Cette année, HandNews fait le tour des 12 équipes de Ligue Butagaz Énergie avant le début de la saison. Entre ambition de titre, course à l’Europe et lutte pour le maintien, les objectifs diffèrent selon les clubs. Pour ce cinquième épisode, direction Besançon, où l’ESBF souhaite rapidement retrouver les places européennes après une saison qui n’a pas répondu aux attentes.
Club historique du handball féminin français, Besançon fait partie des équipes qui ont régulièrement animé le haut et le milieu de tableau de la Ligue Butagaz Énergie. Réputé pour la qualité de sa formation, le club a notamment vu passer dans ses rangs Chloé Valentini, Clarisse Mairot ou encore Lucie Granier, toutes passées par l’ESBF avant de poursuivre leur carrière au plus haut niveau.
Besançon espérait confirmer et retrouver une nouvelle fois les joutes européennes cette saison. Mais le dernier exercice n’a pas répondu aux attentes du club. Son parcours européen aura d’abord été court. Engagé au troisième tour de qualification de la Ligue européenne, l’ESBF s’est incliné à deux reprises face à Chambray (29-25 / 29-21), mettant rapidement fin à son aventure européenne. En championnat, les Bisontines n’ont finalement pas davantage réussi à atteindre leurs objectifs. Besançon a terminé à la huitième place, à deux rangs des places européennes, avec douze victoires pour quatorze défaites.
Un bilan presque équilibré, mais insuffisant pour permettre au club de retrouver le haut du tableau après sa cinquième place de la saison précédente. Le contraste entre les performances à domicile et à l’extérieur résume assez bien la saison bisontine. L’ESBF a remporté neuf de ses rencontres dans son Palais des Sports, confirmant sa solidité devant son public. En revanche, les Doubistes n’ont gagné que trois fois loin de leurs bases. Une faiblesse à l’extérieur qui a considérablement compliqué leur quête européenne.
À cette saison s’ajoute l’absence prolongée d’Alizée Frécon-Demouge. La demi-centre n’a disputé que douze rencontres avant de finalement décider de mettre un terme à sa carrière, notamment en raison de douleurs persistantes. Un départ forcément difficile à combler pour un club qui s’appuyait depuis de nombreuses années sur son expérience et sa capacité à porter le collectif.
Le mercato de l’ESBF
Arrivées : Juliette Faure (demi-centre, Brest), Julie Holm (arrière droite, Thüringer HC), Luara Bastos (ailière gauche, Criciuma), Ophélie Tonds (gardienne, Saint-Amand).
Départs : Céline Solstad (arrière droite), Iva Mladenovska (arrière droite), Zaliata Mlamali (ailière gauche), Alizée Frécon-Demouge (demi-centre, retraite), Tonje Lerstad (gardienne).
Le mercato de l’ESBF reste relativement équilibré et ne s’apparente pas à une grande revue d’effectif. Mais derrière ce faible mouvement se cache tout de même le départ d’Alizée Frécon-Demouge.
Formée à Besançon, la demi-centre n’aura connu qu’un seul club au cours de sa carrière. Après avoir passé 27 ans au sein de l’ESBF, elle a décidé, à 32 ans, de tourner la page du handball professionnel. Une rupture d’un tendon en mai 2025, puis d’autres douleurs, auront largement perturbé son exercice et finalement pesé dans sa décision de raccrocher.
Son départ laisse forcément un vide important à Besançon, tant son rôle dépassait le simple cadre sportif. Pour lui succéder, l’ESBF a choisi de faire revenir une joueuse formée au club.
Après trois saisons à Brest, Juliette Faure retrouve son club formateur. La demi-centre arrive avec une expérience enrichie, puisqu’elle a notamment participé à la Ligue des champions et remporté récemment le championnat de France avec le club breton. Son retour doit permettre à l’ESBF de compenser le départ d’Alizée Frécon-Demouge, tout en accompagnant la jeune Juliette Mairot dans la conduite du jeu bisontin. Un mélange d’expérience et de jeunesse qui pourrait rapidement devenir l’un des points forts du collectif.
Le club a également décidé de renforcer sa base arrière avec la danoise Julie Holm. Après avoir évolué à Thüringer, vainqueur de la Ligue européenne il y a deux ans et finaliste cette saison, l’arrière droite arrive en France avec un solide bagage du niveau européen.
Dans les buts, Ophélie Tonds arrive en provenance de Saint-Amand. La gardienne sort d’une saison réussie avec le club nordiste, qui a décroché une qualification européenne historique. Elle devrait former la paire avec Florence Bonnet, toujours en rééducation après sa blessure.
Zaliata Mlamali quitte Besançon après seulement une saison. Elle a choisi de poursuivre sa carrière en Espagne, où elle découvrira pour la première fois un championnat étranger. Pour la remplacer, Luara Bastos arrive de Criciuma. La jeune Brésilienne représente un pari pour le club, mais possède déjà une expérience intéressante avec les sélections nationales de jeunes, où ses performances avaient attiré l’attention.
Retrouver l’Europe à terme
Avec ce mercato relativement mesuré, Besançon semble surtout miser sur la continuité. Le club conserve une grande partie de son ossature et ne perd surtout pas ses principales armes offensives. Sabrina Zazai-Ozil, sur l’aile droite, sort d’une saison particulièrement prolifique avec 160 buts inscrits sur 250 tirs, tandis que la jeune Suédoise Charité Mumbongo a également pesé avec 84 réalisations en 129 tentatives. De quoi permettre à l’ESBF de conserver ses deux meilleures buteuses et donc une partie importante de ses garanties offensives.
Le club va continuer de s’appuyer sur un effectif largement composé de joueuses françaises, formées à l’ESBF ou passées par les meilleurs centres de formation de l’Hexagone. Seules trois joueuses étrangères composent actuellement le groupe.
La priorité sera d’abord de corriger ce qui a fait défaut la saison dernière : les performances à l’extérieur. Si Besançon a prouvé qu’il était particulièrement difficile à battre dans son Palais des Sports, le club devra désormais apprendre à prendre davantage de points loin de ses bases pour espérer se rapprocher du haut du classement.
L’ESBF n’a jamais réellement été concerné par la lutte pour le maintien ces dernières saisons. Son ambition est donc naturellement différente : retrouver progressivement les places européennes, avant pourquoi pas, de parvenir à franchir un nouveau cap sur la scène continentale.

La joueuse à suivre : Juliette Mairot
Dans la famille Mairot, on demande désormais Juliette. Formée à Besançon, la jeune demi-centre a signé son premier contrat professionnel avec son club formateur en 2023. Mais son début de carrière a rapidement été freiné par une blessure au genou qui l’a limitée à seulement sept rencontres lors de la saison 2024-2025.
La saison dernière, Juliette Mairot a enfin pu enchaîner et réaliser un exercice complet. Avec 55 buts inscrits sur 117 tirs, elle a montré qu’elle pouvait apporter sa vitesse dans les duels et sa capacité à tirer de loin.
Cette saison pleine lui a surtout permis de retrouver du rythme et de la continuité après plusieurs mois difficiles. Avec le retour de Juliette Faure, elle devrait bénéficier d’un cadre plus expérimenté à ses côtés, mais aussi être appelée à prendre encore davantage de responsabilités dans le jeu bisontin. À elle désormais de confirmer les promesses entrevues et de poursuivre sa progression au sein de son club formateur.




