Parfois, le destin aime laisser quelques indices. Dix ans avant d’être sélectionné par les Spurs lors de la dernière Draft, Tarris Reed Jr. était déjà reparti avec… un ours en peluche aux couleurs de la franchise texane.
Selon le San Antonio Express-News, l’histoire remonte à un voyage familial à Orlando. Alors âgé de 12 ans, le futur coéquipier de Victor Wembanyama tente sa chance sur une machine à pinces remplie de peluches NBA.
Le hasard lui offre alors un nounours des Spurs. Un souvenir qu’il donne à son petit frère Trevor, lequel le conservera pendant près de dix ans sur la tête de son lit. Jusqu’à la soirée de la Draft.
Lorsque San Antonio échange un choix pour remonter en fin de premier tour et sélectionner Tarris Reed Jr. en 26e position, la peluche ressort du placard. Comme si l’histoire avait simplement attendu son heure. Mais au-delà de l’anecdote, les Spurs savaient surtout très bien pourquoi ils voulaient récupérer l’ancien intérieur de Connecticut.
Un spécialiste du sale boulot
Avec ses 2m11 pour 111 kg, Tarris Reed Jr. en impose dans la raquette. Pas par son explosivité ou ses actions spectaculaires, mais par son impact physique, ses écrans, son activité au rebond et sa capacité à protéger le cercle. Son basket se joue d’abord dans le contact. Lui résume son style en trois mots : « Moche, rugueux et physique. »
C’est précisément ce qui séduit les Spurs. « Il possède un gros gabarit, il sait parfaitement utiliser son corps, ses angles et ses appuis », apprécie Corliss Williamson, ancien déménageur des raquettes NBA et aujourd’hui chargé de diriger l’équipe de Summer League. « On ressent immédiatement la dimension physique qu’il apporte. »
À 22 ans, Tarris Reed Jr. arrive avec davantage d’expérience que beaucoup de joueurs de cette cuvée. Après deux saisons à Michigan, il a terminé son cursus universitaire à Connecticut, où il a tourné à 14.7 points et 9 rebonds de moyenne, en menant les Huskies jusqu’à la finale NCAA.
Son nom est également resté dans l’histoire de March Madness grâce à une performance exceptionnelle face à Furman : 31 points et 27 rebonds. Une ligne statistique rarissime, qui a fait de lui le premier joueur en 58 ans à compiler au moins 30 points et 25 rebonds dans un match du tournoi universitaire !
De la dureté autour de Victor Wembanyama
Les Spurs voient en lui un intérieur capable d’apporter ce qui manque parfois à leur jeune effectif : de la dureté, de la présence et du combat intérieur. Le GM Brian Wright estime que Reed, comme Jayden Quaintance, renforcera un secteur intérieur déjà emmené par Victor Wembanyama.
« Nous voulons jouer vite, mais pour courir, il faut d’abord défendre, protéger le cercle et contrôler le rebond. Ce sont des qualités qu’ils apportent. »
Auteur de 10 points et 7 rebonds pour ses débuts en Summer League, Tarris Reed Jr. ne se soucie guère des statistiques ou des actions spectaculaires. Ce qu’il revendique, ce sont les tâches ingrates.
« À Connecticut, c’est ce qui nous faisait gagner », explique-t-il. « Les écrans, les rebonds, l’impact physique, toutes ces choses qui ne rapportent pas forcément de reconnaissance… Si c’est ce qu’il faut faire pour gagner des matches, je signe tout de suite. »
Un état d’esprit très « Spurs », en somme, qui explique pourquoi la franchise n’a pas hésité à échanger un choix de Draft pour s’offrir ses services.




