Pour ceux qui n’ont pas vécu les sacres de l’équipe de France à
la Coupe du monde 1998 et à l’Euro 2000, avec Zinédine Zidane en
numéro 10 vedette, Frank Lebœuf était un joueur contesté chez les
Bleus. Le défenseur central était alors bien plus respecté par les
fans de Chelsea. Il était un roc en Premier League. Le numéro 18 a
été peu mis en avant pour sa prestation en finale du Mondial contre
le Brésil (3-0), face à un Ronaldo certes diminué, alors que
Laurent Blanc avait été exclu en demie contre la Croatie.
Frank Lebœuf, qui fête ses 57 ans ce jeudi, avait de toute
manière déjà pris sa revanche sur le football. Il vient du monde
amateur ! Natif de Marseille, il a grandi dans le Var, à
Saint-Cyr-sur-Mer, entre La Ciotat et Toulon, et a toujours aimé le
ballon rond. Et pour cause. Son père était passé par le Stade de
Reims plus jeune, avant d’être plombier et entraîneur des jeunes à
Saint-Cyr. A 15 ans, le milieu de terrain (à l’époque) a intégré le
centre de formation du Sporting Toulon, mais cela a viré au
cauchemar.
Le champion du monde 98 a raconté cette expérience dans Var
Matin en 2019: « Je réponds: centre de déformation. Les
responsables de l’époque dont Gaby Robert ont tellement cassé les
pieds à mon père pour que j’intègre le centre. J’avais 16 ans et
j’ai arrêté mes études. La première saison, il y a peu de choses à
dire, mais la deuxième a été une catastrophe. On était en
sureffectif de stagiaires. J’ai vécu des moments difficiles jusqu’à
mes 18 ans. J’en ai pleuré plusieurs fois ».
Frank Lebœuf replacé défenseur en D3
De retour à la case départ à 18 ans, Frank Lebœuf évolue au
Hyères FC en 1986, à défaut d’intégrer la réserve de l’OM. Il ne
trouve qu’un point de chute à Meaux, en troisième division. Après
avoir été ouvrier au marché aux fleurs de Hyères, le voilà
démarcheur pour une société de vêtements en région parisienne ! Sur
le terrain, le Varois est replacé défenseur et brille ! L’AJ
Auxerre s’intéresse à lui mais Lebœuf opte pour le Stade lavallois,
où il va devenir joueur professionnel. Avant de devenir une
référence de D1 avec le
RC Strasbourg, de 1990 à 1996.
« Je n’avais que très peu de solutions de repli. C’est très
difficile à vivre à cet âge surtout lorsque vous êtes entouré de
gens très amateurs. Néanmoins, j’ai toujours cru en moi et je
pensais que les autres se trompaient. Finalement, je remercie
Toulon de m’avoir viré. Le reste de ma carrière prouve que
finalement j’avais un rôle à jouer dans le monde du foot », a
conclu l’ex-capitaine des Blues de Chelsea à Var
Matin.



