Bixente Lizarazu a réagi aux
récents propos de Robert Pirès, qui considère que le Ballon d’Or
est « un vrai poison dans le football ».
« Je l’ai toujours dit: pour moi, le Ballon d’Or, c’est
un vrai poison dans le football. » Invité il y a quelques
jours dans l’émission C à Vous, Robert Pirès a confié
qu’il n’était pas fan du prestigieux trophée, remporté par Harry
Kane lundi soir à Londres: « Quand ils entrent en campagne
comme ça, les joueurs ne vont penser qu’à eux parce qu’ils ont
besoin de marquer des buts ou faire des passes décisives. Ils ont
un besoin de stats personnelles. Arrivé à un moment dans l’année,
le joueur ne va penser qu’au Ballon d’Or. Donc ça peut créer des
petites tensions. »
Un avis partagé par son ancien coéquipier en équipe de France,
Bixente Lizarazu. Pour le champion du monde 1998, ce prix prend
beaucoup trop de place dans la tête des candidats. « Oui
c’est assez dangereux, confirme-t-il sur France Info.
Alors on vit une époque où les joueurs sont jugés sur des
statistiques sur le nombre de récupérations de ballons qu’ils font,
le nombre de buts… » Pour autant, l’ancien latéral gauche
des Bleus retient d’autres images de cette 70e édition,
qui n’a pas seulement mis à l’honneur le meilleur joueur du
monde.
« Ce que j’ai vu, c’est Luis de la Fuente récompensé.
C’est le sélectionneur de l’Espagne, champion du monde, à la tête
d’une équipe éminemment collective. Le Paris Saint-Germain a été
récompensé comme étant la meilleure équipe de club, une équipe
éminemment collective. Il y avait (Ousmane) Dembélé ou
(Khvicha) Kvaratskhelia qui auraient pu revendiquer quelque chose
sur ce Ballon d’Or », note le consultant, qui voit dans
toutes ces différentes distinctions un changement de mentalité
important de la part des observateurs et votants.
Bixente Lizarazu: « J’aime ce Ballon d’Or »
« Dans tous les prix remis, pas que celui du meilleur
joueur, il y a un retour au collectif, alors qu’on est dans une
période extrêmement individualiste, constate-t-il.
Peut-être que ce terme de poison utilisé par Robert (Pirès) est
intéressant mais c’est à nous de valoriser le collectif. Et
heureusement qu’il y a des entraîneurs qui le font très
bien. » Et de ce point de vue-là, Harry Kane fait
d’ailleurs un beau vainqueur à ses yeux: « J’aime ce
Ballon d’Or. »
« Ce n’est pas qu’un buteur, il est très important d’un
point de vue collectif. Il est très important aussi pour faire le
jeu, analyse « Liza ». Il représente une forme
d’altruisme et d’esprit collectif. Et au fond, pour moi, c’est
quand même une satisfaction que ce Ballon d’Or soit un Ballon d’Or
très collectif parce qu’on a un joueur qui est éminemment collectif
dans un football qui devient de plus en plus individualiste, je
trouve que c’est un bon message. »














