L’AS Saint-Etienne honore ce
lundi la disparition de son entraîneur de légende, Robert Herbin,
décédé en 2020. Jean-Michel Larqué a perdu un
mentor.
Bien avant les sacres de l’OM et du PSG en Ligue des champions,
en 1993 et 2025, à chaque fois à Munich, l’AS Saint-Etienne a
offert la toute première épopée du football français en coupe
d’Europe, en 1976, pour une défaite en finale contre le Bayern
(0-1). Le Stade de Reims avait échoué à deux reprises en finale de
la Coupe des clubs champions, mais c’était dans les années 50 et le
football était seulement raconté dans les journaux. Les années 70
marquent un tournant avec la diffusion des rencontres et les Verts
ont été portés par un engouement sans précédent dans tout
l’Hexagone.
Le jeune entraîneur Robert Herbin, promu sur le banc alors qu’il
était jusque-là défenseur central de l’équipe, s’est appuyé sur
certains de ses anciens coéquipiers, dont les milieux
Jacques Santini et Jean-Michel Larqué, et des jeunes formés au
club, repérés partout en France par le directeur sportif (Pierre
Garonnaire), comme Christian Lopez, Dominique Bathenay et Dominique
Rocheteau. L’ASSE a aussi construit cette superbe équipe avec deux
recrues de choix nommées Ivan Curkovic et Oswaldo Piazza.
Sous la houlette d’un entraîneur aux méthodes particulièrement
modernes, qui réclamait des courses à haute intensité, les
Stéphanois sortent le Glasgow Rangers, réalisent une remontada
contre le Dyanmo Kiev (défaite 2-0 en Crimée, victoire 3-0 après
prolongation à Geoffroy-Guichard) et éliminent le PSV en
demi-finales sur un unique coup franc de Larqué (1-0, 0-0). La
finale contre le Bayern de Franz Beckenbauer (0-1) donne la fameuse
histoire des « poteaux carrés », Santini et Bathenay touchant les
montants.
Larqué: « Un entraîneur avec des méthodes
nouvelles »
Jean-Michel Larqué avait annoncé la mort de Robert Herbin, le 27
avril 2020 à l’âge de 81 ans. « C’est un entraîneur qui avait
amené des méthodes nouvelles dans le travail la préparation des
équipes. J’ai passé des années avec Robert en tant que joueur puis
avec lui en tant qu’entraineur, je ne l’ai jamais entendu élever la
voix. C’était un homme compliqué, mais c’est ce qui faisait son
charme. On n’était pas en très bon termes quand j’ai quitté
Saint-Etienne, mais j’ai beaucoup apprécié l’homme. J’ai été peiné
de voir quelques articles parler de son addiction, de son caractère
compliqué. Il avait tellement de qualités à côté qu’on aurait mieux
fait d’en parler avant qu’il soit parti », avait lancé «
Captain Larqué » sur RMC.
Et de poursuivre son hommage au « Sphinx » (surnom donné par
Jacques Vendroux à l’époque): « Ses causeries étaient très
réduites. Il était avare de parole, mais il savait faire passer les
messages. On travaillait beaucoup à l’entraînement. Il était encore
joueur quand il est devenu entraîneur. Il n’y a pas eu d’année de
transition. Il nous faisait une grande confiance. Peut-être qu’il
était compliqué, mais il faisait énormément confiance à ses
joueurs. Je garde l’image de quelqu’un qui était secret. J’ai des
images fabuleuses qui sont de notre monde. Quand je débutais à
l’âge de 18 ans et demi, j’avais la place juste en face de celle de
Robby dans le vestiaire. A la fin des matchs, il enlevait ses
chaussures, mais avant de retirer ses chaussettes, il tirait sur
une gitane sans filtre. Mais c’était un athlète fabuleux. Nous, les
Verts de 76, on sait tous ce qu’on lui doit. » Le football
français saura s’en souvenir.




