Après avoir fait l’impasse sur l’été dernier, Rudy Gobert a tenu à retrouver l’Equipe de France cette année, même pour une simple fenêtre de qualifications. Une manière de montrer l’exemple, mais également de profiter d’une occasion encore rare : évoluer aux côtés de Victor Wembanyama.
Car l’association entre les deux intérieurs intrigue forcément. Et si les automatismes restent à construire, le quadruple meilleur défenseur de l’année en NBA est convaincu que le potentiel est immense.
Rudy, vous êtes un des deux vétérans de l’Equipe avec Evan Fournier. De votre point de vue, quelle est la meilleure méthode pour construire un collectif ?
Il faut une identité, décider dès maintenant quels vont être nos piliers, les choses sur lesquelles on veut s’appuyer quoiqu’il arrive pour être le meilleur possible et atteindre nos objectifs, qui sont de gagner une médaille d’or à la Coupe du Monde et une médaille d’or aux Jeux Olympiques.
Ensuite, il faut construire de bonnes habitudes et créer de l’alchimie, apprendre à jouer ensemble et s’appuyer sur nos valeurs, nos principes. Notre alchimie, notre détermination, notre concentration, notre résilience, et bien sûr, nos principes plus techniques. Ce qui fait qu’on peut être unique, c’est notre défense. On veut être la meilleure défense du monde, et si on est capable de l’être, on pourra atteindre nos objectifs.
Quelle est l’évolution du groupe sur cette fenêtre ?
C’est petit à petit, jour après jour. On a de nouvelles générations de joueurs qui arrivent. On en discutait justement avec les gars : on n’est plus que deux de l’équipe de 2019, Evan et moi ! C’est marrant de voir comment le temps passe. Il faut intégrer les nouveaux et leur transmettre ces valeurs primordiales en équipe de France. Et puis, il faut se faire plaisir. Bien sûr, il faut de la rigueur et du sérieux, mais il faut aussi apprécier jouer ensemble.
On a vu que Victor Wembanyama a beaucoup essayé de vous trouver en attaque face à la Serbie à Belgrade. Est-ce que votre entente progresse bien ?
On n’a fait qu’un match, donc c’est normal qu’on ait beaucoup de choses à améliorer, en attaque comme en défense, individuellement et collectivement. Mais l’idée d’associer deux des meilleurs défenseurs au monde, c’est quelque chose qui pourrait être unique. On doit encore trouver comment se rendre meilleur ; ça ne va pas se faire en une nuit mais les grandes choses ne se font pas en une nuit. (…)
Il y a un travail de fond et ça demande de l’adaptation à Victor. Parfois, ça peut être inconfortable parce qu’il n’a pas joué beaucoup avec un poste 5 à ses côtés. Il doit sortir un peu de sa zone de confort, mais la récompense peut être incroyable et on peut vraiment être unique. Victor doit apprendre les systèmes en 5 et en 4. On espère qu’on pourra bientôt jouer sans réfléchir, en ayant ces automatismes. Et quand Victor joue instinctivement, c’est là qu’il est à son meilleur. Il va attaquer le cercle, on va le trouver, il va nous trouver. Mais ça demande de construire. Tout le monde veut que ça marche tout de suite et que tout soit parfait, mais ça ne marche pas comme ça.
Propos recueillis à Orléans




