La grande fête du football ? Oui, mais pas pour tout le monde
visiblement. Sous la houlette de Donald Trump, les Etats-Unis
imposent une politique migratoire des plus contraignantes – pour ne
pas dire restrictives – à l’endroit d’une cinquantaine de pays du
globe depuis le 21 janvier dernier. Sont concernées notamment cinq
nations participant à la Coupe du monde
2026: le Sénégal, l’Algérie, la Côte d’Ivoire, le
Cap-Vert et, à compter du 2 avril prochain, la Tunisie.
Concrètement, les prétendants à un visa d’affaires ou
touristique (visas B-1 et B-2) issus des pays suscités doivent
s’acquitter d’une caution avant de poser le pied sur le sol
américain. Une caution fixée à 15 000 dollars pour les adultes
(environ 13 000 euros) – 5 000 dollars pour les enfants mineurs –
qui restera en vigueur toute la compétition durant (du 11 juin au
19 juillet).
Fatalement, une telle mesure – au-delà du prix exorbitant des
places constaté – ne sera pas sans impact pour les supporters
desdites sélections qualifiées. Reste à voir si les membres des
délégations officielles concernées seront eux épargnés ou non. A ce
stade, le porte-parole du Département d’État américain reste flou
sur la question, arguant que « la sécurité des Etats-Unis
demeurera quoi qu’il en soit prioritaire », ici dans des
propos relayés par The Athletic.
Pas de dispense prévue à ce stade pour les sélections
engagées
Selon la publication US, la FIFA travaillerait pourtant à
obtenir une dispense de ces cautions pour les délégations appelées
à participer au Mondial. Ne serait-ce que les joueurs, entraîneurs,
membres de staffs techniques et cadres de fédérations. Là encore,
la partie semble loin d’être gagnée toutefois. Le Département
d’Etat ouvrant tout juste la porte à un examen individuel par les
agents consulaires « en cas d’intérêt national ou humanitaire
important ».
Le mois dernier dans un entretien accordé à Radio Canada,
l’ancien président de la FIFA Sepp Blatter ne mâchait pas ses mots
quant à le politique menée par l’administration Trump en prévision
de cette Coupe du monde 2026. « Dans cette compétition, le
grand profiteur sera les Etats-Unis, mais pas les spectateurs. En
principe, on ne devrait pas organiser une Coupe du monde dans un
pays qui ne donne pas le visa… Il y a une politique diffamatoire
aux Etats-Unis contre tout ce qui est étranger. C’est seulement
America first, America first. Et c’est triste. C’est triste pour la
valeur sociale et culturelle du football. »




