Cette année, HandNews fait le tour des 12 équipes de Ligue Butagaz Énergie avant le début de la saison. Entre ambition de titre, course à l’Europe et lutte pour le maintien, les objectifs diffèrent selon les clubs. Pour ce onzième épisode, direction Metz, où les Dragonnes abordent une nouvelle saison avec le statut de championnes d’Europe et l’ambition de reconquérir le titre national.
Metz Handball, club féminin français le plus titré, aura longtemps couru après un triplé historique : championnat, Coupe de France et Ligue des champions. Cette saison encore, les Dragonnes sont passées tout près de réaliser cet exploit. Mais si le titre national leur a échappé, elles sont finalement revenues en Lorraine avec le plus prestigieux des trophées : la Ligue des champions.
La saison messine aura pourtant été marquée par quelques frustrations. Longtemps impériales en championnat, les Dragonnes ont fini par se heurter à des Brestoises revanchardes. Battues lors du match aller, elles ont malgré tout pris leur revanche au retour, sans parvenir à récupérer la première place. Metz a donc dû abandonner son rêve d’un 28e titre de champion de France et s’est contenté de sa 14e Coupe de France.
L’enjeu principal se trouvait finalement sur la scène européenne. Avec quatre participations au Final 4 de la Ligue des champions à son actif, Metz n’avait jusqu’alors jamais réussi à atteindre la finale. Les Dragonnes avaient terminé à trois reprises à la quatrième place et semblaient toujours buter sur ce fameux cap des demi-finales.
Pour leur cinquième participation, les Messines ont finalement réussi à briser cette malédiction. Face au CSM București en demi-finale, le jeune effectif lorrain a franchi pour la première fois ce cap tant attendu. Il restait alors un dernier obstacle, et pas des moindres. Face à l’ogre hongrois, Metz a cette fois parfaitement assumé son statut. Les Dragonnes ont résisté à la pression et se sont imposées pour la première fois de leur histoire en finale de la Ligue des champions. Un immense soulagement pour un club qui avait si souvent échoué à quelques pas du but.
Metz est ainsi devenu le premier club féminin français à remporter la Ligue des champions. Un sacre historique qui est venu effacer les quelques déceptions de la saison nationale. Le triplé n’aura donc pas été réalisé, mais le trophée européen a largement permis aux Dragonnes de terminer leur saison sur la plus belle des notes.
Le mercato des Dragonnes
Arrivées : Lilou Pintat (PV, JDA Dijon), Gabriela Moreschi (GB, CSM București), Lyndie Tchaptchet (PV, Bera Bera), Kristina Jørgensen (DC, Györ).
Départs : Sarah Bouktit (PV), Xenia Smits (ARG), Johanna Bundsen (GB), Grâce Zaadi (DC), Anne-Emmanuelle Augustine (PV), Catherine Gabriel (GB), Tyra Axner (ARG).
Metz doit composer avec plusieurs départs majeurs. Après neuf années au club, Sarah Bouktit avait annoncé en janvier son départ pour Györ. Révélée au plus haut niveau sous les couleurs messines, la pivot souhaitait franchir un nouveau cap avec l’un des meilleurs clubs européens.
Avant de partir, elle aura toutefois atteint l’objectif qu’elle s’était fixé avec Metz : remporter la Ligue des champions. Une manière de conclure son aventure lorraine en beauté, même si son départ laissera forcément un grand vide dans le secteur central. Meilleure buteuse de l’équipe, tireuse de jet de 7m et capable d’enchaîner les phases offensives et défensives, Sarah Bouktit occupait une place considérable dans le système messin.
Sa partenaire au poste de pivot, Anne-Emmanuelle Augustine, quitte elle aussi Metz pour rejoindre Dijon. Le club lorrain devait donc reconstruire son secteur et a choisi de miser sur deux jeunes pivots : Lilou Pintat et Lyndie Tchaptchet.
Pour la première, le choix apparaît comme une suite logique. Après avoir remporté la Ligue européenne avec Dijon et connu ses premières convocations avec l’équipe de France, Lilou Pintat va découvrir pour la première fois la Ligue des champions. Une nouvelle étape dans la carrière d’une joueuse ambitieuse, qui devra rapidement s’adapter aux exigences du plus haut niveau. Elle sera accompagnée par Lyndie Tchaptchet, arrivée de Bera Bera. La jeune pivot, sœur de Lysa Tchaptchet, a également effectué ses premiers pas avec la sélection espagnole. Metz mise donc sur un duo particulièrement jeune pour prendre la suite de ses deux pivots expérimentées. L’objectif ne sera pas nécessairement de reproduire ce qui existait auparavant, mais de construire un nouveau fonctionnement tout en conservant l’ADN messin.
Kristina Jørgensen, elle, n’en avait pas fini avec Metz. Après deux saisons en Hongrie, l’internationale danoise retrouve un club où elle avait particulièrement apprécié son passage et son style de jeu. Elle viendra épauler Léna Grandveau et Petra Vamos. Une joueuse qui connaît déjà le fonctionnement du club et qui ne devrait donc pas avoir besoin d’une longue période d’adaptation.
Sur le côté gauche, Tyra Axner, qui avait pris une place importante dans la rotation, n’a pas pu être conservée en raison du quota de joueuses étrangères. Pour la remplacer, Metz pourra s’appuyer sur Yvana Atangana, issue du centre de formation. Le club pourra également donner davantage de responsabilités offensives à Béchaïdelle Ngombele, qui avait surtout été utilisée dans un rôle défensif cette saison.
Enfin, le feuilleton des gardiennes continue à Metz. La saison dernière, le club avait recruté en urgence Johanna Bundsen, arrivée en provenance d’Allemagne. Ce recrutement avait une nouvelle fois conduit à une situation à trois gardiennes, avant que Catherine Gabriel ne soit progressivement écartée de la rotation. Pour éviter de revivre la même situation et préparer sereinement la saison suivante, Metz avait cette fois anticipé en recrutant Gabriela Moreschi, en provenance du CSM București. Le club pensait ainsi avoir trouvé une nouvelle stabilité avec un duo composé de la Brésilienne et de Sabrina Novotna. Mais le scénario a une nouvelle fois changé. Victime d’une blessure au genou lors du Final 4 de la Ligue des champions, Moreschi devrait finalement être éloignée des terrains pour une longue période. Un coup dur pour Metz, d’autant que le marché des gardiennes est désormais largement avancé.
Le club lorrain doit donc, pour le moment, faire confiance à Sabrina Novotna, accompagnée par Maëlle Landriau, la gardienne issue du centre de formation, initialement recrutée pour jouer avec la N1. Metz pourrait évidemment rester à l’affût d’une opportunité, mais devra composer avec cette situation pendant un certain temps.
Une nouvelle organisation à construire
Ces nombreux départs obligent Metz à repenser une partie de son organisation. Le club avait déjà dû s’adapter cette saison à l’absence de Xenia Smits, avec l’arrivée de Grâce Zaadi, qui avait permis de solidifier le secteur central. Mais avec les départs successifs de Xenia Smits, Grâce Zaadi, Sarah Bouktit et Anne-Emmanuelle Augustine, le secteur central va devoir être largement réorganisé. Les deux jeunes pivots auront certainement un rôle important à jouer dans le dispositif défensif,
tandis que Kristina Jørgensen pourra également apporter son expérience. Béchaïdelle Ngombele, qui avait davantage évolué dans un rôle défensif cette saison, pourrait elle aussi prendre davantage de responsabilités.
Bonne nouvelle pour Metz, Laura Schneider (ex-Flippes) revient en pleine forme. Après avoir donné naissance à des jumeaux, l’internationale française a effectué son retour à la compétition. Son retour apporte une solution supplémentaire sur le côté droit, notamment dans un effectif où les possibilités de changement attaque-défense devront être repensées. Avec Albek qui n’est pas utilisée en défense, Laura Schneider peut permettre à Emmanuel Mayonnade de conserver une gauchère sur le terrain lors du changement de terrain.
Sur la base arrière, Tyra Axner avait également pris une place importante dans la rotation la saison dernière. Ce pourrait désormais être au tour de Lylou Borg de prendre davantage de responsabilités.
Et sur les ailes, en revanche, pas de changements à prévoir. Le jeu messin devrait continuer à s’appuyer sur beaucoup de vitesse.
Avec un effectif en reconstruction, la gestion des rotations sera également essentielle. La saison dernière, Emmanuel Mayonnade avait parfois choisi de donner davantage de responsabilités à certaines joueuses moins utilisées, notamment lors de la dernière journée face à Plan-de-Cuques. Ces rotations seront encore plus importantes avec un calendrier qui s’annonce particulièrement chargé.
Difficile de viser moins
Après avoir enfin décroché le trophée qui lui manquait, Metz peut difficilement revoir ses ambitions à la baisse. Le fantasme d’un triplé historique restera forcément dans un coin des têtes messines, mais l’effectif devra d’abord digérer les nombreux changements intervenus à l’intersaison.
Le championnat sera évidemment l’un des grands objectifs. Revanchard après avoir laissé échapper le titre la saison dernière, Metz voudra récupérer sa couronne nationale, dans une compétition qui adopte cette saison une nouvelle formule. La Coupe de France restera également dans le viseur des Dragonnes.
En Ligue des champions, le défi sera toujours aussi relevé. Metz évoluera dans une poule particulièrement dense, où il retrouvera notamment Sarah Bouktit avec Györ, ainsi qu’Odense, qui a réalisé un mercato XXL.
Le statut de champion d’Europe change la donne. Les adversaires seront forcément encore plus motivés face à la formation lorraine, qui sera désormais l’équipe à battre. L’objectif sera donc de conserver le trophée et de retourner une nouvelle fois à Budapest, qui n’est désormais plus synonyme de désillusion pour les Messines.

La joueuse à suivre : Lilou Pintat
Lilou Pintat a terminé la saison dernière de la plus belle des manières avec son club formateur, Dijon, en remportant la Ligue européenne. Mais la pivot nous avait confié la saison dernière son ambition de franchir un nouveau cap et de découvrir jusqu’où elle pouvait aller.
Lorsque Metz lui a proposé de rejoindre ses rangs, le choix semblait donc logique. Celle qui a effectué ses premiers pas en équipe de France A souhaite désormais gravir les échelons et découvrira pour la première fois la Ligue des champions.
Avec les départs de Sarah Bouktit et Anne-Emmanuelle Augustine, elle n’aura surtout pas un rôle de second plan. Lilou Pintat devrait rapidement être amenée à prendre des responsabilités et pourrait être titularisée ou bénéficier d’un temps de jeu conséquent. Le jeu messin s’appuie traditionnellement beaucoup sur ses pivots. Elle devra donc rapidement trouver ses automatismes avec ses nouvelles partenaires.
Peut-être moins imposante physiquement que certaines de ses prédécesseures, Lilou Pintat possède une bonne lecture du jeu et une mobilité intéressante. Elle devra désormais élever encore son niveau face aux défenses européennes, plus physiques et plus expérimentées.




