À neuf mois de la CAN 2027, Patrice Motsepe veut éteindre les inquiétudes autour de la préparation du tournoi en Afrique de l’Est. Mais en assurant qu’il n’existe absolument aucun scénario alternatif tout en qualifiant lui-même la situation d’« urgence majeure », le président de la CAF a livré un discours pour le moins paradoxal.
En visite cette semaine dans les trois pays qui doivent coorganiser la compétition (Tanzanie, Kenya et Ouganda) Motsepe a voulu afficher une confiance totale dans le projet « Pamoja ». Face aux informations faisant état de retards, notamment concernant certaines infrastructures, le dirigeant sud-africain a catégoriquement exclu l’hypothèse d’une relocalisation.
« Il n’y a pas de plan B, ni de plan C »
Sur ce point, le patron de la CAF ne laisse aucune place au doute.
« Il n’y a pas de plan B, il n’y a pas de plan C. Il n’y en aura jamais. »
« Nous allons travailler très dur en Tanzanie. Je transmettrai le même message au Kenya puis en Ouganda. Nous allons travailler ensemble et, dans les domaines où nous sommes en retard, nous allons corriger cela », a poursuivi Motsepe.
Une déclaration destinée à rassurer les trois organisateurs, alors que les interrogations autour de leur niveau de préparation persistent. Motsepe lui-même voit la gronde monter dans son comité exécutif.
Seulement, quelques instants plus tard, le président de la CAF a lui-même reconnu que la situation était loin d’être confortable.
À neuf mois de la CAN, Motsepe parle d’une « grande urgence »
« J’ai constaté des améliorations depuis ma dernière visite », a d’abord assuré le dirigeant. Avant de lâcher une phrase beaucoup moins rassurante :
« Le problème, c’est que nous sommes à neuf mois de la CAN, ce qui constitue une grande urgence. »
Motsepe reconnaît également que certains secteurs accusent toujours du retard. « Ce qui constitue aussi une urgence, ce sont les domaines spécifiques qui m’ont été signalés et pour lesquels on me dit : “Président, nous sommes en retard. Il y a encore des améliorations à apporter ici.” »
Voilà toute l’ambiguïté du discours actuel de la CAF : le retard est suffisamment sérieux pour parler d’urgence, mais pas suffisamment pour envisager publiquement une solution de secours.
Motsepe dénonce de la « désinformation »
Le président de la CAF estime néanmoins que les difficultés rencontrées sont parfois exagérées dans les médias.
« Beaucoup d’entre vous voient ces articles négatifs et je pense que certains relèvent de la désinformation », a-t-il regretté, estimant que les insuffisances étaient parfois « amplifiées », au point de créer selon lui « une perception erronée ».
Motsepe assure pourtant vouloir maintenir la pression médiatique sur son institution : « Critiquez-nous et faites-nous prendre conscience de nos échecs et de nos insuffisances. C’est très important. Nous en avons besoin. »
Mais il demande également que les progrès réalisés soient soulignés.
Janvier comme ultime examen
Même interrogé sur l’éventualité qu’un des trois pays prenne un retard impossible à combler, Motsepe n’a pas bougé : « Il n’y aura pas de plan B. »
La CAF continuera donc ses inspections dans les prochains mois. Son président doit revenir en Tanzanie, au Kenya et en Ouganda en janvier 2027 pour une évaluation finale.
La CAN doit débuter le 19 juin 2027, avec une finale programmée le 17 juillet. À neuf mois du coup d’envoi, la ligne officielle est donc singulière : la CAF reconnaît l’urgence, mais refuse même d’envisager publiquement l’échec.




