Zinédine Zidane n’aura sûrement
pas le même style que Raymond Domenech en tant que sélectionneur de
l’équipe de France, dixit Éric Carrière.
« Je suis animé par le jeu. J’ai été numéro 10 et ce
qui m’anime, c’est d’aller marquer des buts. » Voilà
comment Zinédine Zidane a défini en quelques mots, très simples,
ses aspirations tactiques,
mardi lors de sa présentation officielle. Mais son style va
au-delà de ces considérations purement footballistiques. Plus qu’un
entraîneur, le champion du monde 1998 est un manager. « Un
super manager », affirme même Éric Carrière dans un
entretien accordé à L’Équipe.
Ancien partenaire de « Zizou » chez Canal+, en tant
que consultant, l’ex-international tricolore dresse un portrait
très flatteur du nouveau sélectionneur de l’équipe de France. Un
homme qui, selon lui, « aime les gens, sans distinction
sociale » et « se trompe rarement »
sur eux. « Il ne considère pas les joueurs comme les
outils de sa réussite, au service de son CV. Il a juste envie que
les joueurs s’éclatent. Zidane n’est pas le mec à se mettre au
centre de tout », dit-il.
Et Éric Carrière de
comparer « ZZ » à Raymond Domenech, glissant au
passage à ce dernier un tacle appuyé. « Je ne vois pas
Zinédine écrire un journal intime sur sa personne pendant une Coupe
du monde par exemple », lâche-t-il ainsi, en référence
aux notes rédigées par l’ancien coach des Bleus tout au long du
Mondial 2010 en Afrique du Sud. Un carnet dans lequel il critiquait
ses joueurs et qu’il a ensuite livré aux producteurs d’un
documentaire pour Netflix.
Éric Carrière conquis par Zinédine Zidane
« Il va dire bonjour à un titulaire et à un remplaçant
de la même façon et ce n’est pas un détail, reprend l’ancien
métronome du FC Nantes, qui s’est reconverti dans le vin. Mais
il sait aussi que manager Cristiano Ronaldo sans le considérer à sa
juste valeur est impossible. Je le vois plus comme un super
manager, oui. Mais avec des exigences. Il a été capable de dire à
Gareth Bale qu’il ne cochait pas les bonnes cases et n’entrait pas
dans ses valeurs. Et Bale n’a plus joué. »
Avec de telles qualités, le successeur de Didier Deschamps
est-il assuré de réussir sa mission en bleu ? « Je n’en
sais rien, répond l’ex-milieu offensif, qui compte 10
sélections entre 2001 et 2002. Mais je suis sûr qu’il n’aura
aucun problème de considération des joueurs. Il est bienveillant,
il est dans l’accompagnement. Un coach qui n’aime pas les joueurs,
ça existe et ça se voit d’entrée. J’ai déjà senti des entraîneurs
qui ne m’aimaient pas et tu le sens dans la façon de dire
bonjour. »




