La préparation de Carlos Alcaraz pour l’US Open soulève quelques interrogations, après une séance d’entraînement qualifiée d’« unusual » à seulement quelques jours du début du tournoi de simple.
Âgé de 23 ans, l’Espagnol vient tout juste de faire son retour après plus de quatre mois d’absence en raison d’une blessure au poignet droit. Pour sa première apparition en compétition, il a disputé le double mixte avec Serena Williams. Les deux joueurs ont atteint les quarts de finale avant de s’incliner face à Belinda Bencic et Flavio Cobolli.
Alcaraz a également passé du temps sur les courts d’entraînement à New York. Mais l’une de ses premières séances a semblé bien différente de ce que l’on observe habituellement durant la semaine de l’US Open.
Blair Henley, qui assistait à la séance au Louis Armstrong Stadium, a expliqué qu’Alcaraz avait travaillé pendant environ deux heures avec son frère Alvaro et son entraîneur Samuel Lopez. Plutôt que de frapper avec un autre joueur du circuit ATP pendant l’essentiel de la séance, l’Espagnol a reçu de nombreuses balles depuis un panier.
« It is fairly unusual during this US Open week to see a player out with just a coach, where most of the balls are being fed to him out of a basket, » a déclaré Henley dans le podcast Love All.
Elle a reconnu que cette organisation l’avait amenée à s’interroger sur l’état du poignet d’Alcaraz. L’Espagnol a effectué quelques exercices à deux contre un, mais la séance reposait surtout sur la répétition, plutôt que sur des situations de jeu classiques.
Henley a rappelé que les joueurs organisent généralement leurs entraînements avec d’autres membres du circuit, souvent par l’intermédiaire de leurs entraîneurs ou de leurs agents. C’est ce qui a rendu la séance d’Alcaraz particulièrement singulière.
Clijsters ne voit pas de raison de paniquer
Kim Clijsters a livré une analyse différente.
La quadruple championne en Grand Chelem a souligné que les séances avec des balles lancées depuis un panier sont courantes dans le tennis espagnol et peuvent s’avérer utiles lorsqu’un joueur souhaite travailler un aspect précis de son jeu.
« It can be unusual, but I also think knowing a bit of what the Spanish tennis culture and coaching culture is like, I think they love feeding balls, » a expliqué Clijsters.
La Belge a également confié qu’elle appréciait ce type d’entraînement durant sa propre carrière, car il lui permettait de répéter le même coup 20 ou 30 fois. Pour un joueur de retour après une longue interruption, ce travail peut contribuer à retrouver ses sensations et sa confiance.
Clijsters admet qu’une raison physique peut malgré tout expliquer ce choix, mais elle ne pense pas qu’Alcaraz aurait fait le déplacement à New York si son poignet n’était pas prêt.
« I don’t think he would be here if his wrist was not ready to go, » a-t-elle déclaré.
Certains signaux sont également encourageants. Alcaraz s’est entraîné avec Daniel Merida et Arthur Fils à New York. Avant de se rendre aux États-Unis, il avait aussi travaillé avec Holger Rune à Murcie, alors qu’il augmentait progressivement l’intensité de son retour.
Sa participation au double mixte lui a par ailleurs offert quelque chose qu’un entraînement ne peut pas totalement reproduire. Sur le court Arthur-Ashe, devant un public nombreux, Alcaraz a dû servir, retourner et réagir à des points disputés en conditions réelles.
L’ancien numéro 1 mondial a reconnu avoir été « really, really nervous » lors de son premier match aux côtés de Williams. Une réaction peu surprenante après presque cinq mois sans compétition.
Alcaraz doit encore lever plusieurs incertitudes avant de défendre son titre
La principale interrogation ne concerne pas la capacité d’Alcaraz à bien frapper la balle à l’entraînement. Il s’agit plutôt de savoir si son corps, et plus particulièrement son poignet, pourra supporter sept matches au meilleur des cinq sets en l’espace de deux semaines.
Patrick Mouratoglou avait soulevé cette question avant qu’Alcaraz ne confirme sa participation à l’US Open. L’expérimenté entraîneur français avait estimé qu’il existait de bonnes raisons d’être optimiste, tout en rappelant que reprendre l’entraînement et être prêt pour le tennis d’un tournoi du Grand Chelem sont deux choses différentes. Cette déclaration avait provoqué une avalanche de réactions, de nombreux fans ne sachant pas à quoi s’attendre de la part de l’Espagnol.
Mouratoglou avait également expliqué que servir à pleine puissance exerçait une forte pression sur le poignet. Ce sera l’un des aspects scrutés lorsque Alcaraz lancera sa campagne en simple.
Andy Roddick s’est montré plus optimiste concernant ce retour. Le champion de l’US Open 2003 s’est dit impatient de revoir Alcaraz sur les courts et a estimé que le simple fait de participer au tournoi constituait un signe : l’Espagnol et son équipe pensent que le risque est maîtrisé. L’ancien vainqueur de l’US Open connaît bien les qualités du joueur de 23 ans.
Carlos et son équipe ont pris le temps nécessaire pour mener à bien cette récupération. Il a renoncé à Roland-Garros, Wimbledon, Toronto et Cincinnati plutôt que de précipiter son retour.
Le plus difficile commence désormais.
Le tenant du titre possède un excellent bilan à New York. Il y a remporté son premier tournoi du Grand Chelem en 2022, avant de soulever à nouveau le trophée l’année dernière après sa victoire contre Jannik Sinner en finale.
Cette fois, toutefois, l’incertitude qui entoure l’Espagnol est plus grande que d’habitude. Depuis avril, il n’a disputé que deux matches de double mixte et n’a joué aucune rencontre en simple avant le début du tournoi.




