Et si le compte à rebours avait commencé pour Novak Djokovic ? À 39 ans, le Serbe continue de défier toutes les lois du tennis. Mais après un début de saison encore spectaculaire, les dernières semaines ont brutalement rappelé une réalité : le talent est toujours là, le corps, lui, commence à montrer ses limites.
Finaliste de l’Open d’Australie, demi-finaliste à Wimbledon, Djokovic avait encore prouvé qu’il pouvait tenir tête à la nouvelle génération. Puis est arrivée la tournée américaine. Et tout s’est compliqué.
Son élimination dès le premier tour de l’US Open contre Mariano Navone, après des images particulièrement inquiétantes sur le plan physique, a marqué un véritable coup d’arrêt.
McEnroe : « Le temps est invincible »
John McEnroe n’a pas caché sa surprise. Pour l’ancien numéro 1 mondial, Djokovic semblait encore être l’un des tout meilleurs joueurs de la planète avant son arrivée à New York.
Puis le choc. Le Serbe a semblé manquer d’énergie dès les premières minutes de son match, subissant les conditions difficiles et allant jusqu’à vomir sur le court.
« Ce que nous avons vu au premier tour était choquant « , a reconnu McEnroe. L’Américain rappelle pourtant que Djokovic avait encore battu Jannik Sinner à Melbourne et pris un set à Carlos Alcaraz en finale. Quelques mois plus tard, il avait atteint le dernier carré de Wimbledon.
Le niveau est toujours capable de répondre présent. Mais le physique devient une inconnue. Et McEnroe résume la situation avec une phrase glaçante : « Le temps est invincible, on ne peut pas gagner contre lui «
2027, la dernière saison ?
L’hypothèse commence désormais à prendre de l’épaisseur. Pour McEnroe, 2027 pourrait bien être la dernière année de Djokovic sur le circuit. À 39 ans, le Serbe évolue déjà très largement au-delà de l’âge auquel la plupart des champions ont raccroché.
Mais Djokovic n’est pas la plupart des champions Il lui reste une obsession. Une dernière victoire en Grand Chelem. Après avoir atteint la finale à Melbourne, pourquoi ne pas croire encore à un ultime sacre ?
C’est probablement ce raisonnement qui le pousse à continuer, c’est en tout cas ce que pense McEnroe : » Eh bien, sans aucun doute, on pourrait penser que la prochaine saison sera sa dernière. Pour commencer, il a 39 ans, un âge où, pour la plupart des gens — moi y compris —, la date de péremption dans le tennis est déjà dépassée. Mais il ne veut certainement pas arriver au point de se dire : « Pourquoi ai-je arrêté alors que j’aurais peut-être encore pu gagner ? » C’est exactement le dilemme auquel Novak est confronté aujourd’hui. Il a atteint la finale de l’Open d’Australie et peut forcément se dire : « Peut-être que je peux encore en gagner un autre «
Et tant que cette idée existe dans sa tête, difficile d’imaginer Djokovic abandonner.
Moins jouer pour durer… mais un risque évident
Pour prolonger sa carrière, Djokovic a drastiquement réduit son calendrier. Le principe est simple : moins de matchs, plus de récupération, davantage d’énergie pour les Grands Chelems.
Mais cette stratégie a un prix. Le manque de rythme peut devenir particulièrement pénalisant à son âge. Lorsqu’un match s’enlise et que les jambes deviennent lourdes, les longues périodes sans compétition peuvent se payer cash.
C’est exactement ce qui a semblé se produire à New York. Mais attention : enterrer Djokovic serait une erreur.
Il y a quelques mois encore, il battait Sinner et poussait Alcaraz dans ses retranchements. À Wimbledon, il était encore dans le dernier carré.
Le roi n’a peut-être pas encore quitté le court. Mais pour la première fois, le temps semble véritablement jouer contre lui.




