Raymond Domenech se souvient
avoir « hurlé » contre Patrick Vieira lors de la finale de la Coupe
du monde 2006 entre la France et l’Italie.
Il y a des défaites qui font mal et laissent une cicatrice à
jamais. Celle concédée par l’équipe de France contre l’Italie aux
tirs au but, en finale de la Coupe du monde 2006, en fait partie.
Surtout pour Raymond Domenech qui, vingt ans plus tard, n’a
semble-t-il toujours pas digéré le déroulé des évènements ce
soir-là du 9 juillet à Berlin.
Dans une interview accordée à l’INA (Institut national de
l’audiovisuel),
l’ancien sélectionneur des Bleus revient sur cette
rencontre et confie avoir senti dès l’avant-match que les
choses allaient mal se passer. « Autant avant les joueurs
étaient très concernés, autant j’ai senti que pour la finale ils
étaient très dispersés », explique-t-il.
Raymond Domenech l’avait senti…
« On est dans un hôtel gigantesque, à tous les étages
il y a du monde, il y a des touristes, des spectateurs,
raconte-t-il. Les joueurs ont passé leur temps à organiser
leurs vacances, à récupérer des billets pour les donner parce qu’il
y avait le cousin ou la cousine qui venaient et qu’il fallait les
voir le matin. »
Pour lui, « il y a eu une forme de dispersion
totale » au sein du groupe tricolore. Et Raymond Domenech
de cibler un joueur. « Je me souviens que j’ai vu Patrick
Vieira au petit-déjeuner, le premier à 8h30. Je lui ai dit: ‘Mais
qu’est-ce que tu fais là, toi ?’. Jamais de la vie il ne se
levait, il fallait aller le chercher dans sa chambre pour le faire
descendre au petit-déjeuner. »
« Mais là, il était prêt. Pourquoi ? Parce qu’il
fallait qu’il aille donner des billets à droite, à
gauche », se remémore l’ex-membre de la DTN, qui en a
aussi voulu à son milieu de terrain défensif pendant le match,
notamment sur le corner d’Andrea Pirlo repris de la tête par Marco
Materazzi, qui a permis aux Italiens d’égaliser.
« Je me souviens avoir hurlé contre Vieira »
« Je me souviens avoir hurlé contre Pat’, parce que
c’était lui qui prenait Materazzi. On avait souvent eu le débat
toute l’année sur le marquage en zone. C’est bien le marquage en
zone, mais quand il y a un mec qui fait deux mètres et qui arrive
lancé, le marquage en zone, on est morts », affirme
Raymond Domenech.
« J’ai hurlé: ‘Pat, Pat, serre-le, empêche-le ! Pour
moi, c’est la base du défenseur. J’ai hurlé, hurlé… »,
conclut-il. L’ancien capitaine d’Arsenal, sacré champion du monde
en 1998 et champion d’Europe en 2000 avec l’équipe de France,
appréciera sans doute d’entendre qu’il n’avait pas les bases du
métier.




