Cette année, HandNews fait le tour des 12 équipes de Ligue Butagaz Énergie avant le début de la saison. Entre ambition de titre, course à l’Europe et lutte pour le maintien, les objectifs diffèrent selon les clubs. Pour ce huitième épisode, direction Dijon, où la JDA aborde cette nouvelle saison avec le statut de championne d’Europe et l’ambition de retrouver le podium en championnat.
La saison dernière restera à jamais gravée dans l’histoire de la JDA Dijon. Pour la première fois de son histoire, le club bourguignon a remporté un trophée européen, au terme d’une campagne exceptionnelle conclue à domicile. Un sacre qui s’est accompagné d’une cinquième place en Ligue Butagaz Énergie et d’une finale de Coupe de France. Un bilan forcément particulier, après une troisième place en championnat et une troisième place en Ligue européenne la saison précédente, jusqu’alors les deux meilleurs résultats de l’histoire du club.
La pression sera donc forcément différente cette saison. Comment faire aussi bien en Europe tout en retrouvant les sommets du championnat ? Car si la saison dijonnaise a été couronnée par un titre historique, elle n’a pas été linéaire.
En championnat, Dijon a connu un début d’exercice délicat avec plusieurs défaites face à des concurrents directs pour les places européennes, notamment Saint-Amand, Chambray et Nice. Les Bourguignonnes ont toutefois rapidement redressé la barre pour terminer cette première partie de saison avec cinq victoires pour quatre défaites.
Sur la scène européenne, le parcours a également été loin d’être un long fleuve tranquille. Dès le troisième tour de qualification face à Bera Bera, les Dijonnaises ont été mises en difficulté, avec une défaite lors du match aller en Espagne. Dos au mur, elles ont su renverser la situation à domicile. La qualification s’est finalement jouée aux tirs au but, une séance complètement manquée par les Espagnoles, permettant à la JDA de poursuivre son aventure.
La suite a été plus maîtrisée. Dijon a terminé en tête de son groupe pour se qualifier en quarts de finale, puis a décroché son billet pour le Final 4. Restait alors à connaître le lieu de cette dernière étape. Quelques semaines avant le grand rendez-vous, le club a finalement appris qu’il accueillerait le Final 4 à domicile.
Une occasion que les joueuses de Dijon n’ont pas laissée passer. Devant une salle comble et entièrement acquise à leur cause, les Bourguignonnes ont d’abord franchi le cap des demi-finales pour la première fois de leur histoire en venant à bout d’Esztergomi.
En finale, elles ont ensuite réalisé un véritable exploit face à Thüringer. Menées de neuf buts, les Dijonnaises ont trouvé les ressources pour revenir dans la rencontre, profitant notamment de la sortie sur blessure de la demi-centre allemande. Portées par leur public, elles ont finalement décroché le premier titre européen de l’histoire de la JDA Dijon.
Après toutes ces émotions, il fallait encore terminer la saison nationale. Les Dijonnaises ont également atteint la finale de la Coupe de France, mais sont tombées sur un Metz Handball revanchard après avoir échoué de peu dans la course au titre de champion de France.

En championnat, la fin de saison a également été sous tension. Avant le sacre européen, Dijon devait impérativement remporter ses deux dernières rencontres pour sécuriser sa place européenne. La victoire en Ligue européenne a finalement changé la donne puisque le titre garantissait une qualification continentale, quel que soit le classement final.
Libérées de cette pression, les Bourguignonnes ont terminé leur championnat par une victoire et une cinquième place. Une position en retrait par rapport à la troisième place de la saison précédente, mais largement compensée par un titre européen historique.
Le mercato de la JDA
Arrivées : Anne-Emmanuelle Augustine (PV, Metz), Déborah Lassource (ARD, Dortmund), Léna Ivancok (GB, Neckarsulm), Ida-Marie Dahl (PV, Györ).
Départs : Lilou Pintat (PV), Kenza Bouguerch (PV), Nadia Mielke-Offendal (DC), Gnonsiane Niombla (ARG, retraite), Ann-Cathrin Giegerich (GB, retraite).
Le mercato de la JDA n’a pas bouleversé l’effectif, mais le club a choisi de renforcer certains secteurs, notamment au poste de pivot. Formée à Dijon, Lilou Pintat a choisi de rejoindre Metz pour poursuivre sa progression et découvrir la Ligue des champions.
Le club a fait donc le choix de recruter deux pivots. Anne-Emmanuelle Augustine arrive ainsi de Metz, où elle a notamment découvert la Ligue des champions et remporté le titre de championne d’Europe, le premier de l’histoire du club messin. Quelques semaines plus tard, Dijon a réalisé un nouveau joli coup avec l’arrivée d’Ida-Marie Dahl, en provenance de Györ. Internationale danoise, elle a été élue meilleure pivot du championnat danois lors de la saison 2025-2026. Arrivée à Györ en février dernier comme joker médical, elle a disputé la fin de la campagne de Ligue des champions avec le club hongrois, jusqu’à la finale.
Avec trois pivots dans son effectif, la JDA a fait le choix de densifier ce secteur afin de répondre à l’évolution de la feuille de match, passée à 16 joueuses.
Sur la base arrière, Nadia Mielke-Offendal, blessée durant toute la fin de saison et absente du Final 4, quitte la France pour retrouver le Danemark. Gnonsiane Niombla met quant à elle un terme à sa carrière après un peu plus d’une saison sous les couleurs dijonnaises.
Pour compenser ces départs, Déborah Lassource effectue son retour en France après son expérience à Dortmund. Le club a aussi décidé de faire confiance à sa formation avec Amel Dury. Alors qu’elle devait initialement rejoindre l’USAM en deuxième division, la jeune joueuse est finalement restée en Bourgogne et signe son premier contrat professionnel avec son club formateur.
Dans les cages, Ann-Cathrin Giegerich a également pris sa retraite. Léna Ivancok, jeune gardienne autrichienne en provenance de Neckarsulm, vient compléter le duo avec Manuel Dos Reis.
La JDA Dijon conserve donc l’essentiel de son ossature. Quelques joueuses importantes sont parties, mais les automatismes et le collectif qui ont permis au club de décrocher le titre européen restent largement présents. Le club pourra toujours compter sur Stine Norklit Lonborg, auteure de 107 buts sur 179 tirs la saison dernière, mais aussi sur Nina Durry, prolongée après une saison à 99 buts sur 150 tirs. Maureen Gayet restera également un élément important, tout comme Adrianna Holejova, moins en vue en championnat mais élue MVP du Final 4 après avoir été déterminante dans le sacre européen.
Avec une équipe capable de compter sur plusieurs armes offensives et sur une jeunesse qui continue de prendre de la place, Dijon dispose d’une base solide pour repartir à l’assaut.
Faire aussi bien en Europe, et mieux en championnat
La force de Dijon réside dans son caractère. À plusieurs reprises la saison dernière, les joueuses ont démontré leur capacité à revenir de situations compromises, notamment grâce à une défense agressive et capable de changer de visage. Le passage en 3-2-1 a notamment permis aux Dijonnaises de renverser des rencontres mal embarquées, à l’image de la finale européenne face à Thüringer.
Cette capacité à se dépasser dans les grands rendez-vous devra désormais se traduire davantage en championnat. Car si Dijon a été capable de battre les meilleures équipes sur la scène européenne, le club a parfois manqué de constance en LBE, notamment face à des formations moins bien classées.
La longue campagne européenne et les nombreuses échéances ont également pesé sur la fin de saison. Mais avec un titre continental dans les mains, la cinquième place finale laisse un goût d’inachevé sur le plan national.
Les championnes d’Europe auront donc certainement à cœur de retrouver le top 3 cette saison. Le défi sera également de conserver suffisamment d’énergie sur la durée pour retourner au Final 4 européen pour la troisième année consécutive, tout en évitant de devoir attendre les dernières journées de championnat pour sécuriser une nouvelle qualification européenne. Et pourquoi pas ajouter une nouvelle finale de Coupe de France au parcours ?

La joueuse à suivre : Ida-Marie Dahl
Pour sa première expérience en France, Ida-Marie Dahl sera forcément l’une des joueuses à suivre du côté de Dijon.
La pivot danoise n’a disputé que quelques mois de la saison dernière avec Györ, qu’elle avait rejoint en tant que joker médical. Mais cette expérience lui a permis de découvrir le très haut niveau européen et de disputer notamment la fin de la campagne de Ligue des champions jusqu’à la finale.
Élue meilleure pivot du championnat danois en 2025-2026, Ida-Marie Dahl possède un profil particulièrement intéressant. Mobile, capable de se faufiler dans les espaces et de trouver les bonnes positions près de la zone, elle arrive à Dijon avec l’occasion de prendre une place importante dans la rotation.
Dans un effectif qui compte désormais trois pivots, son expérience récente au plus haut niveau pourrait également être précieuse pour accompagner les ambitions de la JDA, aussi bien en France qu’en Europe.




