Une série bouclée en quatre matchs, sur un écart moyen de plus de 30 points. Un an plus tôt, les Cavaliers n’avaient pas fait dans le détail pour éliminer le Heat au premier tour des playoffs. Changement d’ambiance complet cette saison pour des Cavs qui ont dû passer par le Game 7 pour repousser les Raptors au même stade de la compétition.
Un tel niveau d’adversité a été vu d’un très bon œil par le clan de l’Ohio. « Je déteste continuer à faire référence à la saison dernière, mais niveau circulation du ballon… On était en pleine effervescence sur quatre matchs. On termine à 4-0 avec le plus large écart de victoire dans l’histoire des playoffs. Donc cette série-ci a été un vrai combat », remarque Kenny Atkinson.
Après deux premiers matchs bien maîtrisés à domicile, sa formation semblait pourtant s’acheminer vers un nouveau premier tour sans encombre. C’était sans compter sur la rébellion canadienne à l’œuvre à chaque fois que les Raptors ont joué devant leur public. Jusqu’à ce tir heureux de RJ Barrett pour clore le Game 6.
Le coach de Cleveland considère ainsi que ses joueurs ont progressé sur le plan mental grâce à ce premier tour. « On a passé un nouveau cap. Cette série nous a galvanisés. Quand vous devez faire face à leur impact physique, leur vitesse, leur côté athlétique… Tout n’était pas parfait. Ce genre de séries vous forge. Et je suis content qu’on soit passés par là », poursuit-il.
L’adversité rencontrée a ainsi bousculé les habitudes et fait évoluer les tempéraments au sein du collectif. Donovan Mitchell s’est par exemple surpris à voir certains de ses coéquipiers, même parmi les plus taiseux comme Jarrett Allen, prendre la parole dans les moments importants.
En position d’outsiders face à Detroit
« Dennis Schroder a pris la parole, James (Harden) a pris la parole, Max (Strus) aussi, chacun s’est mis face à ses responsabilités. Ça t’apprend beaucoup sur toi-même individuellement et sur les gens qui t’entourent. C’est le genre de choses qu’on n’aurait pas vu en gagnant en quatre matchs, ou cinq », remarque le leader.
Cette version des Cavs avait peut-être besoin de passer par là, car comme le rappelle James Harden, l’identité de l’effectif a changé avec sa venue, mettant fin à une longue stabilité construite autour du « Big Four » local dont faisait partie Darius Garland.
« Il y a quelques équipes qui sont probablement aguerries et qui sont déjà passées par là, mais cet effectif fraîchement assemblé ne l’a pas encore été », lâche le barbu, persuadé, comme ses coéquipiers, que cette bataille sera utile pour la suite. Detroit ? « C’est une très bonne équipe défensive. On vient d’en jouer une très, très, très bonne, avec beaucoup de schémas défensifs. Ça nous a vraiment préparés pour Detroit », juge-t-il d’ailleurs.
Son coach remarque aussi beaucoup de similarités entre les deux équipes, notamment sur le plan physique. « Il va falloir qu’on soit solides mentalement et physiquement pour battre cette équipe. Pour moi, c’est la tête de série numéro un, ils ont fait une super année. Ce sont les favoris », pose Kenny Atkinson, comme pour enlever un maximum de pression pour son escouade.
« On y va dans la peau de l’outsider, ce qui est un défi. Mais ce sera une série similaire, il faudra être capables de gérer leur pression, leur présence au rebond, leur force, leur impact physique. Donc j’espère que cette série (face aux Raptors) nous a préparés à cela. On a encore beaucoup à prouver. On doit encore franchir cette prochaine étape. Je suis content d’avoir remporté cette série, mais cela ne sera jugé que plus tard », termine le coach.




