Comme Cleveland à Philadelphie, Denver a subi une brutale métamorphose après la pause. Devant à la mi-temps et encore en position de gagner dans le troisième quart-temps, les Nuggets ont ensuite été progressivement étouffés par la pression défensive du Thunder.
Oklahoma City a ainsi provoqué 13 pertes de balle en seconde période, transformées en 19 points. Et 14 des 26 points du Thunder dans le dernier quart-temps sont ainsi venus d’erreurs adverses.
« Ils nous ont évidemment poussés à perdre le ballon », constate David Adelman. « Nous n’avons pas non plus bien espacé le jeu. Parfois, lorsqu’une équipe passe une mauvaise soirée au tir, les joueurs essaient de faire les choses tout seuls au lieu de se faire des passes, et cela entraîne des erreurs. »
Treize tirs de plus pour le Thunder
Dans un match où les deux formations ont longtemps accumulé les maladresses, les détails ont fini par faire la différence. Le Thunder a ainsi tenté 13 tirs de plus que Denver, un écart important dans une rencontre aussi fermée.
« Les 21 points encaissés sur nos 22 ballons perdus ne sont pas forcément un total énorme, mais c’est ce qui nous coûte le match », poursuit le coach. « Quand les deux équipes connaissent une mauvaise soirée en attaque, tout se joue sur les détails. C’était particulièrement brouillon de notre part en seconde période. »
Nikola Jokic a été limité à 13 points à 5/19 au tir, tandis que Jamal Murray n’a jamais trouvé son rythme. Selon David Adelman, leurs coéquipiers n’ont pas suffisamment profité de l’attention concentrée sur les deux créateurs.
« Quand autant de défenseurs sont envoyés sur eux, les autres doivent répondre présent et mettre leurs tirs », prévient-il. « Le gars démarqué doit faire la différence. Si vous refusez un tir ouvert pour repartir en dribble vers leur défense, c’est une mauvaise décision, surtout face à la meilleure défense de la ligue. »
Trop de dribbles, pas assez de passes
L’absence de Cameron Johnson après la pause, touché à la cheville droite, a encore réduit les possibilités de Denver. Mais David Adelman refuse d’y voir une excuse.
« Quand vos meilleurs shooteurs ne jouent pas, c’est évidemment important. Mais cela ne justifie pas de ne pas effectuer la passe supplémentaire. Trop dribbler mène aux pertes de balle, puis aux contre-attaques. »
Le technicien regrette surtout que ses joueurs aient cherché à défier la pression plutôt qu’à la contourner collectivement.
« Lorsqu’une équipe presse comme cela, c’est justement le moment de faire bouger le ballon pour obliger la défense à courir », explique-t-il. « Si vous essayez de la battre par le dribble et le un-contre-un, vous allez tout droit sur la pression. Il faut s’en éloigner et effectuer la passe simple. »
Aaron Gordon surnage
Auteur de 20 points, Aaron Gordon a été le Nugget le plus efficace de la soirée. Son entraîneur estime même que Denver ne menait à la pause que grâce à lui.
« Aaron a été très bon. Son tir paraît à nouveau très fluide et cela nous permet de jouer comme nous le souhaitons », souligne David Adelman, qui tente encore de contrôler son temps de jeu. « Ce n’est pas facile pour lui de conserver son rythme lorsque son entraîneur le fait constamment entrer et sortir. »
Le coach a également apprécié l’activité défensive de Christian Braun face à Shai Gilgeous-Alexander, limité à 17 points à 6/19 au tir, ainsi que l’absence de complexe du rookie Trevon Brazile.
Mais ces satisfactions individuelles n’ont pas suffi à masquer les difficultés collectives des Nuggets, résumées par leur entraîneur : « Les gars ont fait beaucoup d’efforts et ont joué très dur. Ils n’ont juste pas très bien joué. »













