Le Maroc semble aujourd’hui cumuler les signaux positifs : sixième au classement FIFA, quart-finaliste de la Coupe du monde 2026, formation performante et attractivité renforcée auprès des binationaux.
Mais derrière cette réussite, Fouzi Lekjaa a pointé une faiblesse majeure.
Une sélection presque entièrement basée à l’étranger
Lors d’une réunion organisée à Rabat avec les entraîneurs des clubs de première et deuxième divisions, le président de la FRMF a souligné l’écart grandissant entre les joueurs issus de la Botola et ceux basés à l’étranger.
« Lorsqu’on regarde l’effectif du dernier Mondial, seuls deux gardiens remplaçants venaient du championnat national. Il n’y avait aucun joueur local au milieu ou en attaque, alors qu’autrefois notre championnat alimentait la sélection avec des équipes entières », a-t-il regretté.
Le constat se répète chez les jeunes. Chez les U23 comme chez les U17, l’essentiel des cadres provient de centres européens ou de l’Académie Mohammed VI, avec seulement quelques exceptions issues des clubs locaux.
Des jeunes formés, mais presque jamais utilisés
Fathi Jamal, directeur du développement technique de la FRMF, a également tiré la sonnette d’alarme.
Il a notamment expliqué que la sélection U18 actuellement en Espagne comptait vingt joueurs issus du système local, mais qu’aucun ou presque ne bénéficiait d’un véritable temps de jeu en Botola. Seuls quelques clubs, comme le Raja ou le Wydad, leur accorderaient ponctuellement quelques minutes.
L’Union Touarga joue ainsi un rôle important en permettant à plusieurs jeunes de l’Académie Mohammed VI de franchir l’étape entre la formation et le football professionnel. Le dernier exemple probant de ce parcours étant l’attaquant Tawfik Bentayeb, meilleur buteur de Ligue 2 française (20 buts) lors de son prêt à Troyes la saison dernière, et qui est toujours sous contrat avec le club de Rabat. Il devrait retourner en Europe sous la forme d’un transfert sec durant le mercato estival.
Une réforme devenue urgente
Lekjaa a également évoqué les difficultés financières des clubs, les litiges devant la FIFA et les tensions permanentes autour de l’arbitrage et de la gouvernance.
À quatre ans de la Coupe du monde 2030, le dirigeant estime qu’un nouveau cycle doit désormais commencer. La FRMF veut élaborer une feuille de route commune avec les entraîneurs et les présidents de clubs afin d’imposer davantage de jeunes en première et deuxième divisions.
Le Maroc brille au sommet. Mais sans redressement de son championnat, cette réussite pourrait reposer de plus en plus sur des talents formés ailleurs.




