De retour sur des terres orléanaises qu’il connaît bien, « sa deuxième maison en France », Evan Fournier nous a raconté ce début de préparation avec l’Équipe de France, et ce revers sur le fil face à la Serbie que les Bleus vont retrouver demain à Orléans (18h).
Evan, quels sont les enseignements de la courte défaite face à la Serbie (90-87) pour cette reprise ? Où en êtes-vous collectivement ?
Ce genre de match arrive après seulement trois jours d’entraînement. Il y a encore beaucoup de choses à travailler, ce qui est tout à fait normal. Il y a une découverte des joueurs entre eux, des systèmes, d’un environnement [à Belgrade] qui est différent pour certains. C’est un match parce qu’il y a du public et un petit enjeu, mais pour nous, c’était surtout un autre entraînement. Ça montre que ce qu’on a travaillé jusqu’à maintenant n’est pas encore bien mis en place. Mais encore une fois, c’est normal à ce stade.
Après une absence de deux ans sous le maillot tricolore, et une grosse saison avec l’Olympiakos, quelles ont été vos sensations ?
26 minutes, ce n’est pas la fin du monde. Mais en fait, je me suis bloqué le dos très tôt dans le match, c’est ça qui me fait un peu chier ! Je suis là, il reste encore dix jours, je vais m’accrocher et ça ira.
Est-ce que vous avez hâte de retrouver le public français ?
Ça va être cool oui, mais j’avais surtout impatience de remettre le maillot. Ça faisait longtemps. D’ailleurs, je ne sais pas si j’ai pris un peu, mais je les trouve un peu serré [rires] ! C’était la même taille qu’aux Jeux, donc je ne sais pas… Je ne vais pas vous mentir, c’est une fenêtre, donc ce n’est pas ce qui est le plus fun, je pense qu’on préfère tous les compétitions. Faire une prépa pour une fenêtre, ce n’est pas ce qui est le plus excitant mais on est là pour faire le boulot. En arrivant à Belgrade, au match, quand j’ai entendu la Marseillaise, ça m’a fait quelque chose quand même, parce que ça m’a remémoré beaucoup de souvenirs. Ça faisait deux ans donc c’était sympa. C’est très bien de revenir dans les salles qu’on avait faites avant les JO. Il faut qu’on soit à la hauteur [pour demain].
«Je veux vraiment refaire un Euro… et je ne sais pas si j’en aurai l’occasion»
Comment abordez-vous votre rôle de leader, de vétéran du vestiaire avec une nouvelle génération qui arrive ?
Il n’y a rien qui change, je vais rester moi-même, je serai la personne que j’ai toujours été. C’est vrai que j’ai maintenant pas mal de vécu donc j’ai forcément plus d’inside à partager, parce qu’on a pas mal de joueurs qui n’ont qu’une compétition dans les jambes, voire aucune. Comme ce n’est qu’une fenêtre, on n’a pas non plus énormément de temps. Mais, en tant qu’ancien, on va faire ce que les anciens avaient fait avec nous quand on est arrivé, et faciliter la transition.
On les a vu s’affronter l’autre soir, et ce sera encore le cas demain à Orléans, qui vous impressionne le plus entre Nikola Jokic et Victor Wembanyama ?
Ce n’est pas sur ce match qu’on peut évaluer ce duel, mais Victor fait plus OVNI par rapport à ses qualités physiques. Il fait des choses sur un terrain que personne d’autre au monde ne peut faire. Il est encore très brut dans son jeu, il se découvre encore, il a une marge de progression qui est énorme. Il est loin d’être encore le produit fini qu’est Jokic pour le coup. Jokic est beaucoup plus mature et abouti dans son jeu. ils ont deux profils différents. Jokic a beaucoup plus d’expérience du jeu FIBA, ce qui est normal. Victor n’a fait qu’une compétition. Savoir qu’il va encore progresser, c’est très bon signe pour les Bleus.
Vous avez évoqué avoir pensé à la retraite internationale l’été passé, comment s’est développée cette réflexion sur votre avenir en Bleu ?
C’est une réflexion qui se poursuit aujourd’hui. C’était dur l’été dernier parce que c’était un Euro et le prochain sera dans trois ans. Je voulais vraiment refaire un Euro [avant la retraite], et je ne sais pas si j’en aurai l’occasion, ce n’est pas sûr. J’avais ce sentiment de laisser tomber l’Euro et ma chance de remporter une médaille d’or à l’Euro. Quand on débute en équipe jeunes, on démarre par des Euros. A l’époque, il n’y avait pas de Championnat du monde. C’est une plus grande chance de médaille que sur une Coupe du Monde ou des JO. [L’été dernier], je me disais que je n’avais pas de compétition d’ici deux ans, qu’est-ce que je fais ? C’était ma réflexion, mais maintenant, je suis là, et je suis content d’être là.
Propos recueillis à Orléans




