Six matchs, six victoires. En écrasant Sacramento (136-105), Memphis a égalé le meilleur départ de son histoire, établi en 2014/15. Certes, le calendrier a été clément, avec notamment deux matchs face à des Kings toujours fanny (0-6) et deux autres face à un Jazz (1-5) en grande difficulté, mais les Grizzlies sont désormais les seuls invaincus de la ligue. Au point que le FedExForum pouvait scander « 6-0 » dans les dernières minutes.
Tuomas Iisalo a apprécié l’enthousiasme de la salle, mais l’entraîneur finlandais s’est aussitôt chargé de ramener tout le monde sur terre.
« Je crois que nous sommes la dernière équipe invaincue de toute la NBA. C’est une raison d’être fiers et cela récompense le travail accompli », reconnaît-il. « Mais nous ne devons pas oublier ce qui nous a permis d’en arriver là. Dès que l’on commence à profiter de l’instant et à se relâcher, on ouvre une porte à nos adversaires. »
81 points inscrits par les remplaçants
Malgré les absences de Ty Jerome, Scotty Pippen Jr. et Quinten Post, trois membres de leur rotation, les Grizzlies n’ont montré aucune baisse de régime.
Pendant que Cameron Boozer confirmait son excellent début de saison (27 points, 9 rebonds), leur banc inscrivait 81 points, porté par Isaiah Stewart (24 points), GG Jackson (21 points) et Jerami Grant (14 points). Titularisé à la mène, Cam Spencer a de son côté distribué 13 passes sans perdre le moindre ballon.
« Cela témoigne de la qualité de nos joueurs et de leur volonté de jouer ensemble », souligne Tuomas Iisalo. « Je n’ai jamais l’impression que quelqu’un se préoccupe de ses stats ou de savoir qui marque. Tout le monde souhaite ce qu’il y a de mieux pour l’équipe. C’est la raison pour laquelle nous obtenons ces résultats. »
Cette profondeur permet à Memphis de surmonter les imprévus. Javon Small, presque inutilisé au cours des cinq premières rencontres, a ainsi apporté sept points et cinq passes en sortie de banc. Kris Murray a terminé à +26 avec seulement deux points inscrits, grâce notamment à son activité défensive.
« Tout le monde doit être prêt lorsque son numéro est appelé », poursuit le technicien du Tennessee. « Kris Murray trouve des moyens de peser sur le match sans rentrer ses tirs. C’est une manière très solide d’avoir un impact. Nous lui avons même demandé d’utiliser en deuxième mi-temps une couverture défensive sur pick-and-roll que nous n’avions jamais travaillée. Il a été capable de l’assimiler immédiatement. »
« Le leadership, ce ne sont pas des paroles »
La démonstration est d’autant plus significative que les Grizzlies revenaient d’un déplacement de quatre matchs. Fatigués par ce « road trip » et incertains jusqu’au dernier moment sur les joueurs disponibles, ils ont tout de même inscrit 42 points dans le troisième quart-temps pour faire exploser les Kings.
Une réponse qui tranche avec les difficultés rencontrées la saison dernière. Memphis avait alors terminé avec seulement 25 victoires, une situation que les joueurs et le staff s’étaient promis de ne plus revivre.
« C’était douloureux pour toutes les personnes impliquées », confie Tuomas Iisalo. « À la fin de la saison, nous nous sommes engagés à ne plus jamais nous retrouver dans cette position. Cela a poussé les joueurs à énormément travailler pendant l’été. Ils sont arrivés au camp dans une excellente condition physique. »
Mais l’entraîneur se méfie des déclarations d’intention. « Il est facile de dire : ‘Je suis un compétiteur’ ou ‘Je ne veux plus revivre cela’. Le plus difficile, c’est de le montrer. La véritable forme de leadership ne réside pas dans les paroles, mais dans les actes. » Dont acte.














