Samuel Eto’o n’aura pas tardé à contre-attaquer. Au cœur d’une nouvelle séquence médiatique particulièrement agitée, le président de la Fecafoot estime que les attaques dont il fait l’objet seraient directement liées à ses récentes prises de position sur la place de l’Afrique dans le football mondial.
Le dirigeant camerounais a publié un message sur sa page Facebook pour répondre à ses détracteurs. Une défense qui reprend une rhétorique déjà régulièrement employée par l’ancien attaquant : celle d’un football africain qui doit s’émanciper du regard et des intérêts européens.
« Il a suffi que je prenne la parole »
Eto’o établit ainsi un lien direct entre ses dernières déclarations et la multiplication des articles à son sujet.
« Il a suffi que je prenne la parole pour défendre nos intérêts, les intérêts de l’Afrique, pour qu’ils soient tous de sortie. »
Le Camerounais va plus loin, évoquant des attaques coordonnées :
« Comme par hasard, les mêmes attaques, les mêmes éléments de langage, relayés presque simultanément par des journalistes qui leur sont acquis. »
Avant de dénoncer ce qu’il considère comme une contradiction dans l’attitude de certains observateurs européens :
« Ceux qui passent leur temps à nous donner des leçons de démocratie semblent avoir beaucoup plus de mal à l’accepter lorsqu’un Africain s’exprime librement. »
Et de conclure : « Nous avons le droit de penser et de décider pour notre football. » mettant en avant la souveraineté africaine comme argument.
Une rhétorique régulière chez Eto’o
Cette ligne de défense n’est pas nouvelle.
Depuis son arrivée à la tête de la Fecafoot, et même avant, au cours de sa carrière de joueur, Eto’o oppose régulièrement aux critiques venues de l’extérieur la nécessité pour les Africains de défendre eux-mêmes leurs intérêts.
Un discours tout à fait légitime lorsque certaines analyses européennes du football africain sont condescendantes ou déconnectées des réalités locales. Ce qui arrive souvent. Et il est vrai que certains médias français et européens ont une ligne souvent très critique envers Eto’o.
Cette fois, cependant, le front de ces critiques dépasse la presse européenne.
Car les récentes positions d’Eto’o en faveur de Gianni Infantino et surtout du controversé projet FIFA Forward Enterprise suscitent également des réserves sur le continent africain.
Son soutien à Infantino ne passe pas partout en Afrique
Le président de la Fecafoot a récemment expliqué vouloir convaincre les 54 présidents de fédérations africaines de soutenir Gianni Infantino.
Dans le même temps, il s’était rangé derrière FIFA Forward Enterprise, un projet qui a achevé de décrédibiliser un Infantino dont la popularité avait déjà pris un sacré coup depuis juin dernier et son « prix de la paix » décerné à Donald Trump, puis pour son attitude complaisante pendant la Coupe du Monde.
Cette proximité intervient alors qu’une ancienne affaire financière concernant l’amical Russie-Cameroun d’octobre 2023 vient de refaire surface dans la presse britannique.
La Fecafoot a déjà défendu la régularité de sa gestion et expliqué que les décisions concernant ces fonds avaient été prises collectivement. D’anciens responsables affirment de leur côté avoir saisi la commission d’éthique de la FIFA depuis plus d’un an sans retour connu.
Rien ne permet, à ce stade, d’établir un lien entre cette absence de réponse et le soutien d’Eto’o à Infantino.
Mais réduire l’ensemble de la controverse à une offensive de la presse européenne paraît également difficile : les choix politiques d’Eto’o au sein du football mondial font aussi débat en Afrique.
Une nouvelle bataille médiatique s’ouvre donc pour le « 9 », qui semble plus que jamais déterminé à présenter son combat comme celui de la souveraineté du football africain.




