Avant que les meneurs, arrières et ailiers ne prennent progressivement le pouvoir en NBA, les pivots régnaient presque sans partage sur la ligue. Julius Erving a connu cette époque de très près.
« Je pense que tout le monde sait que les ailiers et les meneurs/arrières dominent le jeu d’aujourd’hui », a-t-il ainsi expliqué. « Sauf qu’à mon époque, c’était un jeu dominé par les pivots. Dans les faits, tous les MVP de 1966 à 1982 étaient des pivots. Oscar Robertson était le dernier avant cette série, puis j’ai été une exception au cours de la période. Soudainement, ce sont ensuite les meneurs/arrières et les ailiers qui ont commencé à rafler les titres de MVP dans la ligue. »
La chronologie de « Dr. J » est légèrement approximative, mais l’idée est là. Entre 1965 et 1980, tous les MVP furent des pivots, de Bill Russell à Moses Malone en passant par Wilt Chamberlain, Kareem Abdul-Jabbar ou Bill Walton. Julius Erving mit fin à cette domination en 1981, avant que Moses Malone ne récupère le trophée en 1982 puis 1983.
Depuis, le rapport de force a largement évolué, même si Nikola Jokic et Joel Embiid ont récemment rappelé que les grands pouvaient toujours dominer la course au MVP.
Un joueur capable de changer les règles ?
Pour Julius Erving, Victor Wembanyama pourrait toutefois aller encore plus loin et ouvrir une nouvelle période de domination des intérieurs.
« [Cette tendance] s’est poursuivie jusqu’à aujourd’hui », a-t-il poursuivi au sujet de la montée en puissance des joueurs extérieurs. « Même si je pense que [Victor Wembanyama] va changer les choses. »
Le Français, déjà installé parmi les principaux candidats au MVP 2027, possède effectivement un profil difficile à comparer à ceux de ses prédécesseurs. À 2m24, sa mobilité, sa capacité à créer balle en main, à tirer de loin et à protéger le cercle brouillent les frontières traditionnelles entre les postes.
Et Julius Erving n’est pas la première légende des années 1970 et 1980 à voir en lui un joueur potentiellement révolutionnaire. Cette année, Robert Parish avait tenu un discours similaire sur le Français.
« Il pourrait bien faire partie de cette catégorie de joueurs pour lesquels il a fallu changer le jeu, réécrire les règles », déclarait ainsi le « Chief ». « S’il continue son développement sur la trajectoire qui est sienne en ce moment, ils vont devoir changer les règles, parce qu’il est déjà quasiment indéfendable aujourd’hui. Il peut obtenir presque n’importe quel tir dès qu’il le souhaite. »
Après Jokic et Embiid, Victor Wembanyama ne serait donc pas forcément celui qui ramènerait les pivots au sommet. Mais il pourrait être celui qui redéfinit une nouvelle fois ce que le poste est capable de produire en NBA.
| Victor Wembanyama | Pourcentage | Rebonds | |||||||||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Saison | Equipe | MJ | Min | Tirs | 3pts | LF | Off | Def | Tot | Pd | Fte | Int | Bp | Ct | Pts |
| 2023-24 | SA | 71 | 29:40 | 46.5 | 32.5 | 79.6 | 2.3 | 8.4 | 10.6 | 3.9 | 2.2 | 1.2 | 3.7 | 3.6 | 21.4 |
| 2024-25 | SA | 46 | 33:12 | 47.6 | 35.2 | 83.6 | 1.8 | 9.2 | 11.0 | 3.7 | 2.3 | 1.1 | 3.2 | 3.8 | 24.3 |
| 2025-26 | SA | 64 | 29:09 | 51.2 | 34.9 | 82.7 | 2.0 | 9.5 | 11.5 | 3.1 | 2.4 | 1.0 | 2.4 | 3.1 | 25.0 |
Comment lire les stats ? MJ = matches joués ; Min = Minutes ; Tirs = Tirs réussis / Tirs tentés ; 3pts = 3-points / 3-points tentés ; LF = lancers-francs réussis / lancers-francs tentés ; Off = rebond offensif ; Def= rebond défensif ; Tot = Total des rebonds ; Pd = passes décisives ; Fte : Fautes personnelles ; Int = Interceptions ; Bp = Balles perdues ; Ct : Contres ; Pts = Points.




