L’heure est à l’autocritique pour Medhi Benatia,. Retiré de ses fonctions de directeur du football et conseiller sportif à l’Olympique de Marseille, l’ancien international marocain s’est longuement exprimé sur le plateau du Canal Football Club sur son passage chez les Ciel et Blanc, jetant un regard lucide et sans concession sur son bilan et la situation actuelle du club phocéen.
Au regard des ambitions affichées en début de saison, l’an dernier, et de la cinquième place finale, synonyme de non-qualification pour la Ligue des champions, il ne peut ainsi s’agir que d’un échec, selon l’ancien Turinois. « L’année dernière, on a fait un effectif, on pensait tous qu’on finirait top 2, on s’est plantés. On a fini 5e de Ligue 1, on n’a pas ramené l’objectif de la qualification en Ligue des champions » a-t-il ainsi concédé.
Interrogé sur le climat de tension et l’incompréhension grandissante avec les supporters olympiens, l’ex-dirigeant n’a pas cherché d’excuses mais entend défendre son travail. « Les 10 ou 15 ans de disette, c’est de notre faute, j’ai compris, a-t-il soufflé. Mais tout ce que je sais, c’est que du premier au dernier jour, j’ai tout donné pour le club. C’est pour ça que je suis ici à parler football parce que je sais que je peux me regarder dans une glace, je n’ai jamais triché pour ce club ».
« Il faut être patient et indulgent »
Face aux critiques concernant l’explosion de la masse salariale et l’impact économique sur le club, l’ancien défenseur du Bayern Munich a tenu à remettre les choses dans leur contexte décisionnel. Selon lui, les prises de risques financiers répondaient à une volonté partagée d’être immédiatement compétitif au plus haut niveau.
« Si tu veux de la qualité, si tu veux faire des matches comme face au Real Madrid, au PSG et essayer de s’assurer une deuxième place, tu dois faire un mix de joueurs expérimentés et de qualité. On a fait tout ça avec le coach, qui était d’accord et ça a toujours été validé par les gens d’en-haut. Le coach ou le directeur sportif avec le carnet de chèques, ça n’existe pas ».
Revenant sur le dernier mercato estival marqué par les exigences du Fair-Play Financier et les décisions drastiques de l’actionnaire Frank McCourt (« après 10 ans de déficit, je pense qu’il a décidé de couper les robinets »), Benatia a raconté la complexité de certaines ventes indispensables pour alléger les comptes. Il a illustré ce casse-tête à travers le transfert de Luis Henrique à l’Inter Milan ou les négociations autour de Mason Greenwood. « Vendre dans une position défavorable ? C’est toujours difficile, a-t-il expliqué. Quand on vend Luis Henrique à l’Inter et qu’on est obligé de le vendre pour le fair-play financier, je ne suis pas serein avant de voir Ausilio. »
Par ailleurs, il s’est réjoui que l’OM ait su conserver des éléments clés comme Amine Gouiri ou Igor Paixão malgré la pression financière de la fin d’été.« Heureusement que les supporters et le coach ont réussi à se faire entendre, a-t-il souligné. Après te dire qu’ils vont devoir vendre avant le 30 juin, je ne sais pas. Ça dépend de l’actionnaire de mettre aussi un peu de sa poche ».
Alors que l’Olympique de Marseille connaît un démarrage très difficile en championnat sous les ordres de Bruno Genesio (13e place et série de trois défaites consécutives après quatre journées), Medhi Benatia prône la patience et la sérénité. Il considère cette campagne 2026-2027 comme une nécessaire année de transition. « L’effectif est plus réduit cette saison avec un super coach, a-t-il assuré. Si on arrive à garder du calme dans le club, à être alignés dans la communication… Genesio, c’est le top coach que l’OM pouvait avoir cet été. Il faut être patient et indulgent ».




