Près de dix mois après son ouverture, l’enquête de la NBA sur un possible contournement du salary cap par les Clippers est loin d’être terminée. Selon ESPN, le dossier pourrait même se prolonger jusqu’en 2027 si la ligue, la franchise et le syndicat des joueurs ne parviennent pas à s’entendre sur les conclusions de l’enquête.
Au cœur du dossier figure un contrat de sponsoring de 28 millions de dollars signé par Kawhi Leonard en 2022 avec la société bancaire Aspiration, aujourd’hui en faillite. Cette entreprise entretenait également un partenariat commercial de 300 millions de dollars sur 23 ans avec les Clippers.
La NBA cherche à déterminer si une partie de cet argent a en réalité servi à rémunérer indirectement Leonard afin de contourner les règles du plafond salarial.
Les Clippers prêts à « se battre jusqu’au bout »
Depuis le début de l’enquête, les Clippers nient catégoriquement toute irrégularité. Selon ESPN, la franchise est prête à porter l’affaire devant un arbitre indépendant si la NBA décide de la sanctionner sans disposer de preuves jugées irréfutables.
Le National Basketball Players Association (NBPA) adopte la même position. Son directeur exécutif, David Kelly, estime qu’aucun élément rendu public jusqu’à présent ne justifie une sanction. « D’après tout ce que j’ai vu, je ne pense pas qu’il y ait réellement matière à sanction », expliquait-il début juillet.
Un arbitrage pourrait repousser le verdict
Si la NBA, les Clippers et le syndicat ne trouvent pas d’accord, le dossier sera confié à un arbitre indépendant désigné conjointement par la ligue et le NBPA. Celui-ci pourrait exiger la transmission de documents, convoquer des témoins et organiser des auditions avant de rendre sa décision. Un appel resterait ensuite possible devant une commission composée de trois membres.
Autrement dit, le feuilleton pourrait encore durer plusieurs mois. Adam Silver avait pourtant indiqué, mi-juillet, espérer une conclusion avant le début de la saison.
« Cette enquête doit être terminée avant le début de la prochaine saison », déclarait le commissaire. « Elle dure plus longtemps que je ne l’aurais souhaité, c’est certain. »
Un échange avec Toronto toujours bloqué
Cette enquête empêche également, pour l’instant, la finalisation de l’échange conclu entre les Clippers et les Raptors. Le 30 juin, les deux franchises s’étaient entendues sur un transfert envoyant Kawhi Leonard à Toronto contre Brandon Ingram, Gradey Dick, deux choix du premier tour de Draft non protégés en 2031 et 2033, un échange de choix en 2027 et deux seconds tours.
Quelques jours plus tard, les deux équipes avaient annoncé que l’opération était suspendue à la demande de la NBA.
La ligue a informé Toronto que toute sanction individuelle visant Leonard, qu’il s’agisse d’une suspension ou, dans le scénario le plus extrême, d’une annulation de son contrat, serait alors assumée par les Raptors une fois le transfert validé.
Les deux franchises continuent d’affirmer vouloir conclure l’échange, mais un éventuel passage devant un arbitre pourrait encore retarder l’opération.
De lourdes sanctions théoriquement possibles
Si la NBA parvenait à démontrer un contournement du salary cap, la convention collective prévoit un arsenal de sanctions particulièrement sévères.
La ligue pourrait infliger une amende pouvant atteindre 7,5 millions de dollars, retirer des choix de Draft aux Clippers, suspendre des dirigeants pendant un an, voire annuler le contrat du joueur concerné dans les cas les plus graves.
Selon plusieurs sources citées par ESPN, Adam Silver entend toutefois attendre l’ensemble des éléments avant de trancher.
« Nous voulons respecter les droits de chacun, expliquait-il récemment. Mais nous devons aussi être capables de démontrer à nos équipes, à nos supporters et au public que cette enquête est complète et qu’elle permet d’établir au mieux ce qui s’est réellement passé. »
Autrement dit, la NBA privilégie la prudence. Quitte à repousser encore un peu plus le dénouement de l’un des dossiers les plus sensibles de ces dernières années.




