la première équipe à remporter un match de Ligue des champions (hors prolongation) en étant menée au début du temps additionnel depuis le mythique Borussia Dortmund – Malaga de 2013. À l’époque, Marco Reus et Felipe Santana avaient renversé les Espagnols dans un Signal Iduna Park en fusion. Il aura fallu attendre treize ans pour revoir un tel miracle.
Au-delà du scénario irrationnel, cette victoire met fin à une disette vieille de plus d’un quart de siècle. En s’imposant en République tchèque, le RC Lens a décroché son tout premier succès à l’extérieur dans la plus prestigieuse des compétitions européennes depuis novembre 1998. À l’époque, les Sang et Or l’avaient emporté 1-0 dans le temple de Wembley face à Arsenal grâce à une réalisation légendaire de Michaël Debève. Vingt-huit ans plus tard, la génération actuelle offre enfin une suite à cet exploit en terre anglaise.




