Nous fêterons cette année, le 12 juillet prochain, les 28 ans du
premier sacre de l’équipe de France en Coupe du monde. Et
Aimé Jacquet n’a toujours pas pardonné à
L’Équipe sa campagne de dénigrement de l’époque.
Durant les mois qui avaient précédé le Mondial 98 organisé en
France, le technicien originaire de Sail-sous-Couzan avait été
vivement critiqué par le quotidien sportif.
Vincent Duluc, grand reporter pour ce journal,
s’en souvient très bien.
« Il nous en voulait de ne pas avoir cru en lui, c’est
un peu ça. Après, avec le recul, cela parait vraiment la
préhistoire du débat dans le foot… Didier Deschamps était champion
du monde avec l’équipe de France en 2018, et il y a eu un débat sur
l’esthétisme du jeu », a comparé le journaliste sportif
dans l’émission « C à vous », sur France 5.
Zidane lit L’Équipe, Aimé Jacquet fait couper
Vincent Duluc est conscient que son employeur en a profité pour
faire de grosses ventes : « En 98, c’était quelque chose
qui était un peu moins possible, mais paradoxalement, cette
période, qui a fait de L’Equipe un acteur et qui a quand même créé
des tensions cet été-là, on n’a jamais vendu autant de journaux
dans les quatre à cinq années qui ont suivi… ».
Aimé Jacquet avait même fait couper une scène du documentaire
« Les Yeux dans les Bleus », où Zinédine Zidane était en
train de lire L’Équipe. « Il avait le droit de prendre
toutes les revanches qu’il voulait, admet Duluc. C’était
lui qui était en première ligne. Moi, c’était plus l’amnésie de
certains confrères qui m’avait gêné, que la revanche d’Aimé
Jacquet… Certains journaux avaient écrit pire que nous, et l’ont
oublié dès le 13 juillet… Le bouc-émissaire était
L’Équipe. »




