« Ça veut dire quoi ? » Lorsque l’annonce a été faite par les arbitres, Victor Wembanyama a demandé une explication à Harrison Barnes, avant d’esquisser une moue d’acceptation. Pour la première fois de sa carrière, le Français venait d’être expulsé, pour un coup de coude en direction de Naz Reid.
Survenue à l’entame du second quart-temps, cette sanction – une faute requalifiée en Flagrant 2 pour « contact excessif » au-dessus du cou – laisse un goût amer chez les Spurs qui, malgré une nouvelle grosse bataille livrée sans leur leader, ont fini par céder dans ce match 4.
Focalisé sur le sujet en conférence de presse, Mitch Johnson, qui ne cautionne pas le geste de sa vedette, estime que les arbitres pourraient mieux le protéger face à l’agressivité physique régulièrement imposée par ses adversaires.
« On en arrive à un stade où, si les responsables du contrôle du jeu et du niveau physique ne font pas leur travail, il va finir par devoir se protéger lui-même. Cela fait un moment qu’on lui demande de le faire. Le défi physique que les autres essaient de lui imposer et le manque de protection sont vraiment décevants. Cela commence à devenir franchement écoeurant, compte tenu de ses efforts pour surmonter ces situations tout en restant professionnel, mature et capable de gérer ce genre de choses », s’agace le coach.
« Si la faute est sifflée avant… »
De’Aaron Fox remarque ainsi que sur l’action, le bras gauche de son coéquipier était retenu par Jaden McDaniels, générant le geste du Français pour essayer de se dégager des deux joueurs des Wolves. « Si la faute est sifflée avant, ça n’arrive probablement jamais », est convaincu le meneur des Spurs.
Dylan Harper a également vu de la « frustration » dans la réaction de son intérieur. « Je ne pense pas que c’était intentionnel, c’était plutôt du genre : ‘Ils n’arrêtent pas de m’attraper, j’essaie de me protéger parce que personne d’autre ne le fera.’ On est derrière lui, je pense qu’il va en tirer les leçons, et il sait désormais qu’il ne doit plus recommencer. »
Reste que leur coach a apprécié que son joueur phare prenne « les choses en main. Pas dans le sens de frapper Naz Reid. Je veux être très clair là-dessus. Je suis soulagé que Naz Reid aille bien. Je ne voulais pas qu’il lui donne un coup de coude. Mais il va devoir se protéger lui-même si les autres ne le font pas. Et je trouve ça écœurant », redit Johnson, qui trouverait « ridicule » que « Wemby » fasse l’objet d’une sanction supplémentaire (suspension ?).
Les Wolves voulaient être physiques avec lui
Le technicien des Spurs saisit l’occasion pour monter au créneau sur le traitement physique réservé à Victor Wembanyama. « À chaque action, sur chaque zone du parquet, les gens essaient d’imposer leur physique sur lui. Je le comprends. On le comprend. Ça fait partie du jeu, […] il ne se plaint jamais. On ne se plaint pas. On n’en a pas grand-chose à foutre. Excusez mon langage. Mais à un moment donné, il devrait être protégé, et si ce n’est pas le cas, il va devoir se protéger tout seul », insiste Johnson.
De son côté, Chris Finch assure que ce n’était pas vraiment « le plan d’attaque » des Wolves, de frustrer « Wemby » pour espérer générer une telle réaction. « On voulait juste être le plus physique possible… Je ne sais pas s’il s’agissait de frustration ou pas », lâche le coach, pour qui Luke Kornet a sensiblement joué le même rôle défensif que son partenaire de jeu dans la raquette des Spurs.
« C’était un peu plus dur justement parce qu’ils sont une équipe vraiment super quand il est sur le terrain évidemment, mais ils jouent beaucoup plus lentement quand il est là car tout tourne autour de lui. Quand il n’est pas sur le terrain, tout le monde participe. C’est comme quand une équipe perd son meilleur joueur : tout le monde joue libéré, ils prennent plus de tirs, ont plus de confiance », rebondit Anthony Edwards.
Sans s’étendre sur le coup reçu, Naz Reid, lui, se contente de lâcher : « La douleur, c’est la faiblesse qui quitte le corps, c’est tout. »




