Nick Kyrgios a passé une grande partie de ces dernières années à tenter de retrouver une condition physique suffisante pour reprendre la compétition régulièrement. Mais son dernier problème ne concerne désormais plus ses blessures.
L’Australien de 31 ans a été provisoirement suspendu dans le cadre du Programme antidopage du tennis, après qu’un échantillon fourni lors de l’ATP 250 de Majorque, le 22 juin, a révélé la présence de benzoylecgonine, un métabolite de la cocaïne. Un laboratoire accrédité par l’AMA a confirmé le résultat le 17 juillet, tandis que la suspension provisoire obligatoire est en vigueur depuis le 4 août.
Kyrgios avait obtenu une invitation pour participer au tournoi de Majorque, où il s’était incliné au premier tour face à son compatriote Adam Walton (6-3, 6-4). Il avait ensuite effectué son retour à Wimbledon en double, aux côtés d’Alexander Bublik, mais les deux hommes avaient été battus par Marcelo Arevalo et Mate Pavic (6-3, 6-4).
Cette affaire suscite d’autant plus de réactions que Kyrgios avait été l’un des joueurs les plus virulents lorsque Jannik Sinner et Iga Swiatek avaient eux-mêmes été impliqués dans des procédures antidopage.
Moron réagit à l’affaire Kyrgios après ses précédentes critiques
Le journaliste espagnol spécialisé dans le tennis Jose Moron a directement fait référence à ce passé après l’annonce de l’ITIA.
Le rédacteur en chef de Punto de Break a livré plusieurs réflexions sur la situation de l’Australien, en s’attardant d’abord sur les déclarations de Kyrgios au sujet de Sinner et Swiatek.
“A couple of things about this. First, Kyrgios was one of the most critical of Sinner or Swiatek when their positive tests became known. He talked about it being a disgrace for the sport and things like that. All of this has now blown up in his face,” Moron wrote, as translated.
Kyrgios s’était montré particulièrement direct en décembre 2024, lorsqu’il avait commenté les deux affaires. Il avait critiqué la manière dont elles avaient été gérées et s’était vivement interrogé sur leurs conséquences pour l’intégrité du tennis professionnel.
Moron a toutefois reconnu à Kyrgios le mérite de ne pas chercher à fuir ses responsabilités.
“Second, I applaud him for admitting what he has done and not hiding. Others don’t do the same and come up with a thousand excuses to justify it. He hasn’t, and he will face all the consequences, which will not be few.
Third, the news is not that surprising. We know Kyrgios and his reputation as a party guy who stays out until the early hours, even in the middle of tournaments.
Fourth, it makes me sad that tennis is once again making headlines today for something like this.
Fifth, I don’t understand why, out of the three tournaments Kyrgios played this year, he decided to compete in one after using drugs, knowing that he could be tested and return a positive result.”
L’ITIA n’a pas encore annoncé de sanction définitive. Dans son communiqué, l’instance a uniquement confirmé la suspension provisoire, une décision que Kyrgios peut contester en appel. L’agence a précisé qu’il ne l’avait pas encore fait au 19 août. Pendant sa suspension, l’Australien ne peut ni jouer, ni entraîner, ni assister à des événements sanctionnés par l’ATP, la WTA, les tournois du Grand Chelem, World Tennis ou les fédérations nationales.
Kyrgios assume ses responsabilités après une période difficile
Kyrgios s’est exprimé lui-même sur Instagram et n’a pas contesté le résultat positif de son contrôle.
“I made a huge mistake and I take full responsibility for it,” he said.
L’ancien finaliste de Wimbledon a également présenté ses excuses à ses proches et à ses supporters, en particulier aux jeunes fans qui le prennent pour modèle. Il a reconnu être profondément déçu de lui-même au regard de l’exemple donné par cet incident.
Kyrgios a aussi évoqué les dernières années, tout en insistant sur le fait qu’il ne cherchait pas à se trouver des excuses. Des problèmes au poignet et au genou ont fortement limité son calendrier depuis 2023, et il a manqué l’intégralité de la saison 2024.
L’Australien a expliqué que ces difficultés physiques avaient également eu un impact sur son état mental. Il a admis que son corps ne lui permettait plus de faire ce qu’il souhaitait et que l’idée de se rapprocher de la fin de sa carrière s’était révélée bien plus difficile à accepter qu’il ne l’imaginait.
La situation est bien différente de celle que Kyrgios connaissait en 2022. Cette année-là, il avait atteint sa première finale en simple dans un tournoi du Grand Chelem, à Wimbledon, avant de remporter le tournoi de Washington. Depuis, les blessures l’ont empêché de retrouver régulièrement un tel niveau.
Kyrgios a confié s’être parfois senti impuissant et seul face à ces problèmes. Il a désormais décidé de se retirer des réseaux sociaux et de la vie publique pendant 28 jours afin de se recentrer sur lui-même, alors que la procédure antidopage se poursuit.
“I’m sorry. I’ll do the work and come back better,” Kyrgios said.
Pour l’heure, aucune date de retour n’a été confirmée. L’avenir immédiat de Kyrgios sur les courts dépendra de l’issue de la procédure antidopage. Le joueur australien a toutefois clairement indiqué que sa priorité était désormais d’assumer ses responsabilités et de faire face aux conséquences de cette affaire.




