A l’issue de la victoire poussive
de l’OM à Troyes, ce dimanche soir dans le cadre de la 6e journée
de Ligue 1, Bruno Genesio, le coach marseillais, n’a éludé aucune
question.
Etes-vous pleinement satisfait de ce que vous avez vu ce
soir ? Pleinement satisfait, je vais vous dire que
non. Je suis très attentif aussi au contenu de nos matches. Mais,
en tout cas, vu notre situation, on est satisfaits. On est
satisfaits d’avoir renoué avec la victoire, qui nous échappait
depuis beaucoup trop longtemps. Même si, dans le jeu, on sait qu’on
peut faire mieux et que c’est loin d’être notre meilleur match,
celui-ci, on l’a gagné, les autres, on les a perdus. Donc, il faut
savoir être pragmatique aussi. On sait que, dans une spirale
négative de cinq défaites de suite, le plus important, c’est de la
casser. C’est ce qu’on a réussi à faire. Pour le reste, on attendra
un petit peu avant de pouvoir se réjouir à la fois du résultat et
de la manière.
En quoi un succès comme celui-ci peut-il faire avancer
l’OM ? Déjà, il demandera à être confirmé, parce qu’on
va avoir besoin d’une série positive. Mais je crois qu’on a vu, par
moments notamment, qu’on était assez stressés, assez timorés dans
notre jeu. On a eu la possession, mais on n’a pas beaucoup avancé,
on a pris très peu de risques. Je pense que ce genre de victoire
peut justement nous redonner de la confiance. C’était un match très
important pour ce début de saison. On l’a bien négocié. C’est aussi
un point positif d’être capables de répondre présents au moment où
on nous attend. Donc, je pense que ça peut beaucoup nous aider
mentalement.
Vous avez pris le parti de lancer Kelyann Bezahaf et
Nouhoum Kamissoko au coup d’envoi. Leurs prestations ont-elles
répondu à vos attentes ? Oui, ils ont tous les deux
fait un gros match. Peut-être même que ce sont les deux joueurs qui
ont pris le plus d’initiatives en première mi-temps, avec peut-être
l’insouciance de la jeunesse. Mais, en tout cas, pour un premier
match comme titulaires, ils ont été très bien. Donc, je suis
satisfait et heureux de voir qu’on peut compter sur eux, parce
qu’on en a besoin. Ça demandera confirmation aussi, un peu comme le
résultat de ce soir, mais ils ont fait un très bon match.
Pouvez-vous nous dire un mot sur la sortie de Paixao,
qui vous a évité en quittant le terrain ? Concernant
Igor, pour moi, ce n’est rien. Ça peut arriver. Je pense qu’il
était frustré, peut-être frustré de sortir, peut-être frustré de
son match. Mais voilà, je peux le comprendre. Il sait qu’il peut
compter sur moi, il sait qu’il a la confiance du groupe, il sait
qu’on a fait beaucoup de choses pour qu’il reste ici. Maintenant,
ce n’était pas un match très facile pour nos attaquants ce soir,
parce qu’on a réussi à créer beaucoup de décalages et de
déséquilibres. Il n’y a rien de grave.
Dans quelle mesure cette victoire, qui vous apporte les
trois points et vous fait avancer au classement, vous
soulage-t-elle aussi mentalement ? Je ne me suis pas
trop attaché au classement. Avec mon staff, pendant ces trois
semaines, on s’est attachés à travailler pour faire progresser
encore et encore ce qu’on pouvait améliorer, avec les joueurs qu’on
avait à notre disposition, parce qu’il y en avait pas mal en
sélection. On a quand même fait des matches avec des contenus qui
étaient, en tout cas majoritairement, intéressants. Il y a eu des
échanges, mais aussi une certaine sincérité sur la situation, parce
que je crois que le pire, dans ces moments-là, c’est d’être dans le
déni. Donc, il y a eu de la lucidité et aussi de la franchise sur
ce qu’on devait faire de mieux pour sortir de cette spirale
négative. On est aussi contents pour nos supporters, parce que
depuis le début de saison – et je me mets à leur place – soutenir
une équipe, et encore plus à Marseille, qui est dans la situation
dans laquelle on est, c’est difficile. Depuis le début de saison,
ils sont derrière nous. Ce soir, ils ont encore été derrière nous,
malgré un match qui n’a pas été très agréable à voir. Ils ont aussi
une importance dans le résultat de ce soir. On a beaucoup parlé de
ça avec les joueurs: de la nécessité d’être unis dans ces
moments-là.














