Ce soir-là, les visages sont marqués. Karl-Anthony Towns a même préféré garder ses lunettes de soleil pour s’adresser à la presse. La frustration est palpable chez les Knicks en ce jeudi 23 avril à Atlanta. Les New-Yorkais viennent de s’incliner après un tir de la gagne de CJ McCollum.
Menés 1-2 dans cette série de premier tour dont ils sont pourtant favoris, les joueurs de la Big Apple ne sont pas épargnés par les bavards des plateaux TV. Mike Brown, lui, garde son calme malgré cette pression extérieure.
« Je leur ai dit que si une série se jouait au meilleur des sept matchs, ce n’était pas pour rien. Des choses vont se passer. Il y a plein d’équipes qui se sont retrouvées menées 1-2. Je crois même qu’OKC était mené 1-2 l’an dernier. Je ne dis pas que nous allons gagner, mais il faut prendre les matchs les uns après les autres », lâche alors le coach dans une tirade aux accents quasi prophétiques au vu de la suite du parcours.
Et sans se tromper sur la route empruntée avant eux par le Thunder un an plus tôt, mené à deux reprises sur le même score face aux Nuggets au second tour, puis en Finales NBA face aux Pacers. Après tout, si le jeune champion en titre l’a fait, pourquoi pas les Knicks ?
Changer le cinq de départ ou pas ?
Seulement, des ajustements, sur le terrain et en coulisses, s’imposent pour passer ce premier obstacle des Hawks. Sentant la pression new-yorkaise grimper, Jalen Brunson décide par exemple de couper les réseaux sociaux après cette défaite. « Il m’arrivait de publier un ou deux trucs, comme une chaussure ou autre, mais je m’en débarrassais juste après », révèle aujourd’hui la superstar locale.
De son côté, Mike Brown est confronté à une autre problématique en amont de ce Game 4 déjà décisif en Géorgie : changer ou non son cinq de départ ? Alors que le nom de Miles McBride est soufflé pour prendre la place de Mikal Bridges, le technicien choisit de maintenir sa confiance envers son cadre. Les changements qui n’ont pas lieu sont parfois les meilleurs, la suite des événements le montrera.
En revanche, un ajustement va sauter aux yeux lors de la réaction du Game 4 : l’utilisation de Karl-Anthony Towns. Utilisé ce soir-là comme un « quarterback », pour reprendre son mot, l’intérieur des Knicks signe son premier triple-double en playoffs, avec son record de saison en passes distribuées (10).
Résultat : les Knicks, qui venaient de signer l’une de leurs performances les plus pauvres de cette campagne en « Offensive Rating », retrouvent de l’élan offensif. Un journaliste lui demande après la rencontre s’il s’agissait d’un plan de jeu nouveau ou de l’opportunisme. « Je ne sais pas. J’ai l’impression que des opportunités se sont présentées. Et mes coéquipiers ont fait le nécessaire aujourd’hui. Ils ont fait de superbes coupes », répond-il.
La clé « KAT »
Mike Brown confie de son côté que son staff et lui essayent de trouver différentes manières de le servir. « Et l’un des moyens évidents est de passer par la tête de raquette », remarque le coach, en ajoutant : « On a joué quelques isolations au poste bas, et on essaie donc de le faire bouger, qu’il soit en haut du terrain, […] pour qu’il puisse toucher un peu plus le ballon tout au long de la soirée. »
Ce rééquilibrage n’empêchera pas Jalen Brunson d’être le premier porteur de balle dans ces playoffs, et de loin, ainsi que le premier scoreur et le plus gourmand. Mais il allait participer à l’éclosion d’OG Anunoby, lieutenant offensif du meneur de jeu durant cette campagne, tandis que Karl-Anthony Towns allait s’épanouir dans un rôle de créateur, en doublant quasiment son quota de passes par rapport à la saison régulière.
Cette relation entre l’intérieur et son coach sera peut-être l’une des clés de la réussite des Knicks. « Je suis arrivé avec un super plan. Parfois, le plan ne fonctionne pas. Qui s’ajuste, lui ou moi ? Moi. C’est moi qui m’ajuste. L’ajustement ne suffit pas. De temps en temps, on n’est pas sur la même longueur d’onde. On en parle. Je m’ajuste à nouveau. C’est un peu mieux. Il se sent bien. On en parle. Et parfois on fait deux pas en arrière parce qu’il n’aime pas ce que j’ai fait, ce qui est tout à fait normal », décrivait-il en Finals.
Plus d’ajustements pour un grand joueur
Pour Mike Brown, l’entraîneur doit adapter le système mis en place, des deux côtés du terrain, à l’ensemble des joueurs. Pas l’inverse. « Et si vous êtes un grand joueur, je dois faire un peu plus d’ajustements ou je dois donner un peu plus de ma personne que vous », formulait-il en précisant que les autres titulaires avaient adhéré au plan.
Le coach disait également que sa porte était « toujours ouverte » aux idées de chacun, coachs comme joueurs. Visiblement, « KAT » ne s’est pas privé après ce fameux revers face aux Hawks.
« Vous êtes menés 2-1, ce n’est évidemment pas la fin du monde mais vous comprenez l’importance du prochain match … Vous y allez et vous dites ce que vous ressentez, vos sentiments, votre idée, et vous voyez si c’est bien accueilli. Et cela a été bien accueilli », décrivait-il.
Une fois ce revers consommé à Atlanta, les Knicks allaient signer cette impressionnante série de 13 victoires de rang pour les porter jusqu’aux Finales NBA. Les Spurs parviendront à les faire chuter une fois, mais le pli était déjà pris : à partir de ce Game 4, New York avait trouvé la bonne formule. Et Karl-Anthony Towns sa place.
| Karl-Anthony Towns | Pourcentage | Rebonds | |||||||||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Saison | Equipe | MJ | Min | Tirs | 3pts | LF | Off | Def | Tot | Pd | Fte | Int | Bp | Ct | Pts |
| 2015-16 | MIN | 82 | 32:01 | 54.2 | 34.1 | 81.1 | 2.8 | 7.7 | 10.5 | 2.0 | 3.0 | 0.7 | 2.2 | 1.7 | 18.3 |
| 2016-17 | MIN | 82 | 38:25 | 54.2 | 36.7 | 83.2 | 3.6 | 8.7 | 12.3 | 2.7 | 2.9 | 0.7 | 2.6 | 1.3 | 25.1 |
| 2017-18 | MIN | 82 | 35:35 | 54.5 | 42.1 | 85.8 | 2.9 | 9.4 | 12.3 | 2.4 | 3.5 | 0.8 | 1.9 | 1.4 | 21.3 |
| 2018-19 | MIN | 77 | 33:03 | 51.8 | 40.0 | 83.6 | 3.4 | 9.0 | 12.4 | 3.4 | 3.8 | 0.9 | 3.1 | 1.6 | 24.4 |
| 2019-20 | MIN | 35 | 33:55 | 50.8 | 41.2 | 79.6 | 2.7 | 8.1 | 10.8 | 4.4 | 3.3 | 0.9 | 3.1 | 1.2 | 26.5 |
| 2020-21 | MIN | 50 | 33:47 | 48.6 | 38.7 | 85.9 | 2.7 | 7.9 | 10.6 | 4.5 | 3.7 | 0.8 | 3.2 | 1.1 | 24.8 |
| 2021-22 | MIN | 74 | 33:28 | 52.9 | 41.0 | 82.2 | 2.6 | 7.2 | 9.8 | 3.6 | 3.6 | 1.0 | 3.1 | 1.1 | 24.6 |
| 2022-23 | MIN | 29 | 33:00 | 49.5 | 36.6 | 87.4 | 1.7 | 6.5 | 8.1 | 4.8 | 3.8 | 0.7 | 3.0 | 0.6 | 20.8 |
| 2023-24 | MIN | 62 | 32:41 | 50.4 | 41.6 | 87.3 | 1.5 | 6.8 | 8.3 | 3.0 | 3.3 | 0.7 | 2.9 | 0.7 | 21.8 |
| 2024-25 | NY | 72 | 34:58 | 52.6 | 42.0 | 82.9 | 2.9 | 9.8 | 12.8 | 3.1 | 3.5 | 1.0 | 2.7 | 0.7 | 24.4 |
| 2025-26 | NY | 75 | 30:58 | 50.1 | 36.8 | 85.8 | 3.1 | 8.7 | 11.9 | 3.0 | 3.4 | 0.9 | 2.5 | 0.5 | 20.1 |
Comment lire les stats ? MJ = matches joués ; Min = Minutes ; Tirs = Tirs réussis / Tirs tentés ; 3pts = 3-points / 3-points tentés ; LF = lancers-francs réussis / lancers-francs tentés ; Off = rebond offensif ; Def= rebond défensif ; Tot = Total des rebonds ; Pd = passes décisives ; Fte : Fautes personnelles ; Int = Interceptions ; Bp = Balles perdues ; Ct : Contres ; Pts = Points.




