La finale de la Coupe d’Afrique des Nations entre le Maroc et le
Sénégal a laissé des traces indélébiles, notamment chez les Lions
de l’Atlas où Brahim Diaz continue de porter sa panenka manquée
comme sa croix. Les incidents qui ont émaillé les derniers instants
du temps réglementaire ont également eu de très lourdes
conséquences pour 18 supporters sénégalais.
Arrêtés pour avoir tenté d’envahir le terrain et lancé des
projectiles vers la pelouse, ils ont été sévèrement condamnés par
la justice marocaine. Neuf d’entre eux ont ainsi écopé d’un an de
prison, six autres de six mois et les trois derniers de trois mois.
Des peines de prisons assorties d’amende.
Le jugement a suscité de vives réactions au Sénégal. Et si
Ousmane Sonko avait initialement cherché à aplanir les tensions,
notamment lors de la 15e session de la commission mixte
maroco-sénégalaise qui s’est tenue fin janvier au Maroc, le Premier
ministre sénégalais a haussé le ton ces derniers jours pour
fustiger la condamnation des supporters sénégalais.
Une injustice dénoncée
« On a l’impression que cette affaire dépasse le cadre du
sport et c’est regrettable, a-t-il ainsi confié lors d’une
séance de questions à l’Assemblée nationale, ajoutant : « Pour
deux pays qui se réclament amis comme le Maroc et le Sénégal, les
choses ne devaient pas en arriver là. » « La gestion de cette
affaire n’honore pas le Maroc », a-t-il poursuivi.
Au Sénégal, la mobilisation s’organise avec des rassemblements
devant l’ambassade marocaine à Dakar. Un mémorandum a été déposé
afin de réclamer la libération des 18 supporters et dénoncer «
une injustice » au détriment de ces « ambassadeurs »
du Sénégal « aujourd’hui privés de liberté uniquement parce
qu’ils ont cru en leur nation et voulaient supporter leur équipe
jusqu’à la victoire ».




