Bousculé par Brest en demi-finale, Győr est passé proche de la sortie. Les championnes d’Europe en titre ont certes validé leur billet pour la finale (31-30), mais elles sont passées tout près de la correctionnelle devant leur public. Face à elles, Metz tentera désormais de faire tomber le géant hongrois et d’empêcher un huitième sacre continental qui semble lui tendre les bras.
Une finale de Ligue des champions n’est jamais un rendez-vous anodin pour Győr. Le club hongrois disputera sa 12e finale (2009, 2012, 2013, 2014, 2016, 2017, 2018, 2019, 2022, 2024, 2025) pour tenter de décrocher un huitième titre européen. Une expérience incomparable face à des Messines qui endosseront le costume d’outsider, mais qui ont déjà prouvé cette saison qu’elles étaient capables de rivaliser avec les meilleures équipes du continent.
Cette affiche aura également une saveur particulière pour plusieurs joueuses messines qui retrouveront d’anciennes coéquipières sous les couleurs hongroises.
Brest a montré le chemin
La demi-finale a livré plusieurs enseignements précieux. Comme l’a souligné Hatadou Sako après la rencontre, Brest a mis en difficulté Győr grâce à un jeu au près et dans les grands espaces. Une stratégie qui a considérablement compliqué la tâche des gardiennes hongroises, avec 30 buts encaissés.
Le travail tactique réalisé par le duo d’entraîneurs Raphaëlle Tervel et Sandrine Mariot a également porté ses fruits. Tervel, qui connaît parfaitement la maison hongroise, a su identifier les failles du système adverse et préparer son équipe en conséquence. Difficile d’ailleurs de parler de mauvais match côté brestois tant la prestation a été aboutie. Si cette fois l’issue a été différente de celle de 2021, les Brestoises ont une nouvelle fois démontré que qu’elles pouvaient regarder le géant hongrois droit dans les yeux.
L’un des points forts du jeu brestois a été l’utilisation de ses gauchères. Qu’elles aient trouvé le chemin des filets ou non, leur présence a obligé la défense hongroise à s’étirer, libérant ainsi des espaces dans le secteur central et favorisant les décalages. Anna Vyakhireva a notamment trouvé Oriane Ondono à plusieurs reprises dans ces situations. Pour Metz, l’apport de Anna Albek pourrait être une clé similaire. Son entrée en jeu lors de la demi-finale a été précieuse pour lancer la machine messine dans le premier acte. Par son activité offensive, l’arrière messine a rapidement posé des problèmes à la défense adverse et apporté de la variété au jeu lorrain
Trouver l’équilibre autour du pivot
Pour Metz, la tentation sera grande de s’appuyer sur Sarah Bouktit, véritable référence à son poste. Mais attention à ne pas tomber dans l’excès.
Lorsque les trois arrières de base sont droitières, la circulation de balle peut devenir moins fluide et les transmissions vers le pivot plus prévisibles. C’est précisément ce que cherchera à provoquer le bloc central hongrois, emmené par Kelly Dulfer et Anna Lagerquist, déjà très efficaces dans ce secteur lors des précédentes confrontations face à Metz. L’objectif de Győr sera clair : couper la relation avec le pivot et pousser les Messines à trouver d’autres solutions.
Accélérer les transitions
Malgré la qualité du repli défensif hongrois, Brest a également réussi à faire mal en montée de balle. Les Hongroises concentraient une grande partie de leur vigilance sur les ailes, mais les Brestoises ont souvent trouvé des solutions dans l’axe grâce à des transmissions rapides.
Pour les joueuses de Metz, il sera essentiel de monter les ballons à plusieurs. Si le repli adverse se focalise sur Chloé Valentini et Lucie Granier, des espaces pourraient apparaître dans le cœur du jeu.
Une défense agressive pour pousser Győr au tir extérieur
Offensivement, la menace hongroise vient de partout. La performance de Johanna Bundsen a largement contribué au succès messin en demi-finale, et une nouvelle prestation de très haut niveau sera nécessaire. La suédoise a réalisé plusieurs arrêts sur les ailes. Même des joueuses de classe mondiale comme Emilie Hodven ou Csenge Fodor ont connu quelques difficultés.
Autre enseignement intéressant, les problèmes rencontrés par Valeriia Maslova et Elizabeth Omoregie face à l’agressivité défensive messine. Plusieurs ballons ont été récupérés avant d’être immédiatement convertis en contre-attaques. Une recette que les Dragonnes pourraient tenter d’appliquer face à la redoutable arrière néerlandaise Dione Housheer.
Le jeu de Győr repose avant tout sur des joueuses puissantes, rapides et capables de créer des décalages. Pour les Messines, l’une des clés sera peut-être de fermer les intervalles, d’orienter les Hongroises vers des tirs plus lointains et d’accompagner chaque tentative d’un contre défensif rigoureux.
Mais un élément pourrait également peser dans cette finale. Bruna de Paula, l’une des principales menaces offensives de Győr, a vu sa demi-finale s’arrêter prématurément après son carton rouge reçu en première période. Si cette exclusion a privé les Hongroises d’un atout majeur pendant une grande partie de la rencontre, elle a aussi permis à l’internationale brésilienne d’être préservée physiquement en vue de la finale. Les Dragonnes devront donc se préparer à affronter une joueuse fraîche et capable de faire basculer une rencontre à elle seule
L’exploit est possible
Si la logique place Győr dans la position de favori, la demi-finale face à Brest a démontré que le champion d’Europe n’était pas intouchable. En s’inspirant de certaines séquences brestoises, tout en restant fidèle à son identité de jeu, Metz possède des arguments pour faire vaciller le géant hongrois. Reste désormais à transformer les enseignements tactiques en exploit historique sur le terrain.




