Le nouveau sélectionneur de
l’équipe de France, Zinédine Zidane, n’était pas forcément
prédestiné au rôle de coach. Quoique…
Après cinq années de retraite, après avoir tout gagné avec le
Real Madrid, voilà Zinédine Zidane de retour aux affaires, aux
commandes d’une équipe de
France qui lui était promise sitôt l’ère de Didier
Deschamps achevée. Pour son ami de toujours Christophe Dugarry, il
s’agit là d’un aboutissement logique. Mais l’itinéraire de l’ancien
meneur de jeu des Bleus n’était pas une évidence pour autant.
« Cela peut paraître idiot, mais je ne me l’imaginais pas
avant. J’étais persuadé qu’il resterait dans le foot, mais je le
voyais dans un rôle de président, de propriétaire, d’actionnaire ou
de dirigeant. Pas forcément comme entraîneur, souffle
l’ex-attaquant dans une interview accordée à L’Equipe. C’est
quelqu’un de réservé mais quand je l’ai vu sur le terrain avec ses
jeunes du Real, j’ai compris qu’il avait retrouvé des sensations de
joueur. »
« Ce métier lui a redonné l’adrénaline, estime
Christophe Dugarry. Quand il a goûté au poste d’entraîneur avec
les jeunes du Real, ça lui a donné la certitude de vouloir faire
ça. Et forcément, dès qu’il a mis le pied à l’étrier, il a voulu
entraîner au plus haut niveau. Il voulait diriger les meilleurs et
l’opportunité s’est ouverte avec le Real Madrid. Ça s’est mis en
place comme ça, assez naturellement et, derrière, il a tout
gagné. »
Un apprentissage du métier déterminant
Quasiment huit ans se sont tout de même écoulés entre la fin de
carrière de Zinédine Zidane joueur et le début de son parcours de
technicien, à la tête du Castilla, la réserve merengue. « Zizou
est un garçon extrêmement intelligent et, dès qu’il a arrêté de
jouer, la première chose qu’il a eu envie de faire est de se
former. Toutes les choses qu’il n’a pas pu apprendre, faire ou
connaître, il a eu envie de comprendre comment elles
fonctionnaient. Il a fait des formations, à l’université et
ailleurs. Il a consulté des grands patrons, comme Franck
Riboud (PDG de Danone, ndlr), qui lui a expliqué comment
marchait une entreprise ou un conseil d’administration. Il a
toujours voulu apprendre des meilleurs, oui, mais apprendre tout
court », explique son ancien coéquipier à Bordeaux et chez les
Bleus.
« Son rôle d’adjoint d’Ancelotti – mais aussi de Mourinho –
l’a beaucoup aidé à prendre des décisions, ajoute Christophe
Dugarry. Ça l’a conforté dans l’entraîneur qu’il voulait être
ou ne pas être. C’est un garçon qui observe beaucoup et qui est
très humble. Beaucoup auraient voulu brûler les étapes, pas lui. Il
voulait y aller quand il se sentait fort et prêt. Souvent, les mecs
qui ont réussi des grandes carrières ont tendance à se dire qu’il
« suffit de ». Que sous prétexte qu’ils ont été grands et
incroyables, ça va leur suffire à être performants dans un autre
registre. Lui, il a vite compris que ce serait un autre métier et
qu’il lui faudrait être capable d’écouter et d’apprendre.
»




