Antoine Griezmann, Paul Pogba et Kylian Mbappé à la Coupe du
monde 2018 (ainsi que Mario Mandzukic contre son camp), Sylvain
Wiltord et David Trezeguet à l’Euro 2000, Zinédine Zidane et
Emmanuel Petit au Mondial 1998 et, enfin, Michel Platini et Bruno
Bellone au Championnat d’Europe des nations 1984. Les buteurs de
l’équipe de France lors des finales gagnées restent à jamais dans
l’histoire du football, même si le deuxième but inscrit par Bellone
lors de la finale de l’Euro 84 contre l’Espagne (2-0), au Parc des
Princes, après le coup franc de Michel Platini relâché par Luis
Arconada, passe souvent au deuxième plan.
Bruno Bellone a été un prodige du championnat de France en son
temps. Le natif de Toulon, qui fête ses 64 ans ce samedi, est un
symbole de la formation de l’AS Monaco en étant lancé à l’âge de 18
ans par Gérard Banide. L’ailier gauche a mis au supplice la plupart
des latéraux droits adverses, il était un « surdoué », un
« joueur très rapide, doté d’une accélération tonitruante
», comme le décrit le site football-the-story. Didier
Roustan, dans un reportage pour Téléfoot, lui a octroyé le
surnom de Lucky Luke: « parce qu’il armait très vite pour
frapper, donc je disais qu’il frappait plus vite que son ombre
».
Bruno Bellone a ainsi fait ses débuts en équipe de France dès
l’âge de 19 ans, convoqué par Michel Hidalgo pour la Coupe du monde
1982 afin d’accompagner le « carré magique » Michel Platini, Jean
Tigana, Alain Giresse et Bernard Genghini, ce dernier étant ensuite
remplacé par Luis Fernandez à l’approche de l’Euro 84. Le
Monégasque a débuté le premier match du Championnat d’Europe des
nations, contre le Danemark, avant de rester sur le banc et d’être
relancé pour la finale face aux Espagnols.
Michel Platini envie Bruno Bellone
Alors que les Bleus se retrouvent à 10 à cinq minutes de la fin,
en raison de l’exclusion d’Yvon Le Roux (85e), Jean Tigana percute
plein axe pour lancer Bruno Bellone, qui a encore la vitesse pour
s’échapper et la lucidité pour piquer son ballon au-dessus du
gardien adverse (91e). « Tout le monde est heureux tout le
monde est content, c’est le but libérateur, le but qui te libère,
Bruno et fait un joli piqué devant Arconada, c’est un but sur une
belle passe, une belle percée de Jean Tigana », a ainsi
raconté Luis Fernandez dans notre podcast Golazo.
Michel Platini, pourtant meilleur buteur du tournoi, a confié à
Bellone que c’est le but qu’il aurait aimé inscrire. Et Maxime
Bossis, dans L’Equipe, a rendu un bel hommage à l’ailier
gauche en évoquant les autres grands joueurs de l’Euro 84 outre «
Platoche »: « Jean, qui possédait une capacité de récupération
au-dessus de la moyenne, et le jeune Bruno lors de la finale. Ce
but libérateur de Bruno. Je le vois partir, je ne sais pas ce qu’il
va faire et ce ballon piqué incroyable… »
Bruno Bellone vit aujourd’hui loin du monde du football.
Quelques années après sa retraite de joueur en 1990, à 28 ans en
raison d’une grave fracture à une cheville, l’international
tricolore aux 34 capes s’est retrouvé ruiné, victime d’une
escroquerie immobilière de la part d’un ami de son père. Jean
Tigana l’a aidé à recalculer sa dette auprès d’un banquier et
Bellone a organisé un jubilé lucratif en 1999. Comme il le raconte
au Monde, il a ensuite été animateur de loto durant six
ans avant de travailler au service des sports de la mairie du
Cannet (Alpes-Maritime), là où il a grandi.




