Après plusieurs semaines d’attente et un feuilleton administratif qui aura quelque peu parasité son arrivée, Patrick Vieira est enfin pleinement installé dans son costume de sélectionneur du Sénégal. Présenté officiellement ce vendredi à Dakar, le champion du monde 1998 a immédiatement insisté sur la dimension très personnelle de cette nomination : pour lui, il ne s’agit pas simplement d’un nouveau poste, mais d’un véritable « retour à la maison ».
Nommé par la Fédération sénégalaise de football dès le 18 août, Vieira aura dû patienter un mois avant cette première conférence de presse. Les modalités administratives et contractuelles restaient alors à finaliser, comme l’avait elle-même indiqué la FSF, tandis que des interrogations avaient notamment entouré le financement de son contrat. Sa présentation permet donc enfin de ramener le sportif au premier plan.
« Être sélectionneur du Sénégal est un rêve absolu »
Les premières minutes de Vieira ont essentiellement été consacrées à ce que représente cette fonction pour lui.
« Je vais vous dire avec quelle fierté et quel honneur je suis là parmi vous aujourd’hui. Être sélectionneur de l’équipe du Sénégal est un rêve absolu. »
Le technicien de 50 ans, qui a dévoilé sa première liste, mesure également l’attente qui l’accompagne : « Je mesure l’ampleur du travail à accomplir, la demande des 20 millions de Sénégalais et je sais qu’avec la détermination que j’ai, je pourrai mener à bien ce projet. »
Né à Dakar, Vieira a ensuite prononcé les mots forcément attendus.
« Je suis né ici, mes parents sont nés ici et c’est un retour à la maison. »
« J’ai été séduit par le discours du président. Prendre cette sélection, ce n’est pas une nouvelle étape de ma carrière, c’est le retour à la maison », a-t-il insisté.
Vieira arrive après des mois mouvementés
Cette volonté d’ouvrir un nouveau chapitre prend tout son sens au regard des derniers mois particulièrement agités autour des Lions.
Malgré le titre remporté à la CAN 2025, la fin de mandat de Pape Thiaw avait été marquée par d’importantes difficultés administratives et relationnelles. Le technicien avait notamment abordé le Mondial 2026 dans un contexte contractuel extrêmement confus, au point qu’une intervention du président de la République avait été nécessaire pour stabiliser la situation. Après une Coupe du monde terminée dès les seizièmes de finale contre la Belgique (2-3), la FSF avait finalement mis fin à son mandat en juillet.
Même la succession n’a pas été fluide. Si Vieira a été nommé dès le 18 août, la Fédération précisait alors que les négociations administratives et contractuelles se poursuivaient. Début septembre encore, la presse sénégalaise rapportait des incertitudes autour de la formalisation et du financement de son contrat.
C’est donc aussi une sélection à stabiliser autour du terrain que récupère l’ancien capitaine des Bleus.
« Je suis là pour gagner des trophées »
Vieira refuse toutefois de présenter son arrivée comme le début d’une reconstruction totale.
« Je suis là pour gagner des trophées. Pas pour repartir de zéro, mais pour respecter ce qui a été fait par la Fédération ces dernières années et ouvrir un nouveau chapitre. »
Le nouveau sélectionneur veut notamment conserver les qualités qui ont permis au Sénégal de s’installer parmi les grandes puissances africaines : « Ma mission n’est pas de tout casser ni de tout jeter par la fenêtre. Il faut garder la force de cette équipe, son identité, sa solidarité. »
Son baptême arrivera rapidement. Les Lions se déplaceront au Mozambique le 25 septembre, puis en Éthiopie le 29, pour les qualifications à la CAN 2027, avant un amical contre les Comores à Marseille le 4 octobre.
Après plusieurs semaines durant lesquelles les questions de contrats, de gouvernance et d’organisation ont beaucoup occupé l’espace, Vieira a donc posé un message simple pour son premier jour face à la presse : préserver l’héritage récent, retrouver de la sérénité et recommencer à gagner.




