Andy Murray reconnaît que son sacre à Wimbledon en 2013 lui a davantage procuré un sentiment de soulagement que de joie. Il avait tellement idéalisé ce moment qu’il était encore incapable, une demi-heure après la fin de la finale, de réaliser ce qui venait de se passer.
Après avoir perdu trois demi-finales consécutives aux Championships, entre 2009 et 2011, puis s’être incliné en finale face à Roger Federer en 2012, au terme d’un match qui l’avait fait fondre en larmes, l’ancien tennisman britannique retrouvait la finale en 2013.
Cette fois, Murray a répondu présent. Il a livré une prestation exceptionnelle pour s’imposer 6-4, 7-5, 6-4 face à Novak Djokovic. Du début à la fin, le héros local a semblé totalement concentré et est devenu le premier Britannique depuis Fred Perry, 77 ans plus tôt, à remporter le simple messieurs à Wimbledon.
Dès ses débuts sur le circuit, Murray était considéré comme l’un des joueurs les plus talentueux et les plus prometteurs de sa génération. Il subissait donc, depuis le premier jour, une forte pression et de grandes attentes : il devait mettre fin à la longue disette du tennis masculin britannique à Wimbledon. En battant Djokovic en finale, il a enfin réalisé son rêve et est devenu le premier Britannique depuis 1936 à soulever le trophée du simple messieurs.
Murray : « J’étais épuisé par tout cela… Trente minutes après la finale, je ne me souvenais de rien »
Invité du podcast d’Andy Roddick, le Britannique de 39 ans — qui a pris sa retraite du tennis professionnel en 2024 — est revenu avec une grande franchise sur son premier triomphe à Wimbledon et sur les raisons pour lesquelles il n’en a pas vraiment profité sur le moment.
« À Wimbledon, en 2013, j’ai surtout ressenti du soulagement. J’ai déjà expliqué que je n’avais pas vraiment apprécié ce moment, pour être honnête. J’étais absolument épuisé après le match », a reconnu Murray dans le Served Podcast.
« Habituellement, après un grand match, on ressent toute l’adrénaline et on est porté par l’excitation. Mais je me souviens que, 30 minutes après la fin de la rencontre, je ne me rappelais plus de rien de ce qui venait de se passer.
« En général, les joueurs de tennis se souviennent de chaque point. Moi, j’étais simplement épuisé par tout cela. Et, oui, j’étais probablement même un peu déçu. Pas du résultat, non. C’était plutôt parce que j’avais tellement idéalisé ce moment dans ma tête. Pour moi, c’était la fin.
« Je me disais : si tu gagnes, tu auras terminé le tennis, tout sera fini. Mais ce n’était pas du tout comme je l’avais imaginé : la vie continue. Il faut toujours aller s’entraîner le lendemain, se préparer pour les tournois suivants et ainsi de suite. »
Murray s’était promis de davantage célébrer son deuxième titre à Wimbledon
Avec le recul, Murray a compris qu’il n’avait pas suffisamment savouré son premier sacre aux Championships. Il s’est alors promis que, s’il remportait de nouveau le tournoi, il prendrait le temps de le célébrer comme il se doit.
« Une fois que j’ai eu le temps de réfléchir à tout cela, je me suis promis — ainsi qu’à mon équipe et à ma famille — que si je me retrouvais à nouveau dans cette situation, nous gérerions les choses complètement différemment. Et si je gagnais encore Wimbledon, je profiterais pleinement de ce moment », a ajouté l’ancien numéro 1 mondial.
« Nous passerions du temps ensemble, nous sortirions faire la fête. Ce n’est pas si important que cela. En 2016, j’en ai donc profité à fond. Pour moi, c’est la victoire que j’ai le plus appréciée au cours de ma carrière. »
En 2016, Murray a atteint une nouvelle fois la finale de Wimbledon et s’est imposé face à Milos Raonic.
Pour le vainqueur de l’US Open 2012, ce titre a été le troisième et dernier sacre en Grand Chelem.




