A l’approche de la 3e journée de
la Coupe du monde 2026, plusieurs équipes qui s’affrontent auraient
intérêt à faire match nul pour assurer leur qualification pour les
16e de finale. Mais la réalité est un peu plus
complexe.
Dans la grande histoire de la Coupe du monde, c’est une
rencontre qui porte le nom de « match de la honte ». Au
Mondial 1982, lors de la dernière journée de la phase de poules,
l’Allemagne de l’Ouest et l’Autriche se sont quittés sur un 1-0 qui
arrangeait tout le monde car il qualifiait les deux équipes, au
grand dam de l’Algérie, qui avait joué la veille. Les dernières
minutes de la rencontre, parodie de football, pousseront la Fifa à
imposer que tous le matches de la dernière journée se jouent en
même temps, pour éviter de tels scénarios.
Première ironie de l’histoire, l’Autriche et l’Algérie
s’affrontent cette année lors de la 3e journée de la Coupe du monde
2026. Deuxième ironie, un match nul conviendrait à tout le monde.
L’Autriche serait assurée d’être qualifiée, tandis que l’Algérie,
avec 4 points, aurait de fortes chances de terminer parmi les
meilleurs troisièmes.
Dans le groupe B, il y a une situation comparable. Co-leaders
avec 4 points, la Suisse et le Canada seraient assurés d’être
qualifiés s’ils font match nul ce mercredi soir à Vancouver. Alors
tout le monde voit venir ce petit 0-0 qui ferait les affaires des
deux pays. Mais pas si vite !
Canada-Suisse, le résultat qui arrange tout le monde ?
D’une part, avec leurs situations comptables, la Suisse et le
Canada ont 99,9% de chances de se qualifier, dès à présent. Il
faudrait deux cartons, lors de ce match et lors de Qatar-Bosnie,
pour changer la donne. Et d’autre part, il y a aussi l’enjeu de la
première place, pas anecdotique.
Le Canada aimerait sans doute terminer en tête de son groupe,
pour jouer son seizième de finale à Vancouver (et son huitième de
finale aussi dans la foulée). Et la Suisse, de son côté, ne serait
pas contre terminer deuxième. Entre un match dimanche contre le
deuxième du groupe A (la Corée du Sud) ou un duel contre un
troisième de poule dans plus d’une semaine (le jeudi), Manuel
Akanji préfère la première option.
« Lorsqu’on a plusieurs jours de repos, cela veut
surtout dire que les entraînements sont plus intenses! Il arrive
que je me sente parfois un peu moins prêt le jour du match que
lorsque l’on est dans le rythme et qu’on enchaîne les matches en
récupérant à peine deux jours »,
a ainsi confié le défenseur de la « Nati », avant
toutefois de préciser que son équipe n’allait pas lâcher ce match
face au Canada. « Demain, je vais entrer sur le terrain
avec une seule idée en tête: gagner ce match! »
Dans la plupart des groupes, il y aura des calculs de ce type.
Dans celui des Bleus,
la France et la Norvège pourront choisir, d’une certaine
manière, la partie de tableau dans laquelle atterrir.
Et pour en revenir à l’Autriche-Algérie évoqué plus haut, il y a un
petit « twist ». Le deuxième du groupe irait droit vers
un 16e de finale contre l’Espagne (si la Roja termine en tête de sa
poule), alors que le troisième aurait de bonnes chances d’être plus
épargné (le Canada serait l’adversaire le plus probable). De là à
ce que l’Autriche fasse exprès de perdre…




