Au-delà de l’argent et de la
notoriété, le métier de footballeur comporte son lot de déconvenues
et de désillusions. Parfois destructrices.
Le football
professionnel dans l’inconscient collectif rime avec
la gloire, le strass, les paillettes et beaucoup d’argent,
énormément même. Seule l’élite de l’élite est concernée par ce
tableau mais, aussi privilégiés soient-ils, les footballeurs ont un
prix à payer pour cela. Un lourd tribut qui ne s’arrête pas aux
sacrifices consentis dès le plus jeune âge, souvent loin de la
famille, pour parvenir à leurs fins.
Le tout frais retraité Gaël Kakuta témoigne de cette charge qui
pèse sur les épaules des fameux footeux. Et il n’hésite pas à
dépeindre un univers gris et toxique pouvant parfois mener à de
graves dépressions. « 90%, je dirais même 99,9% des
footballeurs sont tristes », confie-t-il ainsi au média en
ligne Capté ce mercredi, avouant avoir été lui-même « en plein
dedans » et « dans le déni ».
« Ils ont un fardeau très lourd à porter et il y a de très
grosses responsabilités sur eux. Personne ne se soucie de comment
ils se sentent vraiment et tu es dans un monde où il faut être
performant », développe l’ancien milieu de terrain aujourd’hui
âgé de 35 ans. Un joueur passé par Chelsea, où il a parachevé sa
formation, et qui en France a porté les maillots de Lens et
d’Amiens.
Des « produits » pour tenir le coup
Dans sa carrière, Gaël Kakuta a connu 15 clubs différents et
vécu pas moins de 19 transferts ou prêts. Une instabilité qui
n’aide pas à se construire, naturellement, d’autant que l’entourage
n’est pas toujours un soutien dans ces cas-là. « Tu ne sais pas
qui est autour aussi, tu ne sais pas qui est là pourquoi… Tes
relations, tu ne sais pas si elles sont réelles. Il y en a qui se
mettent dans une bulle, ils tirent un peu sur tout le monde sans
vraiment prendre conscience de ce qui se passe réellement. Une très
grosse partie porte des masques. Ils en portent car, que ce soit
chez eux, dans leur famille, leurs relations avec leurs amis:
est-ce qu’ils sont vraiment vus, écoutés. Ce sont des bouts de
viande », estime l’ancien international congolais, passé par
l’équipe de France Espoirs.
« C’est bien de prétendre être joyeux, mais la nuit, est-ce
que tu dors ? Certains ne dorment pas et sont obligés de prendre
des produits, précise encore le gaucher au près de 400 matches
à l’échelle professionnelle. Si tu consommes ça tout le temps,
c’est au-delà de la fatigue. Il y en a qui peuvent faire la fête,
d’autres c’est la console, il y a plein de sortes de dopamine qui
te mènent en dehors de la réalité. Beaucoup fuient la solitude car
affronter la solitude, c’est t’affronter toi-même. » Triste
constat en effet.




