Le premier événement olympique organisé sur le continent africain a officiellement commencé samedi soir à Diamniadio, à une trentaine de kilomètres de Dakar. Jusqu’au 13 novembre, 2 655 athlètes de 14 à 17 ans, venus de 205 délégations, disputeront 153 épreuves à médailles dans 25 sports, entre Dakar, Diamniadio et Saly. Les compétitions avaient débuté dès vendredi avec le baseball5 et samedi matin avec le beach-volley, le tennis de table et l’aviron de mer.
Un spectacle construit autour de la culture sénégalaise
La cérémonie, intitulée « L’Envol de Sitoé », a raconté le continent à travers trois personnages : Alkebulan, la mère, pour l’Afrique d’hier ; Keb, son fils, pour le présent ; Sitoé, une jeune fille, pour l’Afrique à venir. L’influenceur Khaby Lame, ambassadeur des Jeux, a dévoilé une toile réalisée en direct par l’artiste sénégalais Boubou Design.
La lutte sénégalaise a occupé une place centrale. Une centaine de lutteurs ont exécuté le bakk, la danse rituelle d’avant-combat, avec parmi eux Modou Lô, Eumeu Sène, Sa Thiès et Franc. Le Simb, le « faux lion » du théâtre populaire, et plusieurs danses traditionnelles ont complété le tableau. Côté musique, Kiné Lam, Baaba Maal, Daara J Family, Dip Doundou Guiss et Souleymane Faye se sont succédé, et Kya Loum a interprété l’hymne national.
Selon le comité d’organisation, 1 115 personnes ont participé au spectacle, dont 628 danseurs recrutés dans les régions du pays, avec près de 1 500 costumes confectionnés au Sénégal.
La Grèce en ouverture, le Sénégal en clôture du défilé
Comme à chaque édition, la Grèce a ouvert le défilé des nations. L’équipe olympique des jeunes réfugiés, qui participe pour la première fois aux JOJ, a suivi. Ses six athlètes étaient emmenés par Lourance Numukiza, 16 ans, et Rachid Rochene, 17 ans.
Le Sénégal, pays hôte, a fermé la marche. Ses deux porte-drapeaux, Ndèye Khady Anna Diatta, lutteuse de plage, et Ibrahima Bèye, taekwondoïste, ont 17 ans. Lundi 26 octobre, lors de la remise du drapeau au Palais de la République, Diatta avait lu le message des athlètes au président Bassirou Diomaye Faye. La délégation sénégalaise compte 136 athlètes dans 23 disciplines.
Les discours : la jeunesse et l’hospitalité en fil conducteur
Mamadou Diagna Ndiaye, président du comité d’organisation, s’est adressé aux athlètes en français et en wolof, en citant le jom (la dignité), le kersa (le respect) et le ngor (le dépassement de soi). « Ici, votre adversaire n’est pas un ennemi. Il est celui qui vous aide à devenir meilleur », a-t-il déclaré.
Kirsty Coventry, présidente du Comité international olympique, a insisté sur la portée de la soirée pour le continent. « Je suis fière d’être une femme africaine. Et je suis tellement fière que notre continent accueille le Mouvement olympique pour la toute première fois », a dit l’ancienne nageuse zimbabwéenne, double championne olympique. Elle a salué les jeunes Sénégalais mobilisés dans l’organisation, « dans l’esprit de la teranga », le mot wolof pour l’hospitalité.
L’arrivée de la flamme
Allumée à Athènes le 10 septembre, la flamme a traversé les quatorze régions du Sénégal avant d’entrer dans le stade. Amadou Dia Bâ, seul médaillé olympique du pays (argent du 400 m haies à Séoul en 1988), a fait partie des derniers relayeurs, avec Saly Sarr, Yves Bourhis, l’escrimeur Abdourahmane Marième Sy et la judokate Aïcha Diop. L’identité de la personne qui a allumé la vasque n’avait pas été communiquée samedi soir.
D’après le CIO, la flamme doit rester allumée jusqu’au 13 novembre sur la Corniche Ouest, site des festivités et des épreuves de cyclisme.
Les premières médailles dès dimanche
Dix sports entrent en compétition dimanche 1er novembre, dont le judo, la natation, le rugby à sept et le futsal. Les premières médailles des Jeux seront remises à partir de 15 h GMT, au complexe Tour de l’Œuf, avec les finales du 200 m dos en natation, puis au Dakar Expo Center avec les podiums du judo.













