Novak Djokovic a quitté l’US Open au premier tour, une élimination qui a suscité de nombreuses réactions sur la suite de sa carrière. Brad Gilbert estime notamment qu’une modification de son calendrier pourrait aider le Serbe à ne plus aborder les tournois du Grand Chelem avec un manque de rythme.
À New York, Djokovic a concédé sa première défaite au premier tour d’un tournoi du Grand Chelem depuis 20 ans. Mariano Navone s’est imposé 7-6(5), 5-7, 4-6, 6-2, 6-1 au terme d’un match de quatre heures et 36 minutes, durant lequel le champion aux 24 titres majeurs a été gêné physiquement avant de céder dans les deux dernières manches.
Le spectacle était inhabituel pour un joueur qui, pendant des années, s’est forgé une réputation de compétiteur presque impossible à battre physiquement dans les matches en cinq sets. Djokovic a même mené d’un break dans le quatrième set, mais son corps a commencé à montrer des signes de faiblesse. Navone l’a compris et a choisi d’allonger les échanges pour rendre la rencontre aussi éprouvante que possible.
Gilbert estime que Djokovic arrive « undercooked » dans les grands rendez-vous
Gilbert, ancien entraîneur d’Andre Agassi et de Coco Gauff, pense que les joueurs du circuit commencent eux aussi à percevoir cette évolution.
Invité du podcast The Big T Podcast, Gilbert a expliqué que les adversaires de Djokovic ne pénètrent plus sur le court avec le même sentiment de résignation qu’auparavant, lorsque le Serbe avait imposé une domination qui semblait inéluctable.
«In long matches I felt like Novak was the casino, he just kept taking more chips, » a déclaré Gilbert. «If it went longer, you know, he would make you want to reinvest, rebuy and in these matches if he wasn’t playing well he could weather anything.»
Selon l’Américain, cette réputation a commencé à évoluer après les difficultés physiques rencontrées par Djokovic à Cincinnati, puis à nouveau à New York. Pour Gilbert, la solution ne réside pas forcément dans une transformation de son style de jeu, mais simplement dans le fait de disputer davantage de matches avant les plus grands tournois.
«But I also think the big change, if I was talking to Novak, he’s playing the same schedule that he was playing three years ago, five years ago, when he was dominating, » a-t-il ajouté.
«I feel like he’s undercooked now. He needs to play more matches and he needs more reps. It’s weird to say that.»
Djokovic n’a disputé que sept tournois cette saison, pour 21 matches sur le circuit principal, un total particulièrement faible selon ses standards. Ces dernières années, il a volontairement allégé son calendrier et l’a largement articulé autour des tournois du Grand Chelem, estimant que préserver son physique lui offrait les meilleures chances de viser les titres les plus importants.
Ajla Tomljanovic n’est toutefois pas d’accord avec la suggestion de Gilbert. L’Australienne estime que Djokovic peut parfois manquer de motivation dans les tournois de moindre importance et s’interroge sur ce qu’il gagnerait à ajouter davantage de compétitions, après avoir déjà presque tout connu dans le tennis.
Djokovic doit désormais déterminer ce que son corps peut supporter
Gilbert reste convaincu que la condition physique acquise en match devient encore plus importante avec l’âge. Il a cité Roger Federer, Rafael Nadal et Andy Murray, trois grands champions qui ont fini par être confrontés au même problème.
«The reason why I say that is because it’s not about winning Cincy, but it’s about getting into match fit form, getting into match shape and when you’re not playing that many matches it’s not that easy just to turn it on, » a-t-il expliqué.
Un autre aspect du problème ne pourra toutefois pas être réglé par le simple fait de jouer davantage de tournois. Novak a reconnu qu’il souffrait d’un problème physique qu’il cherche encore à comprendre. Ses difficultés à Cincinnati ont été suivies d’une nouvelle soirée compliquée à New York.
La suggestion de Gilbert apparaît donc intéressante, mais également difficile à mettre en œuvre. Disputer plus de matches pourrait permettre à Djokovic de retrouver le rythme et les automatismes qui lui manquent peut-être. Mais cela pourrait aussi accroître la pression exercée sur un corps qui a déjà souffert au cours de longues batailles.
Djokovic dispose désormais de plusieurs semaines pour récupérer et réfléchir à la suite. Il est inscrit au tournoi de Pékin, qui débutera le 30 septembre, une compétition associée à de nombreux bons souvenirs pour lui. L’ancien numéro 1 mondial y a remporté ses six précédentes participations, son dernier titre remontant à 2015.
Reste à savoir si Djokovic ajoutera effectivement d’autres tournois à son programme après Pékin. Une chose est certaine : pour Gilbert, la solution aux difficultés actuelles du Serbe ne consiste pas à jouer moins.
Tout au long de sa carrière, le Serbe a démontré sa capacité à surmonter les périodes difficiles et à atteindre finalement ses objectifs. Même si la tâche est désormais plus complexe, alors qu’il se trouve dans la dernière partie de sa carrière à 39 ans, Novak continue de croire en lui et en ce que son corps peut encore lui permettre d’accomplir.




