La fin d’une ère. Selon L’Equipe, un protocole d’accord de vente a été signé ce mardi entre Waldemar Kita, propriétaire des Canaris depuis 19 ans, et un groupement d’investisseurs. Cette signature marque l’ultime étape avant la finalisation d’un rachat historique pour le club ligérien.
Au cœur de cette opération de rachat figure l’entrepreneur et conseiller sportif Paulo Tavares, qui dirige l’entité Phenix Sports Invest (émanation de Phenix Capital, basée au Luxembourg). Ce dernier mène un pool composé d’investisseurs privés originaires de France, du Portugal et du Luxembourg.
Le montant financier évoqué fait déjà couler beaucoup d’encre. Alors que certaines sources parlent d’un rachat avoisinant les 100 millions d’euros hors bonus, d’autres avancent une somme grimpant jusqu’à 125 millions d’euros. Des chiffres vertigineux qui ont de quoi étonner, Paulo Tavares affirmant de son côté avoir déjà réuni plus de 300 millions d’euros pour porter son projet de développement.
Des chiffres qui posent question
Ces montants paraissent en effet très éloignés de la réalité économique actuelle des Canaris. Relégué en Ligue 2, le FC Nantes traverse une zone de grosses turbulences : un club sportivement en difficulté, des infrastructures de La Jonelière vieillissantes et un Stade de la Beaujoire obsolète. Pour beaucoup d’experts et de supporters, une valorisation estimée entre 20 et 40 millions d’euros semblait bien plus cohérente avec l’état réel de l’institution.
Au-delà des chiffres, la personnalité même du futur acquéreur alimente la méfiance de l’environnement nantais. Ancien agent de joueurs, Paulo Tavares n’en est pas à son coup d’essai : il avait déjà tenté, sans succès, d’acquérir Valenciennes en 2019, Saint-Étienne en 2023, ou encore le club suisse de Neuchâtel aux côtés d’un homme d’affaires tchétchène. Son profil de « beau parleur » et son passif d’échecs répétés nourrissent de nombreuses incertitudes chez les supporters.
Bien qu’il promette de redorer le blason d’un club dont il dit connaître l’histoire, le projet de Paulo Tavares se heurte déjà à de premiers refus. Si le nom de Jérôme Champagne circule avec insistance pour occuper le poste de président, l’ancien entraîneur emblématique Vahid Halilhodzic, approché pour endosser le rôle de manager général, a poliment décliné la proposition.
Mais avant d’imaginer le futur visage du FC Nantes, la priorité reste la validation administrative et financière du dossier par la DNCG, qui devra vérifier la solidité réelle des garanties apportées par ce nouveau pool d’investisseurs.














