Contrairement à l’été dernier, Norman Powell n’a pas pu porter le maillot de Jamaïque durant l’intersaison. La faute à une free agency trop agitée pour lui. Alors que le Heat mettait la main sur Giannis Antetokounmpo, l’ailier a filé à Chicago pour un contrat plus lucratif.
« Je pensais que nous trouverions un accord un peu plus tôt et que je pourrais enfiler le maillot et jouer. Mais lorsque cela a commencé à traîner jusqu’à ces matchs, je ne voulais rien laisser au hasard », raconte le natif de San Diego, qui a toutefois tenu à être présent avec l’équipe, aux Bahamas, pour la fenêtre de qualification à la prochaine Coupe du monde.
Malheureusement pour sa formation et lui, la Jamaïque ne sera pas au rendez-vous du second tour, échouant à la dernière place de son groupe. Après deux victoires inaugurales, cette sélection sans véritable grand nom a perdu ses quatre matchs suivants, en terminant par deux roustes subies début juillet : 123-74 face aux Bahamas, puis 116-78 face au Canada.
« C’est vraiment dommage de ne pas avoir pu jouer. Je voulais vraiment les aider à passer au tour suivant […] C’est dur. Mais je vais discuter avec le responsable de l’équipe nationale et essayer de contribuer à sa restructuration. Ainsi, la prochaine fois qu’on aura une fenêtre pour tenter de nous qualifier, l’équipe sera beaucoup plus forte et mieux préparée », vise Powell.
Ce dernier espère que la Jamaïque pourra obtenir d’ici là l’autorisation de plusieurs autres joueurs NBA pour rejoindre l’équipe. Parmi ses homologues intéressés, Powell cite Devin Vassell, Ausar et Amen Thompson, Julian et Justin Champagnie, Isaiah Stewart… De quoi monter une très sérieuse sélection, d’autant que le nom de Scottie Barnes a également circulé par le passé.
« Cela limite ce que la Jamaïque peut faire pour rivaliser au plus haut niveau »
Bémol : « La Jamaïque se trouve dans une situation compliquée parce que la FIBA a cette règle selon laquelle il faut avoir obtenu la nationalité ou le passeport jamaïcain entre 16 et 18 ans. Nous essayons de convaincre la FIBA de modifier cette règle », annonce Powell.
Le secrétaire général de la FIBA, Andreas Zagklis, avait détaillé les règles en vigueur en la matière. Avec d’abord, un joueur naturalisé par équipe. Derrière, « les critères d’éligibilité sont clairs : vous avez un passeport, vous êtes éligible. Si vous avez eu un passeport après l’âge de 16 ans, nous devons vérifier si vous avez eu des liens significatifs avec le pays. Si ce n’est pas le cas, vous entrez dans la catégorie des naturalisés (avec une seule place disponible par sélection). C’est une règle très restrictive. »
Et qui pénaliserait, toujours selon Powell, les joueurs d’origine ou d’ascendance jamaïcaine dont les parents n’auraient pas fait la démarche pour l’obtention d’un passeport à temps.
« Ou parce que leurs grands-parents ont quitté la Jamaïque. Ils ne savaient pas que l’équipe nationale existait, puisque cela fait seulement 15 ans qu’on a disputé notre premier match. Nous essayons donc de travailler avec la FIBA pour faire modifier ou assouplir cette règle. Cela limite ce que la Jamaïque peut faire pour rivaliser au plus haut niveau », termine le joueur des Bulls.




