La tournée d’adieu a commencé pour Gaël Monfils. À 39 ans, le Parisien savoure chaque tournoi comme un dernier chapitre. Et l’émotion montera encore d’un cran en octobre prochain : sa présence à l’ATP de Lyon 2026 (du 18 au 25 octobre) a été officialisée. Une répétition générale avant ce qui s’annonce comme une véritable ébullition au Rolex Paris Masters, où le public français devrait lui offrir une sortie à la hauteur de son charisme.
Dans un entretien accordé à “Silver State Sports & Entertainment Network”, Monfils s’est livré avec lucidité sur ceux qui ont marqué son parcours : les trois monstres sacrés d’une génération dorée — Novak Djokovic, Rafael Nadal et Roger Federer.
Et le verdict est clair
« Si je dois désigner le numéro un pour moi le meilleur joueur de l’histoire, c’est Novak. Je ne l’ai jamais battu… Peut-être que cette année sera ma dernière opportunité si je le rejoue « , glisse-t-il avec un sourire. Puis il explique, presque philosophe : « Le tennis, c’est un dialogue permanent. On pose une question, l’autre répond. Avec lui, j’avais l’impression qu’il avait toujours la solution. Quoi que je tente, il trouvait la clé. «
Aucune amertume, simplement du respect : Djokovic, dit-il en substance, était un casse-tête grandeur nature, un joueur capable d’absorber, d’analyser et de neutraliser toutes les variations. « Trop complet, trop solide. Une légende, tout simplement. »
Nadal plus accessible
Face à Nadal, l’histoire était différente : « Contre Rafa, je savais que je pouvais gagner. Mais il m’a battu beaucoup plus souvent que l’inverse. » Deux victoires seulement pour le Français. L’Espagnol imposait une bataille physique brutale, un rythme étouffant, amplifié par ce lift de gaucher qui changeait tous les angles : « Il vous emmenait dans un combat. Et il adorait ça. «
Et Federer dans tout cela?
Quant à Federer, Monfils évoque presque un joueur d’échecs. « Roger allait plus vite que vous. Dans la tête, dans les jambes, dans l’exécution. Vous pensiez avoir une idée ? Il l’avait déjà anticipée. « . Il insiste sur cette capacité unique à se sortir des situations impossibles, avec une élégance presque insolente : » Sa lecture du jeu, sa finesse… c’était autre chose. «
Trois styles. Trois défis. Trois légendes.
Mais au-delà des statistiques et des défaites, Monfils retient autre chose : le privilège. » Les affronter, les côtoyer, partager cette époque… c’était magnifique. Et, honnêtement, je me suis amusé. «
C’est peut-être ce qui définit le mieux la “Monf” : un compétiteur spectaculaire qui aura traversé l’ère la plus exigeante de l’histoire du tennis sans jamais perdre le goût du show. En 2026, il ne court plus après les classements. Il court après les émotions. Lyon pour l’hommage régional. Paris pour l’explosion finale.
Et si le rideau tombe bientôt, il le fera avec le sourire — celui d’un joueur qui aura affronté les plus grands, sans jamais cesser d’être lui-même.




