Malgré les neuf buts marqués et
le spectacle proposé par les deux équipes, certains n’ont guère
goûté l’orgie de football du PSG-Bayern, mardi.
La presse s’est montrée dithyrambique et unanime. « Le match
du siècle », « Football total », « Feu d’artifice », « Un match
historique », « Une ode au football offensif », « Pur art
footballistique »… Tels ont été quelques-uns des titres qui
ont salué l’incroyable rencontre entre le PSG et le Bayern Munich,
achevée sur un score de 5-4 en faveur des Parisiens après un
scénario totalement irrationnel.
Les premiers acteurs ont également apprécié le spectacle. «
Tous les amoureux de foot ont dû kiffer. Nous, sur le terrain, ça a
été un vrai plaisir de jouer, a ainsi confié Marquinhos au
micro de Canal+. Ce sont des matchs dont on rêve pendant toute
notre enfance. Ils ont ouvert le score, on a égalisé, on a élargi
le score, ils sont revenus… Ce sont deux équipes qui ont la
mentalité de ne jamais lâcher, toujours presser, toujours aller
vers l’avant. »
« Tous les supporters se sont régalés. Ça a été un match
extraordinaire, avec beaucoup d’occasions. Les deux équipes ont
proposé le même jeu », a renchéri Lucas Hernandez tandis que
Vitinha confiait avoir disputé « le meilleur match de sa vie
».
Le football, c’est aussi défendre
Pour autant, certains observateurs tiquaient à l’issue de la
rencontre. « Si j’étais supporter du PSG, je serais extrêmement
déçu parce que quand tu mènes 5-2, te prendre deux buts comme ceux
que tu te prends… 5-4, ça a l’air exceptionnel, mais non. C’est
1-0, en fait, l’avance comptable du PSG, et on sait qu’au match
retour, il y aura aussi beaucoup de buts », a ainsi confié
pour commencer Fred Hermel.
« Le football, c’est un gardien, une défense, un milieu de
terrain et une attaque. Là, on a eu le droit qu’à une attaque, de
chaque côté. Il y a les trois quarts (des joueurs) qui n’ont pas
existé. Voir Manuel Neuer, qui est sûrement le meilleur gardien de
l’histoire, se prendre cinq buts comme ça, ce n’est pas
normal, a-t-il poursuivi, ajoutant : « Dans ma chronique
pour le journal AS, j’ai écrit que c’est un symbole de l’époque
TikTok, c’est-à-dire qu’il faut des émotions, des stimuli, tout de
suite, rapides et répétés. Donc, il y a 9 buts. Pour moi, le
football, c’est aussi la construction du jeu, la tactique. Qui peut
dire qu’il y avait un entraîneur hier, aussi bien côté PSG que
Bayern? Il y avait zéro tactique. »
Et le grand spécialiste du football espagnol n’a pas été le seul
à émettre des réserves. « D’un point de vue purement
spectaculaire, oui, c’est formidable (de voir un 5-4). Mais il fut
un temps où la défense était aussi un art, qui était apprécié. Et
elle doit faire partie intégrante du jeu. (…) Citez-moi un seul
sport que l’on peut gagner sans une défense digne de ce nom? Je ne
crois pas que cela existe », a-t-il analysé.
« Arsenal a probablement moins de volume. Et Arsenal a plus
de mal à marquer des buts que ces deux équipes. Mais il ne lui en
faut qu’un, car elle sait comment défendre un score vierge. Cela
peut faire la différence, a-t-il également lancé. Les
cages inviolées ont toujours été sacrées pour les gardiens. Nous
avons vu Arsenal faire la différence cette année en enchaînant les
matchs sans encaisser de but, jusqu’au bout. »




