La défaite de Carlos Alcaraz face à Zizou Bergs au troisième tour du Masters 1000 de Shanghai a laissé apparaître une facette inhabituelle de l’Espagnol. Incapable de trouver son meilleur tennis, le Murcien s’est agacé à plusieurs reprises contre les balles du tournoi, estimant que leur rebond variait au fil du match. Une frustration qui rappelle une anecdote savoureuse racontée par Toni Nadal au sujet de son neveu Rafael, avec une leçon toujours d’actualité sur les excuses dans le tennis.
Alcaraz perd patience avec les balles du tournoi
La journée a tourné au cauchemar pour Carlos Alcaraz. Après son titre à Pékin, le numéro un espagnol espérait poursuivre sur sa lancée à Shanghai, mais il a finalement été stoppé par Zizou Bergs. Au cours de cette rencontre, Alcaraz s’est montré particulièrement irrité par le comportement des balles, dont le rebond lui semblait changer constamment.
En conférence de presse, le Murcien a de nouveau exprimé son mécontentement. Il n’est pourtant pas le seul à avoir soulevé ce problème : Taylor Fritz avait lui aussi critiqué l’état des balles, un sujet qui revient régulièrement sur le circuit depuis la saison précédente. Bergs, de son côté, a tenu à relativiser les plaintes de son adversaire, en rappelant que les balles utilisées à Shanghai étaient les mêmes que lors du tournoi précédent.
Alcaraz avait ses raisons de s’interroger sur les conditions de jeu. Mais sa réaction a également rappelé une situation vécue autrefois par Rafael Nadal, lorsque son oncle et entraîneur Toni avait décidé de mettre fin à ses plaintes d’une manière pour le moins inattendue.
Toni Nadal avait remis Rafa à sa place avec humour
Lors d’une conférence, Toni Nadal avait raconté les difficultés rencontrées par son neveu à l’US Open. Selon lui, Rafael ne parvenait pas à imprimer suffisamment d’effet à la balle et répétait chaque jour que les conditions ne lui convenaient pas : « Il y a des années, nous étions à l’US Open avec Rafa et, cette année-là, il n’arrivait pas à donner d’effet aux balles. C’était une catastrophe. Chaque jour, en allant nous entraîner, il me disait : “Ces balles ne me conviennent pas, je n’arrive pas à leur donner d’effet.” Et le lendemain, c’était la même chose « , se souvenait-il.
Agacé par ces remarques répétées, Toni avait fini par lui répondre avec une ironie mordante : « J’en avais assez des excuses. Il avait gagné son premier match, puis le deuxième, puis le troisième… Alors je lui ai dit : “Écoute, ce que tu devrais faire, c’est perdre. Comme ça, une fois à Majorque, les balles prendront de l’effet !” Il m’a écouté, il a perdu « , racontait-il en plaisantant.
Mais l’histoire ne s’est pas arrêtée là. Rafael Nadal n’est pas rentré à Majorque : il a pris la direction de Pékin, tandis que son entraîneur est parti de son côté. Quelques jours plus tard, les deux hommes se sont retrouvés à Naples.
Et c’est là que Toni a découvert une situation particulièrement ironique.
Le même matériel, mais une tout autre histoire à Pékin
À Pékin, Rafael Nadal a remporté le tournoi en livrant de très bonnes performances. Or, les balles utilisées étaient exactement les mêmes que celles de l’US Open : » Quand je l’ai retrouvé, je lui ai demandé avec quelles balles il avait joué. Il m’a répondu, un peu gêné, qu’il s’agissait de Wilson. Je lui ai alors dit : “Quelle coïncidence ! À Pékin, elles prennent de l’effet, mais pas à New York ! « , racontait Toni Nadal.
Derrière cette anecdote se cache une idée simple : les conditions de jeu sont les mêmes pour les deux adversaires, même si certains types de balles ou de surfaces peuvent avantager le jeu de l’un plutôt que celui de l’autre. Le matériel peut influencer une rencontre, mais il ne suffit pas toujours à expliquer une contre-performance.
Le cas d’Alcaraz présente toutefois une particularité. Contrairement à Nadal, qui répétait ses plaintes au fil des entraînements, le Murcien avait indiqué à son équipe s’être senti à l’aise lors de ses premières séances et de son entrée en lice. C’est surtout pendant son match contre Bergs que son ressenti a changé.
Son entraîneur Samu López et le reste de son entourage ont tenté de l’aider à sortir de cette spirale négative, en l’encourageant à se concentrer sur son jeu plutôt que sur les éléments extérieurs. Sans succès cette fois.
La fatigue a également pu jouer un rôle : Alcaraz arrivait de Pékin avec très peu de temps pour récupérer et s’adapter aux conditions de Shanghai. Cette accumulation de facteurs peut contribuer à expliquer sa frustration, sans pour autant effacer la défaite.
L’épisode rappelle finalement une vérité bien connue dans le tennis : les conditions ne sont pas toujours idéales, et les champions eux-mêmes peuvent perdre leurs repères. La leçon de Toni Nadal reste pertinente : lorsque le matériel devient une obsession, le risque est de laisser les circonstances prendre le dessus sur le jeu.














