Fragilisé par l’abandon de son
projet de privatisation de la Coupe du monde, Gianni Infantino voit
la pression monter.
Gianni Infantino fait face à une pression sans précédent. Au
cœur de la polémique après son projet avorté de privatisation de la
Fifa, le président de l’instance mondiale voit désormais son avenir
sérieusement menacé. Sa tentative de céder 30 % des droits
commerciaux de la Coupe du monde à des investisseurs privés a
provoqué une véritable levée de boucliers, notamment du côté de
l’UEFA.
Selon The Telegraph, l’instance européenne est
désormais prête à passer à l’offensive. Si Gianni Infantino refuse
de démissionner, l’UEFA pourrait déclencher une motion de censure à
son encontre. Les 55 fédérations membres soutiendraient cette
initiative, alors que seulement 43 voix sont nécessaires pour
lancer la procédure.
Samedi, l’UEFA a officiellement annoncé avoir perdu confiance en
son président. L’organisation dirigée par Aleksander Ceferin
reproche au Suisse de ne pas avoir respecté ses engagements en
matière de transparence et de ne pas utiliser les importantes
réserves financières de la Fifa pour favoriser le développement du
football mondial.
Un projet avorté
À l’origine de cette crise, le projet porté par Gianni Infantino
de vendre 30 % des droits commerciaux de la Coupe du monde à des
investisseurs privés. Une opération qui aurait permis à ces
derniers de prendre le contrôle d’une partie des revenus générés
par les principales compétitions masculines et féminines de la
Fifa. L’UEFA avait alors accusé l’instance mondiale de vouloir
« vendre l’âme du football », avant que ses 55 fédérations
membres ne votent à l’unanimité en faveur d’un boycott de la Coupe
du monde.
Malgré le soutien affiché de la Fifa à son projet, la fronde
s’est rapidement étendue. Après l’UEFA et la CONCACAF, la
Confédération asiatique (AFC) a elle aussi annoncé son opposition,
affirmant agir « en solidarité avec l’UEFA et la CONCACAF pour
protéger la Coupe du monde ». Privé du soutien de la majorité
des 211 fédérations membres, Gianni Infantino n’a finalement eu
d’autre choix que de retirer son projet. Une reculade qui pourrait
toutefois ne pas suffire à sauver son mandat.




